Hubert Védrine chargé d’une mission d’évaluation concernant le retour de la France dans le commandement de l’Otan

Dans la lettre de mission adressée à Jean-Marie Guéhenno, qui présidera les travaux de la commission devant élaborer le prochain Livre blanc sur le Défense, le président Hollande avait évoqué le lancement d’une mission chargée d’évaluer les « suites de la décision, prise en 2009, de réintégration de la France dans les structures militaires de l’Otan » et dont les conclusions seront livrées d’ici le 31 octobre prochain.

L’on n’aura pas eu longtemps à attendre pour connaître le nom de la personnalité qui conduira cette mission. En effet, c’est à l’ancien ministre des Affaires étrangères du gouvernement Jospin, Hubert Védrine, que le président Hollande, a confié, ce 18 juillet, « la charge d’évaluer le retour de la France dans le commandement militaire intégré de l’Alliance atlantique et le développement de la relation transatlantique dans la décennie à venir. »

Par le passé, Hubert Védrine n’a pas caché son hostilité à ce retour de Paris dans les structures otaniennes. « En se réintégrant dans ce système, alors que rien ne le justifie, on diminue la possibilité d’avoir une analyse spécifique, une autonomie de pensée, une autonomie de décision (…). Pourquoi cette décision ? Pourquoi renoncer à cette situation qui était commode pour la France, autour de laquelle il y avait un consensus droite-gauche qui est maintenant brisé — même au sein de la droite d’ailleurs ? [Une situation] qui était tout à fait admise sur le plan international. Les Américains s’y étaient adaptés. (…) Pourquoi renoncer à une situation qui ne présente que des avantages ? » avait-il déclaré sur les ondes d’Europe1, en mars 2009

Mais dans le même temps, l’ancien chef de la diplomatie française se veut lucide (sceptique?) au sujet de la défense européenne. « Cela dit, pour être honnête, il faut rappeler que le projet de défense européenne se heurte déjà à beaucoup d’obstacles, le premier étant qu’il n’y a pas de vraie volonté chez les autres Européens pour promouvoir une défense européenne. Ils craignent que ça ne fasse double emploi avec l’OTAN, ils n’ont pas envie de dépenser plus pour la défense, et ils n’ont pas forcément envie de prendre plus de responsabilités. Donc il faut reconnaître que ce projet est difficile à mettre en œuvre, que l’on soit ou non dans le système intégré » avait-il expliqué sur LeMonde.fr.

Quant à au président Hollande, et quand il était encore député, il avait défendu la motion que le groupe socialiste à l’Assemblée nationale avait déposé pour s’opposer au retour de la France dans le commandement militaire de l’Otan, qu’il avait alors décrit comme étant « le bras armé d’un bloc occidental dont la mission principale serait de défendre partout les valeurs de l’Occident ».

Depuis, et alors qu’il était encore candidat, François Hollande avait assuré qu’il n’allait finalement pas remettre en cause ce retour dans le commandement militaire de l’Otan, où d’ailleurs, la France, au vu des postes clés qui lui ont été confiés, a gagné en influence alors que par souci d’économie et d’efficacité, l’Alliance atlantique a réduit le nombre de ses structures. D’où la question : un mission d’évaluation, pour quoi faire?

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