L’Australie reporte la livraison de 12 avions F-35

Alors qu’au départ il devait être abordable, notamment en raison des économies d’échelle espérées, le coût du programme de l’avion de combat F-35 Lightning II, développé par le constructeur américain Lockheed-Martin, n’a cessé d’augmenter, passant de 233 à 395,71 milliards de dollars, si l’on en croit une évaluation récente du Pentagone. Et rien que pour l’année 2011, cette hausse a été de 4,3%.

Aussi, et hormis la Turquie qui a confirmé son intention d’en acquérir une centaine d’appareils pour 16 milliards de dollars, ce dérapage a de quoi inquiéter les pays clients, lesquels doivent, pour la plupart, résoudre une équation budgétaire pour le moins compliquée. Au Canada, la commande de 65 F-35 destinés à remplacer les CF-18 est ainsi fortement critiquée.

Le Japon, auquel la Defense Security Cooperation Agency, l’agence du Pentagone en charge des exportations, vient d’autoriser la livraison de 4 appareils, a prévenu qu’il remettrait en cause sa commande d’une quarantaine d’exemplaires si jamais les coûts deviennent trop inabordables. En Europe, les Pays-Bas envisagent d’en acheter moins que les 85 avions prévus, l’Italie a d’ores et déjà annoncé une réduction de 130 à 90 appareils et le Royaume-Uni s’interroge encore sur la version du F-35 dont il compte doter son aviation embarquée.

Et l’Australie a annoncé, le 3 mai, son intention de reporter de deux ans l’achat de 12 F-35 (sur 100 prévus, à terme) pour des raisons budgétaires. A noter d’ailleurs que les Etats-Unis ont pris une mesure semblable en repoussant l’achat de 179 avions de ce type jusqu’en 2017.

Jusque là relativement épargnée par la crise financière qui a commencé en 2008 grâce à la demande des pays émergents en matières premières, l’Australie est désormais affectée par la crise de de la zone euro ainsi que le ralentissement de la croissance chinoise et les difficultés économiques américaines.

D’où cette décision de mettre el frein sur l’acquisition des F-35 afin de permettre au budget fédéral australien d’économiser 1,2 milliards d’euros et de maintenir les ressources nécessaires pour les troupes engagées sur un théâtre d’opérations extérieur. « Le budget (de la Défense) protégera les hommes et les femmes qui sont au front », en particulier en Afghanistan » a d’ailleurs rassuré Julia Gillard, le Premier ministre australien.

Cela étant, Canberra devra régler la note pour deux F-35 qui lui ont déjà été livrés pour des essais. Conséquence : pour honorer cette facture une commande d’obusiers automoteurs sera annulée.

Quant au programme visant à acquérir 12 sous-marins à propulsion classique pour remplacer les 6 Collins actuellement en dotation au sein de la Royal Australian Navy (RAN) d’ici 2025, le projet de budget 2012-2013 prévoit qu’il sera mené à terme.

Près de 215 millions de dollars seront ainsi affectés à ce programme afin de financer les analyses et les études préliminaires. Il s’agira d’examiner les diverses options possibles en fonction des besoins de la marine australienne. Le seul élément certain est qu’il n’est pas question pour Canberra d’acquérir des sous-marins nucléaires. Par la suite, une décision sera prise, mais pas avant la fin de l’année 2013.

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