Sylvain Tesson, nouvel écrivain de Marine

C’est un écrivain baroudeur, qui s’inscrit dans la lignée d’un Joseph Kessel. « Seuls peuvent vivre comme le vrai Wanderer ceux que nul lien n’attache, capables de répondre à l’appel du dehors sans accorder un regard à ce qu’ils abandonnent » a-t-il écrit dans son « Petit traité sur l’immensité du monde ».

Voyageur, reporter pour la presse écrite et la télévision, auteur à la bibliographie déjà très étoffée, Sylvain Tesson a été admis, le 4 juin dernier, au sein de l’Association des écrivains de Marine, au cours d’une cérémonie présidée par l’amiral Bernard Rogel, le chef d’état-major de la Marine nationale (CEMM).

Né en 1972, Sylvain Tesson a commencé sa vie d’écrivain-voyageur après des études de géographie et de géopolitique. Après avoir fait un tour du monde à bicyclette et traversé l’Himalaya, il a également parcouru plus de 3.000 km à cheval dans les steppes d’Asie centrale, refait le voyage des évadés du goulag, à pied, en partant de la Sibérie jusqu’en Inde, d’après le récit Sławomir Rawicz, qui inspirera, plus tard, un long-métrage.

Plus récemment, Sylvain Tesson a passé 6 mois isolé dans une cabane en Sibérie, avec un premier village à 120 km, des températures en hiver de -30°c, des livres, des cigares et de la vodka. « Le reste – l’espace, le silence et la solitude – était déjà là » a-t-il écrit.

« J’ai appris deux ou trois choses que bien des gens savent sans recourir à l’enfermement. La virginité du temps est un trésor. Le défilé des heures est plus trépidant que l’abattage des kilomètres. L’oeil ne se lasse jamais d’un spectacle de splendeur » a-t-il également confessé au sujet de cette aventure, dont il a tiré un livre récompensé par le prix Medicis de l’essais en 2011 (Dans les forêts de Sibérie – Prix Médicis essai 2011).

La route de ce bourlingueur a croisé celle des militaires. Ainsi, en 2009, il a écrit le texte de l’album Haute Tension : des chasseurs alpins en Afganistan, avec le photographe Thomas Goisque et Bertrand de Miollis.

En outre, Sylvain Tesson a embarqué notamment à bord de la Jeanne d’Arc (2008), du Ventôse (2010) et du SNA Améthyste (2011). En 1991, il fut mousse pendant un mois à bord du Kéréon FZJZ, un chalutier de Douarnenez.

Les écrivains de Marine sont liés par convention à la Marine nationale, qu’ils s’engagent à « servir collectivement » pour « favoriser la propagation et la préservation de la culture et de l’héritage de la mer, et plus généralement la promotion de la dimension maritime de la France ».

Pour le devenir, il faut réunir deux conditions : être reconnu comme écrivain et avoir une légitimité maritime. Avec ce statut, ils ont la possibilité d’embarquer sur les bâtiments de la Marine nationale, avec le grade de capitaine de frégate de la réserve citoyenne.

Régulièrement les écrivains de Marine publient un livre collectif, dont les droits sont versés à la Société Nationale de Sauvetage en Mer (SNSM). Plusieurs grands noms de la littérature en ont été et en sont encore : Michel Déon, Jean Raspail, Jean-Christophe Ruffin, Yann Queffelec, Michel Mohrt et Pierre Schoendoerffer.

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