Boeing remporte le marché des avions ravitailleurs de l’US Air Force

Le Pentagone a tranché : Boeing a remporté l’apprel d’offres portant sur l’acquisition de 179 avions ravitailleurs destinés à remplacer les KC-135 en service au sein de l’US Air Force depuis une cinquantaine d’années.

Ce choix est presque une surprise puisque le l’avion proposé par Boeing n’existe pour le moment que sur le papier. En effet, le ravitailleur « NewGen » sera dérivé du B-767, avec une cabine de pilotage du B787 Dreamliner, avec une perche de ravitaillementà commande électronique.

Son concurrent, le KC-45, dérivé de l’A330 MRTT déjà vendu à quatre pays, semblait pourtant bien mieux placé, d’autant plus qu’il avait été choisi par le Pentagone en février 2008, avant l’annulation de la procédure en raison d’un recours déposé par Boeing. En décembre dernier, un analyste proche du constructeur américain avait indiqué que l’appareil présenté par EADS était « bien mieux noté en terme d’efficacité opérationnelle que le B767 ». Et de sources parlementaires, il avait été dit que les critères pris en compte étaient les capacités en terme de ravitaillement en vol et son rayon d’action. Et qui plus est, le groupe européen avait révisé ses prix à la baisse afin de la « rendre juste suffisante pour gagner ».

Quoi qu’il en soit, le choix du Pentagone est un revers pour EADS, qui comptait sur ce contrat pour lancer une usine à Mobile (Alabama) où auraient été construits non seulement les avions ravitailleurs de l’US Air Force mais aussi des A330 destinés au marché civil. Compte tenu de la valeur trop forte de l’euro par rapport au billet vert, c’était l’occasion pour le constructeur européen de produire ses appareils en zone dollar.

Cela étant, il n’est pas encore dit que cet appel d’offres de 35 milliards de dollars soit terminé. Le perdant a en effet 10 jours après l’attribution du contrat pour contester le choix du Pentagone et saisir le Government Accountability Office (GAO), l’équivalent américain de la Cour des comptes, qui aura ensuite 100 jours pour étudier la requête et donner une recommandation qui est généralement suivie par l’administration américaine.

Et l’affaire de l’échange d’informations confidentielles entre Boeing et EADS à cause d’une erreur de responsables de l’US Air Force pourrait peser lourd dans la balance, tout comme les suspicions de favoritisme à l’égard de l’avionneur américain, lesquelles avaient conduit le groupe EADS à menacer de se retirer de la compétition l’an passé.

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