Afghanistan : L’Otan parle de « succès remarquables » obtenus en 2011
25 janvier 2012 – 15:29Pour la Force internationale d’assistance à la sécurité (ISAF), déployée en Afghanistan sous le commandement de l’Otan, l’année 2011 aura été marquée par des « succès remarquables » ainsi que par des « avancées considérables » contre les mouvements insurgés afghans.
C’est du moins ce qu’a fait valoir son porte-parole, le général allemand Carsten Jocobson, le 24 janvier, confirmant ainsi d’autres déclarations antérieures faites par des officiers de l’ISAF.
Ainsi, dans le sud afghan, et notamment à Kandahar, cible d’une vaste offensive de la coalition internationale en 2010, les insurgés ont perdu l’initiative. D’où la raison pour laquelle, selon le général Jacobson, ils ont désormais davantage recours aux engins explosifs improvisés dissimulés le long des routes.
Dans l’est du pays, théâtre d’une importante activité du réseau Haqqani, dont le gros des troupes a établi ses bases arrière au Pakistan, deux offensives menées l’an passé ont permis de pertuber le fonctionnement et de neutraliser 500 combattants de cette faction.
Cela s’est traduit par une diminution – la première depuis 2003 – des pertes de l’ISAF, avec 566 tués contre 711 en 2010, ce qui reste supérieur à celles enregistrées deux ans plus tôt. Cette baisse peut aussi s’expliquer par le fait que la coalition internationale intervient de plus en plus en appui des forces afghanes. En revanche, le contingent français, avec 26 tués dans ses rangs, a vu ses pertes multipliées par 1,6 par rapport à l’année précédente. Une des explications est que les troupes françaises sont déployées dans une zone stratégique pour accéder à Kaboul et à Bagram, d’où la pression des insurgés sur ce secteur.
Par ailleurs, et c’est là l’un des points essentiels de la stratégie arrêtée en novembre 2010 lors du sommet de l’Otan à Lisbonne, laquelle vise à transférer la sécurité de l’Afghanistan aux forces de sécurité locales d’ici fin 2014 (50% du territoire concerné au printemps 2012), les effectifs de l’armée nationale afghane ont atteint le seuil de 180.000 hommes tandis que ceux de la police a été porté à environ 144.000 personnels. Toutefois, des doutes subsistent non pas tant sur la capacité de ces troupes à manier des armes mais sur leur fiabilité.
Aussi, ces progrès « considérables » pour reprendre les termes du général Jacobson restent fragiles et doivent être nuancés, notamment sur le plan militaire.D’une part, les chiffres avancés par l’ONU font état d’une hausse de 39% des incidents armés en 2011 et les insurgés sont toujours en mesure de planifier des coups d’éclat, comme par exemple l’attaque en plein Kaboul de l’ambassade américaine.
Aussi, et comme la coalition internationale a la montrealorsque les insurgés ont le temps pour eux, l’on pourra tirer un bilan positif ou négatif de l’action de l’ISAF après 2014, quand les forces afghanes auront à assumer seules la sécurité de leur pays.
Sur le plan civil, le général Jacobson a communiqué les quantités de drogues saisies en 2011, ce qu’il n’avait pas fait au début de cette année, se contentant de parler de prises « incroyables » faites par les troupes de la coalition. Ainsi, ce sont 160 tonnes de graines d’opium, 98 tonnes d’opium, et 9 d’héroïnes ainsi que 149 tonnes de haschich et 61 autres de marijuana qui ont été confisquées. Pour rappel, le trafic de produits opiacés, dont l’Afghanistan fournit 90% de la production mondiale, sert à financer les opérations de l’insurrection.
Le porte-parole de l’ISAF a également mis en avant le nombre d’enfants afghans désormais scolarisés. De moins d’un million à l’être en 2008, ils seraient désormais 8 fois plus.
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9 commentaires à “Afghanistan : L’Otan parle de « succès remarquables » obtenus en 2011”
8 fois plus de moins d’un million? Voilà un chiffre particulièrement précis (il va de 0 à 7 999 991 si on pousse un peu la logique)!
