Le président Obama a fixé les priorités de l’armée américaine pour les 10 prochaines années
6 janvier 2012 – 13:05Avec 487 milliards d’économies à réaliser au cours des dix prochaines années, auxquelles s’ajouteront, peut-être, 600 autres milliards de coupes automatiques si aucun accord n’est trouvé au Congrès pour réduire les dépenses publiques américaines, le Pentagone doit revoir ses priorités.
Et le président Obama les a détaillées, le 5 janvier, sans pour autant avoir donné de chiffres concernant le nouveau format qu’auront les forces américaines. “Oui, notre armée sera amaigrie, mais le monde entier doit le savoir : les États-Unis vont maintenir leur supériorité militaire avec des forces armées qui seront agiles, flexibles et prêtes à réagir à l’ensemble des circonstances et des menaces” a-t-il déclaré.
Ainsi, les forces terrestres américaines devraient faire les frais de la rigueur budgétaire annoncée, étant donné que le conflit irakien est terminé pour Washington et que la transition est amorcée en Afghanistan. Il ne s’agira plus, à l’avenir, de mener des guerres de contre-insurrection, à la fois coûteuse humainement et financièrement, comme cela a été le cas depuis le débuts des années 2000. Selon des chiffres qui circulent, il serait question de faire passer les effectifs de l’US Army de 570.000 à 490.000 hommes et de diminuer ceux du Corps des Marines de 15.000 à 20.000.
L’US Navy et l’US Air Force, jugées plus à même de répondre aux menaces éventuelles représentées par la Chine et l’Iran, devraient être préservées. Pour l’aviation américaine, qui a été mise à rude épreuve au cours des dix dernières années (Kosovo, Afghanistan, Irak), sans pour autant renouveler son potentiel, c’est plutôt une bonne nouvelle, même si le programme F-35 Joint Strike Fighter devra toutefois être étalé, etant qu’il est question de reporter la livraison de 120 appareils après 2017. Par ailleurs, l’effort sera maintenu en matière de cyberdéfense et de renseignement, notamment d’origine spatial.
Cette évolution marque la fin du concept “win-win”, qui garantissait à l’armée américaine de disposer de la capacité de livrer et de gagner deux conflits simultanément. Désormais, l’on parle de concept “win-spoil”, qui consiste à mener une guerre sur un premier front et de contenir un adversaire potentiel sur un second.
Concrètement, l’armée américaine devra être en mesure de dissuader et de vaincre un éventuel agresseur, de disposer d’une capacité de projection de puissance susceptible de contourner les stratégies d’interdiction d’accès, opérer dans le cyber-espace, maintenir la dissuasion nucléaire – le format des forces stratégiques pourrait être revu à la baisse – et mener des opérations intérieures au profit des autorités civiles, de stabilisation et de contre-insurrection sur un délai court et humanitaires.
Comme l’on pouvait s’y attendre, la région Asie-Pacifique sera une priorité pour l’armée américaine, de même que le Moyen Orient. En revanche, des réductions d’effectifs sont envisagées en Europe. Pour autant, le président Obama a promis que Washington continuerait “d’investir dans de très importants partenariats et alliances, dont l’Otan, qui a une fous de plus démontre (son efficacité) récemment en Libye”.
Cela étant, Barack Obama a fait valoir que “le budget de la Défense restera plus important que ce qu’il était à la fin de l’administration Bush”. “Certains diront que les réductions sont trop importantes, d’autres qu’elles sont trop faibles”, a-t-il souligné. Et comme les Etats-Unis sont entrés en campagne électorale, les critiques à l’égard du locataire de la Maison Blanche ne manqueront pas.
“Le président a été clair, et j’ai été clair sur le fait que les économies que nous devons trouver soient décidées en fonction de la stratégie et d’une analyse rigoureuse et non pas des seuls chiffres”, a déclaré, aux cotés de Barack Obama, Leon Panetta, le secrétaire à la Défense, lors d’une conférence de presse, afin de déminer le terrain.
Et si le républicain John McCain, qui est membre du comité des forces armées au Sénat, a fait savoir qu’il étudierait soigneusement les mesures avancées par le président Obama avant de porter un jugement, un autre membre de sa famille politique, le représentant Buck McKeon, a pris moins de précaution.
“Une stratégie honnête et valable pour la défense nationale ne peut pas être fondée en supposant que nous devons faire faire plus avec moins, ou même moins avec moins” a ainsi déclaré le président du comité des forces armées à la Chambre des représentants, pour qui il faut adapter les ressources aux menaces et non l’inverse.
Quoi qu’il en soit, même avec des réductions de crédits d’au minimum 487 milliards de dollars pour les dix ans qui viennent, le budget du Pentagone restera supérieur au total de ceux des 10 pays qui consacrent le plus de moyens à leur défense derrière les Etats-Unis.
