Le Gripen NG ne fait pas l’unanimité en Suisse
1 décembre 2011 – 16:34Le constructeur aéronautique Dassault Aviation a pris « bonne note », tout en la regrettant, de la décision du Conseil Fédéral suisse d’écarter le Rafale en faveur du Gripen NG de Saab en vue de remplacer la flotte de F-5 Tiger actuellement en service au sein des forces aériennes hélvétiques.
Toutefois, dans le communiqué qu’il a publié, Dassault Aviation souligne que « le Gripen ‘helvétisé’ n’existe que sur le papier. Son développement technique et sa production devraient accroître significativement les efforts financiers des Autorités Suisses pour la réalisation de ce programme ».
Et c’est bien là l’un des problèmes que les détracteurs de l’avion suédois font valoir pour critiquer le choix fait par le Conseil Fédéral. « Le Gripen, c’est du bricolage. C’est une vieille carcasse dotée d’une cellule ultramoderne. Le Conseil fédéral a imposé cette décision à Ueli Maurer. J’ose espérer que c’est la dernière c.. de la législature » a ainsi déclaré Yvan Perrin, un député UDC neuchâtelois membre de la commission de politique de sécurité au Conseil national.
Même chose pour un autre conseiller national (ndlr, élu de la Chambre basse) , Thomas Hurter, qui a en outre supervisé la procédure d’évaluation des trois concurrents en lice pour ce contrat. « Je suis en outre étonné qu’ on ait retenu un modèle qui n’existe encore sur le papier » a-t-il affirmé.
Du côté des aviateurs suisses, la déception est aussi de mise. Ainsi, l’un d’eux a confié au quotidien fribourgeois La Liberté que « le choix du Conseil fédéral n’est pas celui des pilotes et des mécaniciens ». Et d’enfoncer le clou : pour lui, le Gripen est un appareil qui ne remplira pas toutes les missions qui lui seront demandées. En effet, l’avion suédois n’aurait pas atteint toutes les exigences requises lors de ses évaluations, si l’on en croit les informations publiées par le Basel Zeitung, qui a cité des rapports confidentiels de l’armée suisse.
« Pourquoi le Conseil fédéral a-t-il dès lors opté pour un avion qui amènera une si petite valeur ajoutée par rapport à ce qu’aurait offert une remise à niveau des Tiger? » s’est encore demandé ce pilote interrogé par La Liberté. « Vu sous cet angle, il est même très cher » conclut-il.
Le critère financier a effectivement joué une grande part dans la décision du Conseil Fédéral en faveur du Gripen, proposé à un prix sacrifié par Saab. Il s’ajoute à cela une dimension politique, qui n’est pas nécessairement liée à l’attitude de Paris à l’égard de Berne sur les questions fiscales et le secret bancaire. En effet, les autorités suisses ont fait d’une pierre deux coups.
En premier lieu, le Conseil Fédéral n’a pas apprécié que le Parlement suisse lui ait forcé la main en lui imposant l’achat de nouveaux avions de combat alors qu’il avait gelé ce projet en 2010 par souci de rigueur dans les dépenses publiques.
En choisissant l’appareil le plus modeste et le moins cher – la Suisse dépensera un milliards de francs de moins pour les 22 nouveaux appareils – il espère rendre l’opération plus acceptable pour une partie de l’opinion publique helvétique. Et, dans le même temps, il compte sur ce contrat pour gonfler le carnet de commande de RUAG, qui, actuellement en difficulté, pourrait se voir confier le une partie du développement du Gripen NG « helvétisé » ainsi que le montage final des appareils. Et, cerise sur le gâteau, il »punit » l’attitude de la France à l’égard de la Confédération en écartant le fleuron de l’industrie aéronautique militaire tricolore.
