Le général Casso mis à l’honneur à Paris

Le 30 septembre dernier, une prise d’armes a été organisée dans la cour d’honneur de l’Hôtel national des Invalides afin de célébrer le bicentenaire de la création du corps des sapeurs-pompiers de Paris, lequel dépend de l’armée de Terre, plus précisément de l’arme du Génie. C’est en effet le 18 septembre 1811 que l’empereur Napoléon Ier a décidé de doter Paris d’un bataillon de soldats du feu, un an après un incendie meurtrier à l’ambassade d’Autriche.

Hasard ou pas, il est prévu d’inaugurer officiellement, ce 8 octobre, une esplanade portant le nom du général Abdon Robert Casso, dans le XVIIème arrondissement de Paris, située face à la caserne de la Porte de Champerret, où est installé l’Etat Major de la brigade des Sapeurs Pompiers de Paris (BSSP), dont cet officier a été le premier commandant.

En effet, avant le décret du 28 février 1967, les sapeurs pompiers de Paris formaient un régiment, et non une brigade comme c’est le cas actuellement.

Le parcours du général Casso, décédé en 2002, aura été exemplaire. Né le 27 août 1912 à Valmanya, dans les Pyrénées Orientales, il commence sa carrière militaire en 1934, après avoir été major de sa promotion à l’Ecole des Mines d’Alès. Nommé sous-lieutenant à l’issue d’un passage à l’Ecole d’application du Génie, il est, dans un premier temps, affecté au 7ème Régiment du Génie d’Avignon.

Avant la Seconde Guerre Mondiale, il est détaché dans l’Est de la France et participe au chantier de la Ligne Maginot, notamment dans le secteur de Wittring-Rohrbach, où il assurera un commandement quand les hostilités seront déclenchées. Refusant l’armistice signé par le maréchal Pétain et de cesser le feu, il est fait prisonnier le 2 juillet 1940.

Evadé en septembre de la même année, Abdon Casso, qui est à l’époque lieutenant, ne veut pas servir dans les rangs de l’armée d’armistice. Il rejoint alors son village natal où, avec son épouse et l’instituteur René Horte, il fonde le réseau de résistance « Sainte-Jeanne », dont l’activité consiste à faire passer en Espagne les personnes désireuses de rejoindre l’Angleterre pour continuer le combat.

Parallèlement, il accomplit des missions de renseignement au profit du réseau Pedro. Grâce au sérieux de son travail, il est nommé chef de la Résistance pour les Pyrénées Orientales. Seulement, ces activités ne passent pas inaperçues malgré tous les efforts de discrétion et la Gestapo arrête son père après avoir opposé un combat aussi intensif que bref. Son village est incendié par les troupes allemandes.

Ayant réussi à s’échapper, Abdon Casso se réfugie à Paris, où il est nommé chef de secteur du réseau Brutus, sous les ordres du lieutenant-colonel Vedel. C’est ainsi qu’il va transmettre plusieurs renseignements importants aux Alliés, notamment en signalant l’existence et l’emplacement de trois pistes de lancement de missiles V1.

En août 1944, alors qu’il est en mission de renseignement à Mont Notre-Dame (Aisne), il est blessé au cours d’une attaque d’un avion allemand ayant repéré son groupe. Plus tard, Abdon Casso, toujours lieutenant, est détaché auprès de l’armée américaine, avec laquelle il participe à l’offensive sur la Sarre et à la libération de Metz. Il sera aussi le premier officier français à pénétrer dans le camp de concentration de Buchenwald, en avril 1945, où il retrouve son père qui y avait été déporté. Malheureusement, ce dernier s’éteindra un mois plus tard.

Nommé capitaine, puis chef de bataillon, Abdon Casso est dans un premier temps affecté au cabinet du Gouverneur général de la Sarre, puis de la Rhénanie, avant d’être nommé chef d’arrondissement du Génie à Metz, jusqu’en 1950. Pendant ce temps, il en profite pour obtenir un doctorat délivré par la faculté des sciences de Paris.

Le 1er octobre 1950, le commandant Casso rejoint le corps expéditionnaire français d’Indochine. Affecté à la sous-direction du Génie du Tonkin, il s’occupe de la contruction de points d’appuis dans le secteur d’Haïphong. Placé sous le commandement du général Salan, il organise, en 1951, la défense du camp retranché de Na-Sang que les troupes Vietminh ne réussiront pas à prendre, malgré de violentes attaques. Il prendra également par à la bataille de Binh-Du (Tonkin), au cours de laquelle ses hommes feront 60 prisonniers et saisiront une importante quantité d’armes.

Après avoir été fait chevalier de la Légion d’Honneur, le commandant Casso retrouve la France, en 1953, et prend le commandement du Génie divisionnaire de la 6ème Division Blindée. Un an plus tard, il est nommé lieutenant-colonel à l’issue d’une formation au cours interarmes des officiers supérieur.

En 1961, il est affecté en Algérie avec les galons de colonel, après avoir occupé différentes postes d’état-major à Paris. Sa mission est alors de coodonner l’action des éléments du Génie déployés dans la région d’Alger. Mais le 17 mars 1962, il est gravement blessé lors d’un attentat, ce qui le contrait à rentrer en métropole.

Un an plus tard, le colonel Casso prend le commandement du Régiment de Sapeurs Pompiers de Paris. « Sauver des vies humaines, lutter contre tous les fléaux mais aussi tendre la main aux malheureux en détresse, rassurer par la présence, la tenue, le calme, l’efficience : Y a-t-il au monde mission plus noble pour les vieux soldats que nous sommes ? » écrit-il alors dans un ordre du jour daté du 19 mars de cette année.

C’est donc sous son impulsion que ce régiment va devenir une brigade, que sa zone d’intervention s’étendra aux départements limitrophes de Paris, que cette formation sera dotée d’une organisation taillée sur mesure pour gérer les grandes catastrophes et mener une meilleure conduite des interventions ou encore que les premières ambulance de réanimation entreront en dotation. Le 1er avril 1967, il est promu général.

Pendant son temps de commandement, il a participé à 97 interventions, dont celle qui a permis de maîtriser l’un des plus grands incendies de l’histoire de sapeurs-pompiers de Paris, c’est à dire celui de la socitété des hydrocarbures de Saint-Denis, le 29 janvier 1968 (400 hommes mobilisés).
Atteint par la limite d’âge, le général Casso quitte le service en 1970 et devient maire du XVIIème arrondissement de Paris, sur proposition du ministre de l’Intérieur, Raymond Marcellin.

Décédé à Paris le 25 février 2002, le général Casso était Grand officier de la Légion d’Honneur, commandeur de l’American Legion, titulaire de la Croix de Guerre 39/45 avec palme, de la Croix de Guerre des TOE avec 2 palmes et 3 citations, de la Croix de la Valeur militaire avec palme, de la médaille de la Résistance et d’autres décorations étrangères.

L’éthique des pompiers de Paris, par le général CASSO

 » Je ne veux connaître ni ta philosophie,
ni ta religion, ni ta tendance politique,
peu m’importe que tu sois jeune ou vieux,
riche ou pauvre, français ou étranger.
Si je me permets de te demander quelle est ta peine,
ce n’est pas par indiscrétion mais bien pour mieux t’aider.
Quand tu m’appelles, j’accours,
mais assure-toi de m’avoir alerté par les voies les plus rapides
et les plus sûres.
Les minutes d’attente t’apparaîtront longues,
très longues, dans ta détresse pardonne mon apparente lenteur. « 

Un grand merci au lieutenant REMY, pour son aide préciseuse

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