Tags: défense, Etats-Unis, Obama, Pentagone, politique, stratégie









8 commentaires à “Le président Obama a fixé les priorités de l’armée américaine pour les 10 prochaines années”
« Une stratégie honnête et valable pour la défense nationale ne peut pas être fondée en supposant que nous devons faire faire plus avec moins, ou même moins avec moins »
marrant, nous on demande de faire mieux avec moins à nos profs, nos hopitaux, nos armées, nos…
plus sérieusement, il y a des budget de guerre et des budgets de paix (qui préparent l’avenir)… je n’aime pas les statistiques et les équations comptables, mamis force est de voir que les EU ont encore une belle marge avant d’avoir un jour une armée sous développée
Par xavier on jan 6, 2012
De toute façon, des fondations comme celle de notre ami bill gates sont là pour palier aux manquements de l’état us avec des millards de dollars pour x et y …
Moralité, on désarme de plus en plus les états et ce sont des privés qui détiendront les cartouches, merci le nouvel ordre mondial (dont bill est un fervent défenseur)
Bon, l’armée Us à encore de la marge mais c’est l’arbre qui cache la forêt car ces investissements privés vont aux developpements de nouvelles armes et technologies et des programmes comme le F35 sont une farce pour détourner l’attention selon moi.
Le matos Us à vieilli en opération depuis 10 ans et le changer prendra du temps……d’où ces fondations privées !
Par bibi75 on jan 6, 2012
bibi75
Non, le matos n’a pas vieillit plus que cela, c’est le delaissement de la marine et de l’aviation au profit des equipements terrestre.
Maintenant, qu’on commence a le parler publiquement, c’est qu’on atteint un stade ou on ne peut plus “faire semblant”.
La reduction americaine est pour l’instant d’environ 1 année de budget de def, imaginez comment ça casse en effectif et en commande.
C’est ce qui se passe aux USA, on reduit de partout, que ce soit pour compenser des surcouts de certains programmes ou pour simplement être “abordable”(quand je vois le f-35, j’imagine un taux de remplacement de 1 pour 3 au mieux).
Ca va reduire enormémment le potentiel americain, même si en voyant leur budget on fait les gros yeux, il faut savoir que la suprematie (maitre et gendarme du monde entier) a proprement parler, devient quasi intenable et l’est surement deja.
Ainsi on veut armer les autres pays, on veut se planquer derriere des parapluie anti missile, laisser les autres oeuvrer…
On entre dans une ere ou il faudra arrêter de penser que les USA seront la pour le faire a notre place.
Imaginez si aujourd’hui la France annonce une reduction de 35mds€ sur 10 ans de son budget (le 3e mondiale), quand on regarde les besoins de renouvellement (aviation, vehicules,sous marin…) et d’achats, on se dit qu’il ne restera plus rien a la fin (comparer a aujourd’hui, même si comparer a d’autres c’est toujours enorme), aux USA, ce problème, ils vont le vivre
Par aeroxavier on jan 6, 2012
Depuis la première guerre mondiale les USA ont toujours fait fonctionner leur industrie de l’armement,et depuis 1945 ils n’ont jamais cessé d’être en guerre quelque part dans le monde …Pourquoi faudrait -il que cela change
Par Wrecker on jan 9, 2012
@Wrecker
Totalement exact ,il y a tellement de gras dans les composantes des armées US que cela ne se verra meme pas sur le point ops,quand on pense que les membres de l’air force stationnes au Colorado sont superieur a ceux de l’aa Francaise,il y a toujours 11 cvn et
malgre l’Enterprise decommissionné en 2013 il y en a trois en construction le 78 ford 79 jfk et le 80 pas encore baptisé,tant que le DOD ne touche pas aux pa,ce ne sont pas des economies ,mais une gestion plus rigoureuse des billets verts du Pentagonne,quand on voit la multitude de projets de drone subventionnés
par le Pentagonne,il y a moyens de gratter quelques expedients dans la douceur
je precise pour certain commentaires du blog
que le f16 avion us est fabriqué a 5000 ex
que l’ air force en possede plus de 1000 il y a aussi 500 ravitailleurs que nous sommes 5 fois la population Francaise et par consequent vous devriez avoir 1/5 de notre defense?est ce le cas!non!shut your trap,qui est venu pleurer en 17 ,40,liban ex yougoslavie ,et dernierement libye,la guerre du pacifique contre le Japon ,nous sommes pas venu vous chercher,il est vrai que vous auriez eu quelques difficultés
Par iceman on jan 9, 2012
@iceman:
quand vous vous adressez à “nous/vous”, vous semblez impliquer que vous êtes américain. Si c’est le cas, vous maîtrisez très bien la langue française, félicitations, mais l’insulte en anglais à la fin contre vos alliés fait tache
Par contre, à ce que j’avais compris, l’armée US réduisait de 11 à 10 portes avions non? Où en est-on de ce côté là ?
Et sinon, j’ai l’impression que les pertes capacitaires de l’armée US ne seront pas excessivement entamées (mener 1,5 conflits majeurs au lieu de 2 à fond, ça reste impressionnant, et même “réduits” à 10 portes avions c’est encore supérieur à tout les portes avions à décollage horizontal des autres flottes mondiales) si les coupes se limitent aux 487M$ prévus. Par contre, j’ai l’impression que si les 600M$ s’y ajoutent, là la situation deviendra critique et il faudra trancher dans le vif (beaucoup d’articles américains en parlent). Rien n’est donc encore joué, tout dépendra si les politiques américains des deux bords arrivent à s’entendre sur le budget pour sauvegarder les capacités de l’armée américaine.
Par Léonard on jan 9, 2012