Pour autant, le Gripen n’a pas seulement à faire face aux partisans du Rafale en Suisse, mais aussi – et surtout – à ceux qui s’opposent au projet de remplacer les actuels F-5 Tiger. Ces derniers auront l’occasion de faire valoir leur point de vue à l’occasion d’un référendum voulu par le Conseil Fédéral, mais aussi par le chef de l’armée suisse, le général André Blattman.
Mais avant cette consultation, il faudra que les deux Chambres se prononcent sur cette décision d’acquérir l’avion de Saab dans le cadre du programme d’armement 2012. « Un avion qui n’existe que sous la forme de prototype n’a aucune chance au parlement », a ainsi affirmé le conseiller national UDC Roland Borer, dans les colonnes du Tages-Anzeiger. Aussi, cette histoire, déjà riche en rebondissements, n’est pas encore tout à fait terminée.
Tags: Conseil fédéral, contrat, Dassault Aviation, Gripen NG, Rafale, SAAB, Suisse








17 commentaires à “Le Gripen NG ne fait pas l’unanimité en Suisse”
Au train… pardon, à l’avion où c’est parti… ils n’auront RIEN.
Par starshiy on déc 1, 2011
Un Mirage 2000-9 avec un radar à antenne active et une suite digne du SPECTRA.
Ah zut, on n’a pas les 2000-9.
Par Kouak on déc 1, 2011
au moins les banquiers ont des ordis performants.
il ne reste plus qu’aux aviateurs de se recycler dans l’aviation civile, ils auront peut etre la chance de piloter des falcons et « poser » les ex collègues sur gripen.
Par vinci on déc 1, 2011
Resume: Berne punit Paris pour son attitude sur le secret bancaire.
Etrangement F-18 (dont la confederation est deja equipee) et le F-16 n’ont meme pas pas etes retenus pour des evaluations ayant eu lieu peu apres les peripeties de la banque UBS, sommee par le gouvernement de devoiller l’identites de ses clients americains.
Par anonyme on déc 1, 2011
Bon….ils n’auront que ce qu’ils méritent, un petit navion. Peut être ont-ils tout simplement estimés que la défense de la Suisse ne valait pas plus ou pas mieux que cela mais si c’est un gros caca nerveux pour punir le grande méchant voisin français, là c’est juste minable.
Par Nonmaisdisdonc on déc 1, 2011
il faut aussi ajouter que la Suisse c’est tout petit et que les militaires suisses ne sont projetés nul part et ne participent a rien au niveau mondial. Le Grippen leur suffit donc pour ce qu’ils peuvent en faire. Quelques petits tours en l’air et hop on range le navion dans la boite. Ils possèdent quelques F18 je crois, ce qui est plus convainquant.
Par Nonmaisdisdonc on déc 1, 2011
Bravo les suisses, par contre udc pas malin sur ce coup là .
Par Prout on déc 1, 2011
C’est un peu un pari car le Gripen NG n’est en service nulle part et il falloir maintenant le construire.
(Et tous les 05 ans se le font confisquer par des gens qui ont la clef du tiroir dans lequel ils le rangent)
Il va falloir aussi obtenir l’aval du parlement mais les arguments du conseil fédéral sauront certainement convaincre un auditoire conquis parmi lequel certains seront bien contents de jouer un tour à l’immodeste voisin tricolore.
Donc la Suisse aura le Gripen NG, sauf si la votation impose le contraire. Car la Suisse étant une vraie démocratie, c’est le peuple qui a le dernier mot.
Dans les autres démocraties, dont la nôtre, le peuple croit simplement l’avoir.
Par Gwydyon on déc 2, 2011
En fait il s’agit parfaitement de ce qu’on critique souvent, un choix politique a vocation electoraliste
Par toto on déc 2, 2011
Lorsque l’on fait des choix politiques c’est bien souvent que la qualité et les spécificités techniques, tactiques du matériels en question sont des éléments de second ordres. Ceci peut expliquer cela … c’est un choix !
