Bientôt la potion amère pour la British Army
8 juin 2012 – 13:55L’intervention du ministre britannique de la Défense, Philip Hammond au cours d’une conférence sur le combat terrestre organisée par le Royal United Services Institute (RUSI) n’a pas manqué d’intérêt.
Evoquant le recrutement de la British Army, Philip Hammond a estimé qu’il doit refléter la société britannique actuelle. C’est à dire qu’il entend faire progresser le nombre de recrues issues des minorités éthniques du pays en proportion de la place qu’elles occupent au sein de la population d’outre-Manche.
Mais cela n’est pas le plus important pour l’avenir de la British Army. Car Philip Hammond a confirmé que, avec la fin programmées des opérations en Afghanistan, l’heure est à sa restructuration pour cause d’économies. Et comme la question risque (ou plutôt va) se poser en France, les propos qu’il a tenus sont susceptibles d’être une source d’inspiration de l’autre côté du Channel.
Ainsi, il est établi que la British Army verra ses effectifs fondre, au cours des 5 prochaines années, de 102.000 à 82.000 soldats professionnels, ce qui correspond grosso modo au format qui était le sien lors de la seconde guerre des Boers, celle-là même où sir Winston Churchill s’illustra.
Cela étant, l’idée est de maintenir les capacités de combat et de concentrer les ressources sur les unités opérationnelles (comprendre, même si le mot ne recouvre pas la réalité, “combattantes”). Si la structure de base du régiment sera conservée mais Philip Hammond n’a pas fait mystère que certaines unités devront soit disparaître, soit fusionner.
Les restructurations se feront donc au niveau des brigades, dont une d’assaut, équipée d’hélicoptères d’attaque et 3 d’Infanterie mécanisée, dotée de chars lourds Challenger. Par ailleurs, 7 autres unités de cette taille mélangeront soldats professionnels et réservistes pour des missions intérieures.
Car l’un des points de ce plan est le recours aux réservistes, dont le nombre sera porté à 30.000 d’ici 2015, avec un investissement de 1,8 milliard de livres. Cependant, des officiers, si l’on en croit la presse britannique, ont exprimé des doutes à ce sujet, considérant que cet objectif est trop ambitieux et qu’il y aura à la fois des problèmes de recrutement et de formation.
Mais pour trouver des marges de manoeuvres, les fonctions logistiques et administratives seront mises à contribution. “Il faut une pensée novatrice sur la manière dont le soutien aux forces de combat est fourni” a affirmé Philip Hammond. Et si moins de militaires seront affectés à ces missions, il faudra bien les remplacer.
D’où l’appel aux réservistes, mais aussi aux entrepreneurs privés. Il faut “travailler en étroite collaboration avec nos partenaires pour exploiter plus rationnellement la logistique à travers les structures alliées et confier à d’autres le soin de fournir la queue quand le la Grande Bretagne fournit les dents” a encore expliqué le ministre.
Tags: British Army, défense, économies, Philip Hammond, politique, réduction, restructuration







11 commentaires à “Bientôt la potion amère pour la British Army”
Refléter la société actuelle : donc mettre le bordel dans l’armée après l’avoir mis dans le monde civil.
Par Gwydyon on juin 8, 2012
Donc en cas de “coup dur” il faudrat compter sur une hypothetique Reserve qui ne va certainement pas avoir les effectifs/entrainement/matériels prévus et cerise sur le gâteau, encore plus sous-traiter la défense a des sociétés privés…comme au temps de Sir Arthur Wellesley ou même de Malborough quand ont pouvait negocier des contrats juteux (avec commisions of course) pour l’intendance avant une campagne…c’est Lidell Hart et Fuller qui doivent se retourner dans leurs tombes là …
Et bien sur le truc de la multiculturalité pour bien faire dans le politequement correcte occidentale…bientôt on ne dira plus “soldat” mais Technicien pour opérations humanitaires éxterieures.
Par Flak on juin 8, 2012
pourquoi ne pas carrément sous traiter les opex à des mercenaires locaux et autres milices.on leur vend du matériel et des armes.aux usa ils sou traitent tout ce qui est sécurité.pour la marine on demandera à Costa croisière de s’en charger.les f35 pourront se poser sur le flan des bateaux.tout bénef!
Par saliou on juin 8, 2012
L’Angleterre est une île elle le sait et nous non , nous devrions nous en souvenir !
Par sentinelle 2 on juin 8, 2012
l’europe désarme et réduit ses effectifs dans chaque pays avec de quoi remplir les gradins d’un stade de foot…cela signifie qu’il n’ ya plus de releve possible dans un conflit qui durerait et ferait des pertes au dela de quelques dizaines d’hommes…fin de l’europe et de des pays qui la composent au plan international car en face les “ennemis” potentiels eux sont des masses armées pour qui la vie individuelle est une valeur trés relative …game over genre fin de l’empire romain…c’est comme ca!
Par parabellum on juin 8, 2012
La British army ou plutot l’armée qui fait les plus mauvais choix actuellement lol
Par Bombe H on juin 8, 2012
Il va vraiment être très intéressant et instructif devoir comment ce “Melting Pot” va s’articuler et fonctionner – Les anglais peuvent être redoutable dans l’art d’inventer des solutions – Ceci dit, si c’est le même bololo que pour le choix des type de PA et des chasseurs, cela va être Rock and Roll…!
Par Nonmaisdisdonc on juin 8, 2012
Concernant les anglais nous avons c’est vrai toujours un peu tendance a rigoler et il faut dire qu’ilos nous le rendent bien, c’est l’entente cordiale parait-il !
plus sérieusement le recours a l’externalisation des fonctions non combattantes vers des société privés n’est pas une inconnue chez nous non plus .DCI par exemple, s’en sort plus que bien parait-il.. et rien ne dit que, confronté à la crise qui nous rattrape doucement mais surement, nous n’opteront pas pour un élargissement du recours à ce type de solution ?
Par Nonmaisdisdonc on juin 8, 2012
Externalisation .. la preuve, (sourires)!
http://www.corlobe.tk/article29249.html
Par Nonmaisdisdonc on juin 8, 2012
Le problème de l’externalisation, c’est que l’on confie la mission de faire des économies à des organismes sensées créer de la logique.
Autant Hélidax, et l’achat de ses heures de vol d’hélico, est une solution pragmatique, mais quand il s’agit de contrats d’entretien, alors que l’on a des militaires et des civils (le SIAé) capable de le faire, l’économie peut paraitre assez floue.
Par Kouak on juin 8, 2012
C’est triste de voir ce pays uni pour célébrer le jubilé de sa Reine, et en arriver en même temps à prendre d’aussi graves décisions… (la réduction du format, comme la discrimination positive pour les minorités)
Par patex on juin 8, 2012