Bientôt la potion amère pour la British Army

L’intervention du ministre britannique de la Défense, Philip Hammond au cours d’une conférence sur le combat terrestre organisée par le Royal United Services Institute (RUSI) n’a pas manqué d’intérêt.

Evoquant le recrutement de la British Army, Philip Hammond a estimé qu’il doit refléter la société britannique actuelle. C’est à dire qu’il entend faire progresser le nombre de recrues issues des minorités éthniques du pays en proportion de la place qu’elles occupent au sein de la population d’outre-Manche.

Mais cela n’est pas le plus important pour l’avenir de la British Army. Car Philip Hammond a confirmé que, avec la fin programmées des opérations en Afghanistan, l’heure est à sa restructuration pour cause d’économies. Et comme la question risque (ou plutôt va) se poser en France, les propos qu’il a tenus sont susceptibles d’être une source d’inspiration de l’autre côté du Channel.

Ainsi, il est établi que la British Army verra ses effectifs fondre, au cours des 5 prochaines années, de 102.000 à 82.000 soldats professionnels, ce qui correspond grosso modo au format qui était le sien lors de la seconde guerre des Boers, celle-là même où sir Winston Churchill s’illustra.

Cela étant, l’idée est de maintenir les capacités de combat et de concentrer les ressources sur les unités opérationnelles (comprendre, même si le mot ne recouvre pas la réalité, « combattantes »). Si la structure de base du régiment sera conservée mais Philip Hammond n’a pas fait mystère que certaines unités devront soit disparaître, soit fusionner.

Les restructurations se feront donc au niveau des brigades, dont une d’assaut, équipée d’hélicoptères d’attaque et 3 d’Infanterie mécanisée, dotée de chars lourds Challenger. Par ailleurs, 7 autres unités de cette taille mélangeront soldats professionnels et réservistes pour des missions intérieures.

Car l’un des points de ce plan est le recours aux réservistes, dont le nombre sera porté à 30.000 d’ici 2015, avec un investissement de 1,8 milliard de livres. Cependant, des officiers, si l’on en croit la presse britannique, ont exprimé des doutes à ce sujet, considérant que cet objectif est trop ambitieux et qu’il y aura à la fois des problèmes de recrutement et de formation.

Mais pour trouver des marges de manoeuvres, les fonctions logistiques et administratives seront mises à contribution. « Il faut une pensée novatrice sur la manière dont le soutien aux forces de combat est fourni » a affirmé Philip Hammond. Et si moins de militaires seront affectés à ces missions, il faudra bien les remplacer.

D’où l’appel aux réservistes, mais aussi aux entrepreneurs privés. Il faut « travailler en étroite collaboration avec nos partenaires pour exploiter plus rationnellement la logistique à travers les structures alliées et confier à d’autres le soin de fournir la queue quand le la Grande Bretagne fournit les dents » a encore expliqué le ministre.

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