L’A-330 présidentiel est dépourvu de systèmes antimissiles

L’achat d’un A-330 AUG (Avion à utilisation gouvernemental) pour remplacer les deux A-319 utilisés auparavant par l’Escadron de transport et de calibration (ETEC) 65 pour les déplacements du président de la République, a fait couler beaucoup d’encre et de salive.

Construit en 1998 et acquis auprès d’Air Caraïbes, cet A-330 permet désormais d’effectuer de longs trajets sans escale. Sa transformation en avion présidentiel a été assurée par les ateliers de la Sabena Technics à Bordeaux-Mérignac. Le coût de cette opération a été évalué à 176 millions d’euros par le ministère de la Défense. Ce chiffre a toutefois été contesté par la Cour des comptes, qui a parlé d’un montant de 260 millions d’euros. Cela étant, ces estimations ne tiennent pas compte de la revente des deux A-319.

Reste que l’aménagement de cet A-330 AUG a suscité bon nombre de commentaires, accusant l’Etat de vouloir faire de cet appareil un « palace volant ». En fait, il s’est agi d’installer dans cet avion une chambre avec lit double et dressing, une douche, une salle de réunion, un bureau salon, une salle de communication avec des équipements permettant l’envoi et la réception de messages cryptés et d’un centre médical avec un kit de médicalisation Morphée en cas d’évacuation sanitaire.

Il avait également été prévu de doter cet appareil de systèmes de protection contre les missiles sol-air. Or, il semble qu’il n’en a rien été, par souci d’économie. C’est du moins ce qu’affirme le député (PS) Jean-Claude Violet, rapporteur pour avis sur le projet de loi de finances concernant la préparation et l’emploi des forces pour l’armée de l’Air.

« Le rapporteur a pu visiter cet avion le 28 juin 2011 et remercie M. le Président de la République de lui avoir offert cette opportunité. S’il se réjouit de l’intégration d’un système de communications gouvernementales protégées (COMGOUV), il a néanmoins constaté avec regret qu’il avait été renoncé à certains des équipements de sécurité évoqués lors de l’acquisition, s’agissant notamment de la protection anti-missiles de l’appareil » peut-on en effet lire dans le rapport rédigé par le député.

Le parlementaire s’interroge par ailleurs sur « le choix porté sur un appareil qui, au regard des standards du marche d’occasion, avait déjà accumulé un grand nombre d’heures de vol ».

Cela étant, avec la menace que fait peser la prolifération des missiles sol-air, laquelle a été encouragée par le pillage des arsenaux libyens lors la chute du colonel Kadhafi, l’on peut se demander si cette économie de bouts de chandelles est bien raisonnable…

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