Le ministère de la Défense publie ses recommandations pour l’usage des réseaux sociaux

La sécurité militaire et l’usage des réseaux sociaux comme Facebook ou Pinterest ne font pas forcément bon ménage. Et cela pour une raison simple : ces sites peuvent constituer des mines de renseignements susceptibles d’intéresser des personnes mal intentionnées. Et les exemples ne manquent pas.

Ainsi, en 2010, une centaine de militaires israéliens acceptèrent parmi leur conctacts sur Facebook une certaine Reut Zuckerman. Et sans doute ayant été troublés par son charme, ils lui ont fait part d’informations censées rester confidentielles. Or, après après avoir remarqué que cette jeune femme comptait dans sa liste « d’amis » une part important d’hommes appartenant à des unités d’élite, une enquête fut ouverte et permit de découvrir qu’en réalité, qu’elle correspondait à un faux profil géré par un agent du Hezbollah libanais. Autre cas : toujours en Israël, une opération militaire fut annulée en Cisjordanie car un soldat de Tsahal avait été trop bavard, là encore, sur un réseau social.

Etant donné que l’usage des réseaux sociaux s’est maintenant généralisé et que l’on ne peut pas interdire à des militaires d’y accéder, les forces armées ne cessent de publier des recommandations à l’intention afin d’éviter que ne soient divulgués des informations d’ordre opérationnel. Même de simples photographies que l’on croit « innocentes » peuvent révéler des renseignement intéressants. L’autre danger, aussi, est d’exposer sa famille, qui peuvent l’objet de représailles ou de pressions.

L’an passé, le ministère britannique de la Défense (MoD) avait produits des films publicitaires pour sensibiliser ses personnels aux dangers que peut constituer l’usage régulier des réseaux sociaux. En France, ces recommandations ont pris la forme d’une plaquette téléchargeable, qui s’adresse au militaires et à leur famille, aux « autorités de défense » amenées à s’exprimer via un blog ou un forum, et aux unités, qui gèrent souvent des pages sur les réseaux sociaux ainsi que des sites Internet.

« Le principal risque sur les médias sociaux est la divulgation d’informations confidentuelles relatives aux opérations mettant alors en péril la sécurité des activités. De simples statuts, photos ou vidéos peuvent parfois contenir des informations stratégiques. Ce risque doit être une des premières de préoccupations du personnel du ministère de la Défense qui utilise ces médias » peut-on lire dans ce document récemment mis en ligne.

« Dans les conflits modernes, nos ‘ennemis’ scannent régulièrement le web (réseaux sociaux, blogs, forums, sites personnels…) à la recherche d’informations sensibles et pour détecter nos vulnérabilités. Il convient donc d’être extrêmement vigilant. Compte tenu de la rapidité de la circulation de l’information, la sécurité des opérations prend une importance jamais atteinte » souligne le document.

Ce dernier donne des recommandations de bon sens, comme par exemple vérifier les paramètres de confidentialité de Facebook ou encore d’accepter seulement les personnes connues. Et il s’adresse également aux familles des militaires, notamment pour ce qui concerne les lieux de missions ou les dates de départ et de retour.

Le fascicule met également en garde contre la diffusion de vidéos prises lors d’opérations. Par exemple, filmer pendant un accrochage « met en danger votre vie et celles de vos compagnons d’armes ». Or, l’an passé de telles images ont circulé, notamment sur Youtube.

Autre aspect abordé : celui qu’un militaire peut donner de l’institution qu’il sert. Ainsi, des « mises en scène déplacées en uniforme », faites généralement dans pour faire rire ses camarades mais que l’on retrouve sur des sites de partage de vidéo, sont susceptibles de « porter atteinte à l’image des armées » et à son « professionnalisme ».

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