L’industrie de défense japonaise intéresse (aussi) les pirates informatiques

Le dernier Livre blanc sur la défense japonais, publié le mois dernier, ne croyait pas si bien dire : ayant recommandé un renforcement de la protection contre les attaques informatiques – en avril, groupe Sony en a d’ailleurs subi une, des pirates s’en étant pris à son site Playstation Network avec ses 77 millions d’abonnés-, le conglomérat Mitsubishi Heavy Industries a confirmé, le 19 septembre, des informations de la presse nippone selon lesquelles ses réseaux avaient fait l’objet d’intrusions le 11 août.

Ainsi, au moins 80 ordinateurs répartis dans 10 usines du groupe ont été infectés par 8 programmes malveillants, dont des chevaux de Troie, qui servent à subtiliser des données. L’attaque a plus précisément ciblé les chantiers navals de Kobe, d’où sont sortis les sous-marins conventionnels des classes Harushio, Söryü et Oyashio, ainsi que des sites de recherches et de production en matière de composants nucléaires.

Le conglomérat est le principal fournisseur du ministère japonais de la Défense, avec lequel il a actuellement près de 200 contrats en cours pour un montant de 2,5 milliards de d’euros. Par le passé, il a assemblé sous licence des missiles ainsi que les F-15 de conception américaine destinées aux forces d’autodéfense. Autant dire qu’il fait une cible de choix pour les espions informatiques.

Selon la direction du groupe et le ministère japonais de la Défense, aucune donné sensible n’aurait été volée. « Nous ne sommes au courant d’aucune fuite de données importantes » a indiqué Yasuo Ichikawa, le ministre japonais de la Défense, qui avait reconnu, lors de sa nomination, être un « amateur » dans les questions de sécurité. Une enquête a toutefois été ouverte.

D’après le quotidien Yomiuri Shimbun, l’origine de ces intrusions serait chinoise, comme d’ailleurs dans la plupart des affaires de ce type. Mais comme d’habitude, Pékin a rejeté toute implication. « De telles allégations sont sans fondement » a déclaré un porte-parole du ministère chinois des Affaires étrangères. « Le gouvernement chinois veut coopérer avec les autres pays dans la lutte contre la cybercriminalité, y compris le piratage » a-t-il ajouté.

Sauf que, dans une toute autre affaire, des sites Internet officiels japonais ont été victimes d’attaques le jour du 80ème anniversaire de l’épisode de Moukden, qui avait servi de prétexte au Japon pour envahir la Mandchourie. Simple hasard?

NB : Après les « guerres Low Cost », les camarades de l’Alliance Géostratégique ont récidivé et viennent de publier « Stratégies dans le cyberespace » (couverture en illustration de cet article), sous la direction d’Olivier Kempf et de Stéphane Dossé. Cet ouvrage est disponible dans toutes les bonnes librairies ainsi que sur Amazon et la FNAC au prix de 15 euros.

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