Les conditions pour une éventuelle frappe israélienne contre le programme nucléaire iranien
30 janvier 2012 – 11:26D’après le secrétaire américain à la Défense, Leon Panetta, il faudrait encore une année à l’Iran pour produire assez d’uranium enrichi afin de concevoir une arme nucléaire.
« Le consensus est que s’ils décident de le faire, cela leur prendra probablement environ un an pour être capable de produire une bombe et ensuite encore un ou deux ans pour l’installer sur un vecteur » a-t-il affirmé, le 29 janvier, lors de l’émission 60 Minutes, de la chaîne CBS.
« Les États-Unis, et le président a été clair là -dessus, ne veulent pas que l’Iran développe une arme atomique. C’est une ligne rouge pour nous, pour les Israéliens aussi manifestement, donc nous partageons un objectif commun ici » a encore déclaré Leon Panetta.
Quant à savoir s’il faut s’attendre à des frappes américaines contre les installations nucléaires iraniennes, le chef du Pentagone s’est contenté de répéter la formule habituelle, à savoir « toutes les options sont sur la table ». Mais « si on doit le faire, on le fera » a-t-il toutefois ajouté.
Cependant, il n’est pas certain que l’Iran veuille se doter de l’arme nucléaire. Du moins, une telle décision ne serait pas encore prise. Certes, le dernier rapport de l’Agence internationale à l’énergie atomique (AIEA) a exprimé des soupçons quant à la nature militaire du programme iranien. Mais il semblerait que Téhéran rassemble tous les éléments nécessaires pour le développement de telles armes quand le régime des Mollahs aura décidé de s’en doter. Or, selon le » National Intelligence Estimate », qui est une synthèse des positions des 16 agences de renseignement américaines, il semblerait que la question divise les dirigeants iraniens.
Cela étant, pour le journaliste israélien Ronen Bergman, spécialiste des affaires militaires, il est fort probable qu’Israël mènera une opération militaire contre le programme nucléaire iranien en 2012.
Dans un article publié par le New York Times, le journaliste a donné les critères que le ministre israélien de la Défense, Ehud Barak, lui a indiqué pour qu’une telle intervention se fasse.
Ainsi, en premier lieu, le gouvernement israélien veut être certain que les dégâts causés aux installations iraniennes soient assez important pour retarder significativement le programme de Téhéran en matière nucléaire. Autre critère, la capacité de la population israélienne et de Tsahal a faire face à une riposte.
Le soutien international, à commencer par celui des Etats-Unis, explicite ou non, est également une condition. Enfin, la décision d’une opération militaire israélienne dépendra de l’efficacité des mesures visant à freiner le programme iranien. En clair, il faudrait que les sanctions internationales soient jugées insuffisantes, de même que les actions clandestines (assassinats ciblés de scientifique, sabotages, virus informatiques, etc…).
Reste à voir si ces conditions seront réunies. Le succès des sanctions économiques prises contre Téhéran est loin d’être acquis mais ces dernières restent le seul moyen de pression avant d’envisager l’option militaire.
Quant à un soutien américain, voire même européen, à une opération isralienne contre les installations iraniennes, il n’en est pas question pour le moment. Au contraire même puisque Washington tente de modérer les dirigeants israéliens. Une telle éventualité aurait des conséquences sur le prix du pétrole, et donc sur l’économie mondiale, qui n’a pas besoin d’un nouveau choc pétrolier actuellement. Et en période électorale, ce n’est pas non plus l’idéal…
Enfin, pour qu’une opération militaire puisse retarder le programme nucléaire iranien, encore faudrait-il que les forces aériennes israéliennes aient les bombes adéquates pour détruire les sites d’enrichissement d’uranium enfouis et fortifiés, comme celui de Fordo. Or, selon le Wall Street Journal, même l’US Air Force n’aurait pas de telles munitions dans son arsenal, des responsables ayant confié que celles en dotation ne seraient pas assez puissantes pour infliger des dégâts suffisants et définifs aux sites souterrains iraniens.
Tags: frappes, Iran, Israël, nucléaire, opération








25 commentaires à “Les conditions pour une éventuelle frappe israélienne contre le programme nucléaire iranien”
Déclencher une guerre pour ne faire que « retarder » l’échéance me parait très hasardeux.
Retarder, ok, mais de combien de temps ???
Si ce n’est que de 1 mois ou 1 an, autant ne rien bombarder du tout, et continuer à agir diplomatiquement (et via services secrets).
… sans oublier de développer, nous autres Européens, nos capacités de défense anti-missile (ce ne pourrait être que bien peu de chose, mais ce serait déjà mieux que de ne rien faire).
