Retrait : L’Otan pourra faire passer sa logistique par le nord de l’Afghanistan

L’Afghanistan étant un pays enclavé, il est compliqué à la fois pour y ravitailler les troupes qui y sont déployées ainsi que pour rapatrier ces dernières avec leurs équipements.

Un passage par l’Iran étant totalement exclu, il ne reste donc que trois solutions : utiliser des avions de transport à grande capacité, passer par le Pakistan pour ensuite charger le matériel au port de Karachi ou bien emprunter le « Réseau de Distribution Nord » (Northern Distribution Network), qui permet d’arriver soit aux ports de la mer Baltique, soit en Turquie.

D’ici la fin 2014, le défi est de faire sortir d’Afghanistan plus de 120.000 conteneurs et 70.000 véhicules, dont il est probable qu’une partie soit cédée aux forces de sécurité afghanes, dans la mesure où leur valeur est moins importante que ce qu’il faudrait dépenser pour les rapatrier. Mais cela est un autre débat.

Quoi qu’il en soit, parmi les 3 solutions disponibles, celle passant par le Pakistan est pour le moment inutilisable. En effet, depuis la frappe de la coalition qui a tué 24 garde-frontières pakistanais, Islamabad a fermé ses routes aux convois logistiques de l’Otan. Bien que des discussions sont en cours, aucun accord n’a été trouvé avec les autorités pakistanaises, qui demandent 5.000 dollars par conteneur transitant par leur territoire.

L’option aérienne serait à la fois plus simple, rapide et sûre. Mais, revers de la médaille, elle est aussi la plus coûteuse. Reste donc le RDN. Seulement, si les pays d’Asie centrale et la Russie ont donné leur accord pour le sens aller, il fallait en obtenir un autre pour le retour.

Et c’est ce qui vient d’être fait, selon le secrétaire général de l’Alliance atlantique, Anders Fogh Rasmussen. Ce dernier a en effet déclaré, au cours d’une conférence de presse donnée le 4 juin, que l’Otan est « parvenu à un accord sur le transit inverse depuis l’Afghanistan avec trois parteniares d’Asie centrale : le Kazakhstan, le Kirghizstan et l’Ouzbékistan ».

« Ces accords nous donnent une gamme de nouvelles options et un réseau de transport robuste et flexible dont nous avons besoin » a ajouté Anders Fogh Rasmussen. « Je remercie ces trois pays partenaires pour leur soutien. Et l’Otan continuera de s’engager activement avec les pays voisins de l’Afghanistan afin d’étanlir un soutien plus large pour la stabilité du pays » a-t-il ajouté.

Alors que Gérard Longuet et son successeur à l’Hôtel de Brienne, Jean-Yves Le Drian, ont mis en avant les droits de passage très élevés posés par les pays concernés, le secrétaire général de l’Otan n’a donné aucune précision sur les conditions financières de ces accords.

« Je ne commente pas les détails des accords de transit, mais il va sans dire que nous avons conclu des accords qui satisfont mutuellement les partenaires impliqués » a commenté Anders Fogh Rasmussen, en répondant à une question posée par un journaliste de la radio publique allemande.

Pour autant, emprunter le RDN n’est pas aussi simple que l’on pourrait le penser. Ainsi, il faudra parcourir plus de 5.000 km, essentiellement par voie ferrée, jusqu’à la Baltique.

Mais avant ça, il y a aura à passer le tunnel de Salang, entre Kaboul et le nord de l’Afghanistan. En hiver, la route est très dangereuse (les avalanches sont fréquentes) et les embouteillages y sont fréquent. A cela s’ajoute la menace d’attaques d’insurgés. Voire le risque d’incendie : en novembre 1982, l’explosion d’un camion citerne, dans des conditions encore obscures, au passage d’un convoi de l’armée Rouge a officiellement tué 64 soldats soviétiques et 112 civils afghans.

Enfin, il y a les aléas politiques. Mieux vaudrait veiller à ne pas fâcher la Russie, qui détient les clés du RDN. Mais faute de grives, l’on mange des merles.

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