Un responsable taïwanais évoque l’achat d’avions américains F-35 Lightning II

Quand on veut ménager la chèvre et le chou, on ne contente personne. Ainsi, le président Obama a refusé de vendre 66 nouveaux F-16 C/D à Taïwan, sous prétexte de ne pas froisser la Chine, qui considère l’ancienne Formose comme étant une province « rebelle ». Mais dans le même temps, pour atténuer la déception des autorités de Taipeh – et pour rester dans ses bonnes grâces – la Maison Blanche a toutefois donné son accord pour la modernisation des 146 appareils du même type (version A/B) en dotation dans les forces aériennes taïwanaises. Ce qui, et comme l’on pouvait s’y attendre, irrite le gouvernement chinois.

Le dossier des ventes d’armes à Taïwan est un dossier sensible à Washington, dont une partie de la dette abyssale est détenue par Pékin. En janvier 2010, le président Obama avait confirmé le contrat négocié avec Taipeh par l’admnistration Bush, lequel portait sur une commande d’antimissiles Patriot et d’hélicoptères Black Hawk, pour un montant de 6,4 milliards de dollars. En retour, la Chine avait suspendu ses relations militaires avec les Etats-Unis, tout en menaçant les entreprises américaines de mesures de rétorsion.

Quoi qu’il en soit, Taïwan a besoin de nouveaux appareils de combat pour remplacer sa flotte de vieux F-5 Tiger. Et la perte de deux de ces appareils, au début du mois, a servi d’argument à Taipeh afin obtenir l’accord de la Maison Blanche au sujet de la commande concernant les 66 F-16 C/D. « Voler avec un tel avion, c’est comme demander à un homme de 90 ans de faire 100 pompes » a déclaré, il y a quelques jours, au sujet du F-5, un parlementaire taïwanais, membre d’un comité de la Défense.

Le marché taïwanais de la Défense est une chasse gardée américaine, notamment en raison du Taïwan Relation Act de 1979 en vertu duquel les Etats-Unis sont tenu d’apporter à Taipeh les moyens de se défendre. Cela étant, quelques contrats ont été obtenus par des entreprises européennes : Fokker a pu y glisser 3 avions F-50 pour le transport d’autorités, Eurocopter a vendu trois Super Puma (plus 17 en option) tandis que Dassault Aviation en a fait de même avec 56 Mirage 2000-5EI/DI, ce qui a permis à MBDA de fournir 960 missiles MICA. Sans oublier, bien sûr, les six fameuses frégates de classe La Fayette…

Aussi, étant donné le refus américain de vendre les 66 F-16 C/D demandés par Taïpeh, il serait intéressant de voir la réaction des autorités taïwanaises à une éventuelle offre française de subsistution, Paris trouvant là une autre occasion d’exporter le Rafale. Seulement, avec le précédent de la sombre affaire des frégates, qui a valu à la France une condamnation et une forte amende à payer à cause des commissions versées dans ce dossier, les chances paraissent bien minces, même si depuis, il est interdit aux industriels français « d’arroser » des intermédiaires pour décrocher des contrats. Et puis, côté français, il n’est pas certain que l’on veuille prendre le risque de mécontenter Pékin.

Aussi, c’est toujours vers les Etats-Unis que Taïwan se tourne pour équiper ses forces aériennes. Du moins si l’on en juge par la récente proposition faite par Andrew Yang, un responsable du ministère taïwanais de la Défense.

Selon ce dernier, puisque la vente de F-16 n’a pas été autorisée par la Maison Blanche, Taïwan devrait évoquer l’achat de F-35 Lightning II lors de prochaines discussions bilatérales.

Par le passé, l’île a exprimé son intention d’acquérir des avions à décollage/atterrissage vertical/court, afin de conserver une capacité de défense en cas de bombardement de ses aérodromes par des missiles balistiques chinois. Et, selon Defense News, elle avait demandé des informations au sujet du programme F-35 dès 2002.

Aussi, l’idée lancée par Andrew Wang aurait le mérite de sauver la version B du F-35, menacée par les coupes budgétaires et la volonté du Royaume-Uni, qui en avait commandé pour ses porte-aéronefs afin de remplacer ses Harrier, de se procurer des appareils du modèle C (navalisés).

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