Par Fralipolipi on jan 30, 2012
La meilleure défense antimissile, c’est la résilience.
Des systèmes d’alerte (radar et satellitaires), secondés par des stocks de vivres, d’eau, de matériel de santé et de décontamination, des unités de sécurité civile (risques technologiques et sauvetage aux personnes) et de police pour sécuriser et ordonner tout ça.
Avantage : Ca peut servir à d’autres événements qu’une frappe militaire.
Inconvénient : Nos chers industriels n’auront pas de contrats, ha mon dieu mon dieu !
Tout ceci sans négliger, le fer de lance que constitue nos forces armées.
Par Kouak on jan 30, 2012
A votre avis si Israël et les Etat unie bombardai L’Iran la France bombardera telle Liran ? a ton les moyen de bombarder avec no avion est no bombe ?
Par navetat on jan 30, 2012
Beaucoup de pays sont en transition électorale, dont les Etats-unis, dont la France.
Israël sait que frapper seul les installations iranienne ne suffira pas à les détruire. Il ne sauront pas répéter l’opération de 1981 contre Osirak. Encore que, ils auraient reçu des Penetrator.
Mais ils sont capables de profiter du flou électoral chez les éventuels pigeons, pour planter le clou que les USA, la France, le Royaume uni seront bien obliger d’enfoncer.
Israël ne peut pas résoudre son problème iranien, mais il peut allumer le feu. Un feu que d’autres devront venir alimenter avant que de l’éteindre le but atteint.
Attention, les iraniens sont un peuple, une Nation, une civilisation, donc ils ne sont pas une cible facile.
Attention aussi à ce que le « flou électoral » aux USA et ailleurs ne soit pas le lâche prétexte pour laisser Israël jouer sa petite carte.
Par Myshl Mabelle on jan 30, 2012
Le problème est aussi iranien, le pouvoir est menacé et il peut choisir l’aventure pour tenter de ressouder la population derrière lui mais il semble que ce serait vain à terme. Ont-ils vraiment l’intention se se doter de l’arme nucléaire ? Ce sont de rudes négociateurs mais toute erreur d’appréciation peut être très lourde de conséquences.
Par sentinelle on jan 30, 2012
La France militairement à telle les moyen aérien et bombarder Iran ? Et niveaux bombe à quoi se performan ? Misile de croisière ou bombe à guidage lasser ou gdam ?
Par Navetat on jan 30, 2012
Heureusement que la France à les moyens…
Par Juju on jan 30, 2012
On n’a quoi comme bombe ou misile contre les bunker iranien
Par Navetat on jan 30, 2012
@Kouak
La résilience au niveau macro c’est bien.
Après, si l’unique bombe qui explose se trouve au dessu de votre famille, vous spéculeriez alors sans doute un peu moins sur les vertus du Phoenix à l’échelle nationale.
Maintenant, développer systèmes d’alertes (qui concernent donc aussi, voire d’abord, la défense anti-ballistique) et sécurisation civile, vous avez raison, ce ne sera jamais un mauvais investissement.
Malheureusement, personne ne peut assurer que cela soit suffisant.
A noter tout de même que les systèmes d’alerte (radars et satellites) font partie intégrante de la défense anti-missile, ce n’est pas une option à part (comme vous le savez).
Et c’est même là le chainon manquant de notre dissuasion nucléaire, qui serait aussi le point de rencontre entre dissuasion et défense anti-ballistique.
En effet, dans un univers de prolifération nucléaire, où l’arme atomique est détenue non plus par 2 grands blocs, mais par plusieurs « petits » pays assez proches les uns des autres, avant d’envoyer un M51 de rétorsion, il faut tout de même pouvoir être sûr que l’offesive viendrait bien de tel ou tel pays … à défaut, un « petit » agresseur pourrait être amené à spéculer sur le bénéfice du doute.
En cela, les systèmes d’alerte avancée sont plus nécessaires que jamais.
Et en Europe, encore une fois, seule la France a commencé un effort en ce sens.
Par Fralipolipi on jan 30, 2012
Depuis la SHOAH la devise reste toujours « un oeil les deux, une dent toute la gueule! »…
PS ;le gag reste la publicité « rencontrez une femme musulmane » c’est fait exprès ou c’est pour rigoler un bon coup?
Par Wrecker on jan 30, 2012
« personne ne peut assurer que cela soit suffisant »
Tout comme un bouclier anti-missile à l’échelle du territoire ne garantit pas une imperméabilité.
Non seulement, il peut être submergé par le nombre, mais aussi contourné par le bas. Missiles de croisière, avion de tourisme ou infiltration d’une bombe par camion/train/bateau/avion.
