Le chef du Laskar-e-Taïba dans le collimateur des Etats-Unis

Alors que l’organisation al-Qaïda « canal historique », installée dans la zone « Af/Pak », est en déclin depuis la mort de son fondateur, Oussama ben Laden, mais aussi en raison des frappes ciblées américaines qui ont visé ses principaux responsables, le groupe jihadiste Lashkar-e-Taïba (LeT, « l’armée des pieux »)tendrait à prendre de plus en plus d’ampleur.

Ainsi, selon des documents judiciaires américains dont l’agence Associated Press s’est fait l’écho, l’an passé, ce mouvement créé avec la bienveillance d’Islamabad dans les années 1980 pour lutter contre l’armée soviétique en Afghanistan, chercherait à étendre sa zone d’action et viserait les Etats-Unis, l’Europe et l’Asie du Sud-Est au point qu’il serait en mesure « de rivaliser avec al-Qaïda sur le plan de la puissance et de l’organisation ».

Pour ce faire, le LeT disposerait, d’après Christine Fair, une universitaire spécialiste du Pakistan, de réseaux implantés en Asie afin de recruter et de former de nouveaux militants.

Au cours de ces dernières années, le LeT s’est surtout intéressé au Cachemire, une région contrôlée par l’Inde mais convoitée par le Pakistan, déjà source de conflits armés entre les deux pays. Et il a notamment été accusé d’être à l’origine des attentats de Bombay, perpétrés en novembre 2008, et de maintenir une certaine activité en Afghanistan, où il s’en est pris aux intérêts indiens ainsi qu’aux troupes de l’Otan.

Tout cela explique la raison pour laquelle Washington a placé sur sa liste des terroristes les plus recherchés le fondateur et chef du LeT, à savoir Hafiz Mohammed Saeed. Et le montant de la récompense promise pour celui qui permettra sa capture – soit 10 millions de dollars – indique l’importance que l’administration américaine donne à cet individu, qui est désormais l’homme le plus recherché après l’égyptien Ayman al-Zawahiri, qui a été le second de Ben Laden avant de lui succèder à la tête d’al-Qaïda « canal historique ».

Officiellement, Hafiz Mohammed Saeed est « soupçonné d’avoir organisé nombre d’attaques terroristes, dont celle de Bombay en 2008, qui a provoqué la mort de cent soixante-six personnes, dont six citoyens américains ».

Placé en résidence surveillée en 2009 après les attaques de Bombay, Hafiz Mohammed Saeed a pu retrouver sa liberté de mouvement quelques mois plus tard, notamment grâce à une décision de la Cour suprême pakistanaise pour qui il manquait des preuves pour justifier sa détention.

Cela étant, le fait d’être désormais placé en seconde position sur la liste des terroristes les plus recherchés par les Etats-Unis ne semble pas l’émouvoir.  « Je pense que Washington est frustré car nous manifestons dans le pays (…) contre les attaques de drones » a-t-il expliqué à la chaîne de télévision al-Jazira. « Venez me chercher » a-t-il même  lancé en une d’un journal pakistanais. Après ce qui est arrivé à Oussama Ben Laden, à Abbottabad, le 2 mai 2011, il devrait pourtant se méfier que des Navy Seals de la Team 6 ne viennent pas frapper à sa porte…

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