Gros souci pour la version navale du F-35

En décembre 2011, au cours d’un entretien accordé à AOL Defense, le vice-amiral David Venlet, le directeur du programme F-35 au Pentagone, s’était dit surpris par le nombre de « points faibles décelés » et leurs coûts mis en évidence lors des essais de cet appareil, appelé à constituer l’épine dorsale de l’aviation américaine et de plusieurs autres forces aériennes.

« La plupart (des points faibles) sont petits. Mais quand on les met tous ensemble, et qu’on regarde où ils se trouvent sur l’avion et à quel point il est difficile de les résoudre après l’achat de l’appareil, le fardeau des coûts est à couper le souffle » avait ajouté l’officier.

Et quelques uns de ces points faibles figurent dans un document interne au Pentagone, intitulé « DOD F-35 Concurrency Quick Look Review« , daté du 29 novembre dernier. Et oure les soucis de logiciels et autres problèmes, l’on y apprend notamment que la version navale du Joint Strike Fighter (F-35 C) est incapable d’apponter sur un porte-avions : les huit tentatives qui ont été faites à ce jour se sont toutes soldées par un échec.

Cela s’explique, d’après le rapport, par la position de la crosse d’appontage, lequelle serait placée trop près du train d’atterrissage. Cela étant, ce n’est pas encore la panique car une solution aurait été trouvée et de nouveaux essais sont prévus en avril prochain.

Mais tout de même, si elle ne fonctionne pas comme prévu, il faudra revoir profondément la conception du F-35, ce qui, n’en doutons pas, générera des coûts supplémentaires qui viendront s’ajouter aux autres. Mieux encore, le rapport souligne que compte tenu que la version navale de l’appareil n’a pas été testée dans d’autres domaines, il est à craindre que d’autres défaillances futures – et donc non encore identifiées – soient découvertes.

Outre-Atlantique, le Joint Strike Fighter est appelé le « Trillion Program », en raison du dérapage régulier de ses frais de développement. Pour mémoire, l’armée américaine en a commandé 2.443 exemplaires poiur 323 milliards de dollars. Et compte tenu du contexte budgétaire, le Pentagone devrait décider de décaler la livraison de 120 avions après 2017.

Mais les plus gênés dans l’histoire sont les Britanniques, qui comptent sur le F-35C pour disposer des capacités aéronavales qu’ils ont perdues avec le retrait du service actif des Harrier. Par souci d’économie, la version navale de l’appareil développé par Lockheed-Martin a été préférée, finalement, à celle à décollage court/atterrissage vertical (F-35B) qui avait été initialement commandée par Londres.

Le Royaume-Uni a commandé 50 F-35C pour 5 milliards de livres. Mais il ne devrait compter que 6 unités d’ici 2020, si l’on en croit les confidences faites par des responsables de la Royal Navy au quotidien The Telegraph.

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