Alors oui, un bouclier ce serait une mesure très visible, industriels et population seraient contents, mais quel serait le prix d’un tel montage ?
A moins d’avoir une hausse soudaine du budget de défense, il faudrait ponctionner les autres postes de défense. Sauf que ces postes sont nécessaires aujourd’hui et qu’ils servent de dissuasion conventionnelle, ce qui est une défense anti-missile en soit.
Quant aux dispositifs d’alerte, il serait temps que la France propose une vraie alternative au bouclier US. Implanter le radar TLP non pas aux EAU, soit à portée de missile tactique iranien…, mais en Europe de l’Est, serait un véritable progrès en matière de défense européenne.
Par Kouak on jan 30, 2012
Il faudrait quoi comme bombe ou misile pour bombarder liran
Par Navetat on jan 30, 2012
Des gbu-24, aasm plus gros et les SCALP suffiront je pense, apres pour vaiment les bunker a 100 ou 50m sous terre, les etats unis ont seul cet arme, c’est la gbu-57 MOP de 13 tonnes^^
Par zoubir on jan 30, 2012
@Kouak
Tentons aussi de percevoir comment l’adversaire pourrait tenir compte de l’existence d’une DAB : si le fait que sa première salve – qui ne pourra pas non plus être d’un nombre excessif si elle vient d’Iran – soit stoppée, au moins en grande partie, avec en plus le risque de se faire démasquer, a une « probabilité importante » de réussir, alors il s’agirait déjà là d’une « 1ère couche » de dissuasion.
Mais évidemment, je suis d’accord avec vous, n’importe quel parapluie anti-ballistique ne serait jamais une garantie à 100%, … mais mon 1er point était « ce serait déjà mieux que de ne rien faire » … y-a là une belle nuance
En fait, dès le départ, je parlais bien de l’intérêt de développer la « défense anti-missile », qui inclut bien à l’évidence les systèmes d’alerte, et pas seulement les missiles anti-missiles eux-mêmes.
Je suis donc archi-d’accord, depuis le départ, sur l’intérêt de booster notre investissement dans les systèmes d’alerte (qui plus est avec son intérêt pour la dissuasion nucléaire classique elle-même).
A côté de cela, lancer par anticipation quelques chantiers de R&D sur le développement d’un missile anti-ballistique de plus longue portée que celle du Mamba actuel, n’irait pas non plus jusqu’à siphonner tous les budgets, n’exagérons pas. Même si le + gros de nos efforts doit être mis sur la détection avant tout, on ne peut pas sereinement laisser ce sujet du développement missile en friche totale très longtemps.
Pour le radar TLP, pourquoi pas l’Est de la Thrace, à l’extrême NE de la Grèce (ce pays avec lequel nous entretenons depuis longtemps de bons rapports, nous doit bien en plus un petit retour de puis peu) ?
Les Russes ne pourront rien trouver à y redire (les Turques éventuellement, mais bon la Turquie est dans l’OTAN).
Par Fralipolipi on jan 30, 2012
la Grèce (ce pays avec lequel nous entretenons depuis longtemps de bons rapports, nous doit bien en plus un petit retour de puis peu) ?
—
ce pays importe plus de 30% de son pétrole depuis Teheran
ce pays se voit saigner a blanc par les banques francaises notamment
ce pays est au bord de la guerre civile suite aux directives-diktats imposés par feu DSK (pas de paix a son ame)
au moment ou Rome, Lisbonne, Dublin et Madrid commencent a decrocher, il faut aller faire rencherir le cout du Petrole pour rassurer Tel Aviv (qui se fait du souci, pauv’petit)
le mnasochisme a-t-il encore des limites ! le citoyen europeen doit-il etre definitivement sacrifié ! qui donc encore se soucie de lui…
Par Patriote on jan 30, 2012
Le gaspillage serait de vouloir créer une défense active, donc doté d’une conduite de tir et de missiles tueurs, à l’échelle de l’Europe ou d’une région de celle-ci.
Néanmoins, l’anti-missile n’est pas à jeter à la poubelle en entier. Nos forces armées, bien qu’elles-même résilientes, ont besoin d’une couverture anti-missile. Le développement d’un missile plus lourd, plus, plus rapide, plus endurant pour offrir une bulle supérieure à celle du Mamba n’est pas souhaitable, mais nécessaire.
Par Kouak on jan 30, 2012
@Kouak
Après Crotale et Mamba,
on pourrait l’appeler le Taïpan, serpent à la morsure la plus létale (le plus toxique de tous), pas agressif … sauf si, justement, on va lui chercher querelle
Par Fralipolipi on jan 30, 2012
Il est vrai qu’un nom de serpent passe mieux que le nom d’une divinité pondue il y a 2 000 ans.
