RF-4E turc abattu : L’Otan solidaire d’Ankara, sans plus

Les pays de l’Otan ont exprimé, ce 26 juin, leur solidarité à l’égard d’Ankara, après la perte d’un avion RF-4E des forces aériennes turques, abattu par la défense aérienne syrienne la semaine passée.

Le secrétaire général de l’Otan, Anders Fogh Rasmussen, a prévenu que l’Alliance « mènerait des consultations en cas de nouvel incident » et appelé Damas à « tout mettre en oeuvre pour éviter de nouveaux incidents de ce type ».

Jugeant « inacceptable » ce qui est arrivé au RF-4E turc, Anders Fogh Rasmussen a indiqué à l’issue d’une réunion des Etats membres organisée à la demande d’Ankara, que l’Otan se tiens « aux côtés de la Turquie dans un esprit de solidarité ».

Pär ailleurs, l’article 5 du traité de l’Atlantique-Nord, lequel considère que tout attaque armée contre l’une de parties de l’Otan est aussi dirigée contre tous les autres membres, n’a pas été invoqué, selon M. Rasmussen.

De son côté, le Premier ministre turc, Recep Tayyip Erdogan, a prévenu Damas que les forces armées turques ont changé leurs règles d’engagement et qu’elles « répondraient à toute violation de sécurité à sa frontière avec la Syrie ». Quant à l’avion abattu, il affirmé qu’il avait été « délibérément visé » et qu’il s’agissait d’un « acte hostile » et d’une « attaque lâche du régime al-Assad » contre la Turquie.

Toutefois, M. Erdogan a déclaré que son pays ne souhaitait pas engager un conflit armé avec la Syrie après cet incident. « La colère de la Turquie est aussi forte que son amitié est précieuse » a-t-il lancé devant le groupe parlementaire de l’AKP, le parti dont il est issu.

Mais au vu de ce que M. Erdogan a dit auparavant, il n’est pas sûr que cette position soit la même dans le cas d’un nouvel accrochage… D’autant plus qu’il a également désigné le régime syien comme étant une « menace claire et proche pour la sécurité de la Turquie comme pour son propre peuple ».

Et d’ajouter qu’Ankara ripostera « en temps opportun » et avec « détermination » à la perte de son avion. « Le peuple syrien est notre frère. La Turquie soutiendra le peuple syrien de toutes les manières nécessaires jusqu’à ce qu’il se sauve de l’oppression, du massacre, de ce dictateur sanguinaire et de sa clique » a-t-il déclaré.

Et puis un acteur est apparu dans cette tension entre la Turquie et la Syrie. En effet, l’Iran a proposé ses bons offices pour règler le différend qui oppose les deux pays. « Nous utiliserons nos bonnes relations avec les deux pays pour résoudre ce problème » a déclaré le porte-parole du ministère iranien des Affaires étrangères.

« La destruction d’un avion de combat F-4 turc par le système de défense aérien syrien est une question très délicate… Cela nous concerne » a-t-il estimé, espérant que les « principaux protagonistes dans (la) région » feront en sorte d’éviter que l’incident ne dégénère en une crise impliquant d’autres pays.

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