Plus sérieusement, sans déconsidérer les progrès que constituent la diminution des pertes de soldats de l’ISAF, qui d’ailleurs pourrait en partie s’expliquer parce que le nombre de soldats a déjà commencé à baisser fin 2011 par rapport à 2010, (qu’en est-il des civils par contre?), je ne comprends pas tout à fait la logique qui consiste à dire que si ils ont recours à d’autres stratégies (attentats suicides, IED et infiltrations) plutôt que des opérations militaires classiques d’envergure, cela signifie que les insurgés ont « perdu l’initiative ». Ils ont peut être simplement affinées et améliorées leurs stratégies d’insurrection, ou se réservent pour l’avenir, quand les soldats de l’ISAF seront moins nombreux, ce qui n’est pas particulièrement réjouissant.
Par Léonard on jan 25, 2012
sont betes ces pachtounes. ils devraient charger baïonnette au canon.
Par jean pierre on jan 25, 2012
Sommes nous à même de pouvoir juger la véracité des points positifs annoncés par ce haut responsable de l’ISAF? bien sur que non. Pouvons nous juger lorsque les journaleux taillent des croupières et voient la bouteille à moitié vide pour les mêmes choses? pas davantage. Mais nous nous permettons d’émettre des avis qui laissent à penser à nos ennemis que nous sommes bien des couilles molles. Les taleb n’ont pas besoin de se faire chier, la propagande en leur faveur est offerte sur un plateau.
Par ALBUHERA on jan 25, 2012
Bah, on nous avait déjà sorti une salade du même genre en juillet dernier (www.opex360.com/2011/07/15/afghanistan-les-insurges-ont-change-de-tactique-en-kapisa/)
On pourrait tirer les mêmes conclusions si on avait constaté une recrudescence des attaques et embuscades au détriment des IED et suicides, en arguant que « leurs réseaux d’infiltration et de renseignement sont affaiblis, ils sont contraints à l’attaque frontale. De plus, ils essaient de cacher leur affablissement par des actions hautement symboliques, visant à choquer l’opinion publique. Ils veulent faire la Une, ce qu’un IED ne permet. Le passage à l’embuscade est la preuve que les insurgés ont été rejetés des communautés afghanes. » Facile !
Quoi qu’il en soit, mes sincères encouragements à tous nos gars là -bas, qui continuent de se battre courageusement malgré le bordel médiatique qui règne de ce côté du monde (+1 Albuhéra).
Par virgile on jan 25, 2012
Je pense (mais je peux être complètement dans le faux, pour ce que je sais) que les officiels, feraient mieux de changer d’indicateur pour mesurer l’état des réseaux insurgés : les attaques et leurs victimes, ce sont des données qui dépendent de trop de facteurs.
En revanche, je pense que l’équation simple (et simpliste?) drogue=argent=armes+pouvoir serait (sans être parfait, loin de là ) un meilleur indicateur de l’ »Ã©tat de santé » des insurgés. Reste à pouvoir suivre avec une bonne précision les quantités de drogue écoulées par nos ennemis.
Par virgile on jan 25, 2012
Ce qu’on voit de plus clair c’est qu’on ne connaît jamais l’état des pertes des insurgés pas plus que le nombre de blessés ou de prisonniers quand aux prises en matériels divers c’est le vide total…
Que nos gars se fassent régulièrement « avoiner » par les Talibans est une chose,mais on pourrait peut-être les laisser parler de leur bilan,car on a du mal à penser qu’ils ne leur fasse pas de mal vu les quantités de munitions utilisées …à moins qu’il soit nul ce qui en étonnerait plus d’un!
Par Wrecker on jan 26, 2012
Puisqu’on en est aux pourcentages…
Si on gratte les rapports de l’ONU, la mortalité civile a augmenté de 5% en 2011, il en découle normalement que tout va mieux puisque beaucoup de ceux qui souffraient de la guerre sont morts, l’utilisation de pourcentages est de la manipulation.