Mais le Fabien Barthez, c’est pas mal non plus ^^
Par Kouak on jan 30, 2012
@zoubir et Navetat
Avoir de quoi traiter l`objectif est une chose, pouvoir en approcher suffisamment pour le faire en est une autre.Si on admet que la France dispose de l`armement nécessaire pour traiter des objectifs pas trop durcis, elle n`a par contre aucune capacité SEAD lui permettant de percer les lignes de défense des systèmes SAM dont sont équipes les iraniens. Même en considérant que le nombre de systèmes type S300 est limite.
Par themistocles on jan 30, 2012
oui mais si il ya une campagne contre ca sera avec les USA? les british, nous, Israel et d’autre et eux (la je vise les USA) ont les capacité pour! ca fer comme en lybie, les americans ouvre le chemin, et les alliées tapent apres!
Par zoubir on jan 30, 2012
Pas d’enthousiasme déplacé zoubir, l’Iran n’est pas la Libye, ce serait une autre paire de manche question forcées aériennes/ protection anti aérienne/ missiles, etc. Et de plus, les raisons ne seraient pas du tout les même: les attaquer sous prétexte qu’un jour peut être ils auront les même moyens que nous pour nous attaquer… ça n’a plus rien d’altruiste, et ça on n’arrivera pas à faire passer la pilule à l’ONU, on se ferait haïr par l’ensemble du reste du monde.
Par Léonard on jan 31, 2012
c’est déja fait léonard !
Par jean pierre on jan 31, 2012
Détendons nous. Cela fait 30 ans que les Israéliens gesticulent en direction de l’Iran. Cela fait partie du jeu de leur « dissuasion ». Rappelons nous qu’en 2005 ils avaient procédé à un gigantesque exercice aérien sur toute la longueur de la Méditerranée et en survolant plusieurs pays européens (avertis) dont les défenses anti-aériennes avaient été mises à contribution pour simuler un raid de bombardement à longue portée vers l’Iran.
Il s’agit juste de montrer qu’Israel peut frapper son principal ennemi dans la région. Mais Israel sait que personne ne viendra à son secours au cas où Israel déciderait d’ouvrir le bal. Ils ont déjà perdu leur fournisseur français en 1967. Ils n’ont pas envie de perdre leur fournisseur US cette fois-ci. Vers qui se retourneraient-ils pour les soutenir ensuite ? Les Russes ? Les Chinois ? les Français à nouveau trop heureux de pouvoir leur refourguer leur Rafale (rires) ?
La seule raison qui entrainerait l’implication des nations occidnetales dans un conflit en Iran, c’est si ce dernier pays foutait le boxson dans le détroit d’Ormuz.
Or l’Iran après avoir gesticulé se garde bien de passer à l’action et est passé de la posture menaçante à celle de l’apaisement. A priori aussi, il y a de la politique interne là -bas et du tirage entre les factions au pouvoir. A priori, les faucons locaux (les gardes révolutionnaires) ont été priés de la mettre en sourdine. Car l’Iran quoi qu’on en dise, s’il met le feu au pétrole dans le contexte géo-économique tendu actuel, se prend la branlée de sa vie comme on ne l’a pas vu depuis Berlin 1945. On veut bien rire mais faut pas déconner non plus quand même.
Par Affreux Jojo on jan 31, 2012
Le Wall Street journal n’a aucune idée de ce qu’il faut comme armement pour mener une frappe contre un objectif que seul les intéressés connaissent …!
Il ignore également ce qu’il y a exactement dans les arsenaux de l’USAF ou de la Navy et encore plus ce dont dispose l’IAF ….
Mais ça fait bien d’agiter le drapeau rouge …
Par Clavier on jan 31, 2012
il faut aider l’iran pour sa bombe car le jour ou il en font péter une, on peut relancer l’économie à la Reunion( création d’une base SNLE) et à Cherbourg( construction de 2 à 3 SNLE suplémentaire).
Pour Israel pas de panique il vont faire un systéme anti missile tip top, les Irannien pris politiquement à la gorge lanceront un missile intercépté par le systéme israelien, de la il vendront a qui veut le dit systéme( notament nous) EADS licencira un bureau d »Ã©tude complet et israél deviendra le 3 ou 4 eme fabricant d’arme au monde. quand au Iranien ils feront des procéssion en se fouétant de 7 à 77 ans pour le grand malheur qui leur arrive.
Par jojo on jan 31, 2012