Par Nonmaisdisdonc on déc 2, 2011
je trouve le choix du gripen au top pour notre armée.
la suisse a pas besoin d’un avion très gros et surtout qu’il soit maniable et rapide.
un rafale ou eurofighter na pas sa place au sein de notre armée car trop gros et gouffre financier.
Sarko avec ses menaces a bien sut faire vendre son produit nationnal, la il est occupé à changer les couches du petit, l’arrogance d’un président et qu’il vient de perdre son AA+ bravo on voit que la France est bien gérée, pauvre Francais avoir élut un homme qui fait couler le pays et après on vient nous vendre un OVNI en rafale.
le problème que la Suisse au sujet du corbeau ??? je pense que dassault n’est pas innocent à ceci
Par marcel on jan 27, 2012
nous pouvons tout de même noter que niveau démocraties, entre la suisse et notre pays il y a pas photo !
ils sont invités a des votations (referendum) plusieurs fois par année, et sur vraiment beaucoup de sujets on leur demande leur avis
soit très exactement le contraire de ce qui se passe chez nous, hélas !
résultat : grâce au fait du prince (le monarque de droit divin, seul maitre a bord après Dieu) on fait tout seul un avion absolument invendable (Corée, Pologne, Suisse, Maroc, Pays-Bas, Algérie, Libye, Brésil, Singapour, Arabie Saoudite, Oman, Koweït, EAU, et bientôt aussi Brésil et Inde)
a comparer aux très nombreux succès commerciaux du Typhoon et du Gripen pour rester en Europe, avec une liste de ventes aussi longue que celle de nos échecs…
quant aux autres pays occidentaux ils sont déjà embarqués vaille que vaille dans les programme JSF-F35, et les japonais qui viennent même tout juste de passer commande pas moins de 42 F35 !
ita missa est, allez, la messe est dite
Par Patriote on jan 27, 2012
@patriote
Par pitié, jetez vous d’un pont
Quand je vous lis, j’ai l’impression de voir une personne qui ne cherche pas a comprendre et a chercher ce qu’elle marque.
Quelqu’un qui sait de quoi il parle, il ne va pas comparer la suisse et la France, mais le monde entier et la suisse (volontée de baffer a nouveau la France), car la suisse et unique avec une situation de neutralitée et d’abscence internationale qui lui permet une telle souplesse.
Quand vous parlez du rafale, ne parlez pas de resultat, car non seulement il est encore en production mais en plus il est bien placé dans des pays que vous citez comme « echec ».
Bientot ce genre de commentaires disparaitra
Quand aux « très nombreux succès » de l’eurofighter, si vous n’avez pas eut le sourire en ecrivant cela , ben merde, arrêtez de poster en vous prenant au serieux.
Car la réalitée de l’eurofighter en ce moment, c’est les clients du consortium qui reduisent leur commandes et qui tentent de se debarasser d’une bonne partie de leurs appareils.Sans compter la deception saoudienne.
Quand au f-35, cessons de jouer les naifs, cessez de croire que les USA n’ont pas de poids pour imposer a certains pays cet appareil
Par aeroxavier on jan 27, 2012
blablabla, ça fait déjà depuis 1986 que tout le monde crie au désastre avec cette folie hors de prix que ce rafale, et 26 ans plus tard nous y sommes les deux pieds dedans !
en 1986, Michel Rocard parlait déjà de désastre industriel…
il faut savoir se remettre en question et tirer les leçons de cette liste ininterrompue d’échecs, tant qu’il est encore temps
et les misérables petites attaques ad hominem n’y changeront pas grand-chose, hélas !
avec une dégradation de la note de notre dette souveraine, accouplée a une augmentation substantielle de ladite dette, je crois qu’il faudra bien un jour cesser les frais, et être dans le prochain consortium européen, si jamais consortium il y avait pour un hypothétique-peut-être-bien-jamais avion européen de 5eme génération
et d’ici-là , il faudrait peut-être cesser de croire au père Noel, car cela finit par devenir humiliant
Par Patriote on jan 27, 2012