Qu’en est-il de la natalité du pays en voie de « libération »? De la mortalité infantile? Rien à foutre, c’est le pays qui intéresse, pas les afghans.
Si la situation militaire s’améliore, est-elle mesurée à l’échelle du pays, ou est-elle extrapolée sur la base des zones contrôlées ou disputées?
A mon peu humble avis, il y a belle lurette que la doctrine McChrystal est mise en oeuvre. On ne s’intéresse qu’au « pays utile », le reste on s’en contrefiche.
La France reste là -bas parce que l’ONU est entrain de projeter la refonte du Conseil de sécurité, où la France pourrait perdre son siège de permanent. Ou pire, le partager.
L’Afghanistan en plus d’être un puzzle est un mikado, pas bouger sinon perdu… Et si la France part, un point en moins pour le CS, donc un max de points en moins dans l’OTAN.
Nous sommes tenus en laisse par l’ONU, par l’OTAN, et par les ADN (armes de destruction par la notation).
Faudra qu’un jour on demande aux français leur avis sur la « vocation » mondiale, humanitaire, droit-de-l’hommiste de la France. Sur ce qu’il leur coûte que leur dictateur élu se prévale d’une Histoire qu’il ne connaît pas et ne peut donc pas écrire, seulement copier-coller.
Il y en a marre que des intermittents du spectacle quinquennalisés écrivent leur propre biographie, en lettres du sang de nos soldats, sur nôtre papier monnaie.
Rendons nôtre siège permanent au CS,
rendons nos grandioses postes à l’OTAN,
qu’on nous rende nos soldats.
La guerre, on la fera aussi bien avec nos gars chez nous, derrière des claviers et des écrans.
Attention au méchants cons, le français n’est pas un veau. Si vous nous prenez pour des cons, nous vous donnerons raison.
Par Myshl Mabelle on jan 26, 2012
@Myshl Mabelle: même si je partage votre avis sur le manque de vision à long terme de nos dirigeants, qui ont bien souvent le nez dans le guidon en ne visant que la prochaine élection, je ne pense pas qu’il faille souhaite, ni pour nous ni pour le monde, que la France arrête de se préoccuper de l’état du monde en dehors de notre territoire ou d’Europe. La France n’est pas parfaite, et on peut tout à fait légitimement se poser des questions sur la stratégie qu’elle emploie pour faire du monde un endroit plus sûr pour les français et tout les autres. Mais je ne pense pas qu’il soit raisonnable de vouloir que la France cesse d’essayer… à moins de penser pouvoir se retrancher derrière une nouvelle ligne Maginot (l’Europe?) en se désintéressant de tout ce qui se passe hors de France. A l’heure du numérique et quand 1,5 million de français vivent hors de France, ça ne semble pas raisonnable, quelque soit le coût pour maintenir notre influence (abandonner le siège à l’ONU, quelle drôle d’idée, voilà un point sur lequel Hollande et Sarkozy sont d’accord). Reste à mieux définir la stratégie, savoir si rester en Afghanistan un peu plus longtemps en fait partie, et quel prix nous pouvons et voulons supporter de payer pour cela.
Par Léonard on jan 27, 2012
@ Léonard on jan 27, 2012
Nous n’avons plus aucune influence.
Nous étions une grande puissance non-alignée,
depuis 1966, mais nous sommes retournés à la niche otanienne, donc américaine.
Nôtre siège permanent au CS de l’ONU équivaut à celui des anglais (je n’injurie pas les autres britanniques), celui de larbin, de chien à susucre, de poisson pilote et de charognard.
Nous sommes aux américains à l’ONU ce qu’étaient l’Ukraine et la Biélorussie à l’URSS, membres tenus en laisse.
Mais ici nous sommes un peuple recomposé, héritier d’une Histoire certes, mais comptable de l’avenir de nos gosses.
Il est grand temps que la France cesse de regarder dans le rétro, la marche en avant suppose l’abandon, le « largage détresse » de ce qui nous pèse et nous baise trop.
Par Myshl Mabelle on jan 27, 2012