Les forces spéciales américaines suspendent temporairement la formation de policiers afghans

Le commandement des forces spéciales américaines en Afghanistan a beau répéter avoir « pleine confiance » en ses partenaires afghans, il n’empêche… En effet, dans un communiqué diffusé le 2 septembre, il a annoncé la suspension temporaire de la formation des recrues de l’Afghan Local Police (ALP).

« Les opérations courantes faites en partenariat se sont poursuivies et continueront à se poursuivre, même si nous suspendons temporairement l’entraînement d’environ 1.000 nouvelles recrues de l’ALP » a expliqué le colonel Thomas Collins, un porte-parole de l’Isaf.

Cette décision a été prise suite à la hausse constatée ces dernières semaines des incidents dits « Green on Blue », c’est à dire des attaques menées par des soldats ou des policiers afghans contre les troupes de la Force internationale d’assistance à la sécurité (ISAF), déployée en Afghanistan sous l’autorité de l’Otan.

Cette suspension de la formation et l’entraînement d’environ un millier de recrues de l’ALP doit permettre de vérifier leurs identités et d’enquêter sur leur parcours afin d’éviter toute infiltration des insurgés dans leurs rangs. Il s’agira de voir si elles ont des liens avec le Pakistan et d’étudier leurs antécédents familiaux.

Et ce ne sans doute pas un mal dans la mesure où la qualité du recrutement de l’ALP laisse à désirer étant donné que ses membres sont régulièrement accusés de commettre des exactions.

Cela étant, aucune mesure identique n’a été prise à l’égard de la police nationale (ANP) et des forces armées afghanes (ANA), bien que leurs membres sont le plus souvent à l’origine des attaques Green on Blue, lesquelles ont 45 tués dans les rangs de l’ISAF depuis le début de l’année, ce qui représente 14% des pertes.

Aussi, cette décision qui concerne l’ALP s’explique par le fait que ses zones d’actions se situent dans les endroits reculés de l’Afghanistan et que les instructeurs américains vivent avec ses membres, recrutés généralement par les maleks, c’est à dire les anciens des villages.

Actuellement, l’ALP a un effectif de 17.000 membres, l’objectif étant de le porter à 30.000. Le général David Petraeus, ancien commandent de l’ISAF et actuel patron de la CIA avait affirmé à son sujet, en décembre 2010, qu’elle était « l’élément le plus critique de nos efforts pour aider l’Afghanistan à développer la capacité à assurer sa propre sécurité. »

D’après un responsable des forces spéciales américaines dont les propos ont été rapportés par le Washington Post, lequel a évoqué la vérification des dossiers de 27.000 membres des forces de sécurité afghanes, les procédures actuelles de suivi ont leurs limites.

« Ce que nous avons appris, c’est que l’on ne peut pas s’en contenter. Nous aurions probablement dû nous doter d’un mécanisme de suivi des recrues depuis le début de leur enrôlement » a-t-il affirmé.

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