La carrière ruinée d’un jeune soldat du 8ème RPIMa

L’on ne peut pas dire que les évènements qui se sont produits à Castres, au cours de la nuit du 7 au 8 septembre, et plus encore, le comportement de voyous qui s’en sont pris à des soldats du 8ème Régiment Parachutiste d’Infanterie de Marine (RPIMa) en les insultant de « sales français » et de « sales militaires », aient suscité des réactions nombreuses et indignées au sein de la classe politique.

Pourtant, la bagarre qui a opposé une trentaine de marsouins à autant de voyous aura été très violente, au point que les forces de police ont été contraintes de faire usage de balles en caouchouc et de gaz lacrymogènes pour rétablir l’ordre.

Selon le chef de corps du 8ème RPIMa, le colonel Eric Chasboeuf, les militaires impliqués dans cette violente rixe auraient eu le tort de vouloir défendre une jeune fille importunée dans un bar. Et les choses se sont ensuite envenimées.

Quoi qu’il en soit, un soldat de 21 ans été blessé par un tesson de bouteille au cours de la bagarre. Malgré une opération subie dans un hôpital toulousain, le jeune marsouin a perdu son oeil droit. « Il ne peut plus exercer son métier, il ne sera plus parachutiste, plus militaire » a expliqué le colonel Chasboeuf, selon l’AFP. « C’est d’autant plus navrant que ce jeune s’était distingué il y a quelques mois en portant secourts à une dame qui faisait un malaise devant la caserne » a-t-il ajouté.

Engagé depuis 2010 au 8ème RPIMa, ce jeune marsouin a pris part à plusieurs opérations extérieures. Le voilà maintenant contraint et forcé à renoncer à la carrière qu’il avait choisie.

Ses agresseurs présumés ont cependant été, le 9 septembre au soir, mis en examen pour violences en réunion ayant entraîné une infirmité permanente, et écroué. Ils risquent une peine de 15 ans de prison.

D’après le procureur de Toulouse, Michel Valet, l’un des deux suspects est… un militaire de 24 ans, basé à Toulon, avec déjà deux condamnations à son casier judiciaire. Le second est âgé de 19 ans et il ne présente pas d’antécédents judiciaires. « Un juge d’instruction devra déterminer très exactement le rôle de chacun », a-t-il précisé.

Un policier a expliqué au quotidien La Dépêche que « les jeunes qui ont cherché querelle aux soldats constituent une ‘frange’ avec laquelle la population, et pas seulement le 8ème RPIMa, a des problèmes ». Et d’ajouter : « Avec les parachutistes, ils trouvent à qui parler, d’autant que certains soldats ont eux-mêmes été des jeunes en difficulté ».

Pour éviter qu’il y ait de nouveaux affrontements, le colonel Chasboeuf a limité les quartiers libres. Et le 8ème RPIMa vient d’entamer des manoeuvres à Tarbes pendant plusieurs jours. A noter que le 29 septembre prochain, le régiment « investira la ville de Castres » avec l’objectif de renforcer le lien armée-nation. Pourvu que tout se passe bien…

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