Le maréchal des logis chef Ibn-Ziaten est-il mort pour la France?

Le 11 mars dernier, et alors qu’il était en civil, le maréchal des logis chef Imad Ibn-Ziaten, du 1er Régiment du Train Parachutiste, était abattu à Toulouse par Mohamed Merah, le tueur au scooter qui revendiqua, lors du siège de son appartement par le RAID venu l’interpeller, son appartenance à al-Qaïda.

L’Agence France Presse a rapporté l’échange que le jihadiste aurait eu, ce jour-là, avec sa victime, repérée via une petite annonce qu’elle avait déposée sur site Internet : « T’es militaire? Est-ce que t’es militaire ? – Oui, répond Imad, je suis militaire. – Tu tues mes frères, moi je te tue ».

D’où la question qui se pose : le MCH Ibn-Ziaten est-il mort pour la France, dans la mesure où il a été assassiné par un terroriste et pour sa qualité de militaire? Pour ses proches, cela ne fait aucun doute. Au ministère de la Défense, l’on n’a pas, du moins pour le moment, la même appréciation.

Le 24 avril dernier cependant, l’ancien ministre de la Défense, Gérard Longuet, a reconnu, dans un courrier qu’il leur était adressé, que le MCH Ibn-Ziaten était « mort en service », ce qui, stricto sensu, n’est pas exact étant donné que le jour du drame, le sous-officier n’était pas en mission.

Cela étant, la famille du MCH Ibn-Ziaten a été reçue pendant 3 heures au ministère de la Défense, le 8 juin, par une conseillère sociale. Seulement, cette entrevue, qui n’avait pas vocation à être « décisionnelle », a déçu les proches du sous-officier.

Si le ministre de la Défense, Jean-Yves le Drian, pour qui il s’agissait de « remettre à plat le dossier », « comprend la volonté de reconnaissance de la famille », il n’est pour l’instant pas question de considérer que le MCH Ibn-Ziaten est « mort pour la France ».

Cela étant, une somme d’argent a été proposée au titre du « préjudice moral » aux proches du sous-officier qu’ils ont refusée étant donné qu’ils veulent avant tout une « reconnaissance » et regrettent que l’Etat refuse – selon eux – une aide pour la sépulture et la « Légion d’honneur à titre posthume pour les soldats qui sont morts pour la France ». Et la famille compte en appeler au président Hollande pour obtenir gain de cause.

Selon le Parisien du 9 juin, Latifa Ibn Ziaten, la mère du sous-officier, a expliqué le président Sarkozy avait promis la prise en charge des frais d’obsèques au Maroc de son fils. « Mais pratiquement rien n’a été fait, si ce n’est le paiement d’un billet d’avion pour les intimes. Sur place, c’est le roi du Maroc qui a tout pris en charge » a-t-elle affirmé.

Et elle s’est également étonnée du refus du capital-décès de son fils. « Le ministère a dit que nos revenus étaient trop importants, bien qu’ils soient modestes, pour que nous y ayons droit » a-t-elle avancé. Pour elle, l’Etat s’en tient à des « considérations comptables ».

Conformément à l'article 38 de la Loi 78-17 du 6 janvier 1978 modifiée, vous disposez d'un droit d'accès, de modification, de rectification et de suppression des données vous concernant; [Voir les règles de confidentialité].