Avions ravitailleurs de l’US Air Force : Boeing va présenter une « offre ajustée »

En novembre dernier, l’US Air Force a inversé l’envoi de données confidentielles concernant les propositions soumises par Boeing et EADS dans le cadre de l’appel d’offres visant à trouver un successeur à ses avions ravitailleurs KC-135, en service depuis les années 1950.

Après enquête, il s’est avéré qu’EADS avait pris connaissance du contenu de l’envoi qui était destiné à Boeing. Afin d’assurer la stricte égalité des deux concurrents, l’US Air Force a par la suite communiqué au constructeur américain le même type d’informations auxquelles le groupe européen avait eu accès et qui portaient sur des analyses d’efficacité et sur l’évaluation du nombre d’avions nécessaires pour un cas particulier de ravitaillement en vol.

L’on aurait pu croire que cette erreur n’aurait eu aucune suite sur le processus d’attribution de ce marché évalué entre 35 et 40 milliards de dollars pour 179 avions, étant donné qu’il n’est théoriquement plus possible de modifier les offres déposées en juillet dernier. Au plus, elle aurait pu servir de motif à contester une nouvelle fois la décision de l’US Air Force en cas de défaite de l’un des deux concurrents.

Aussi, c’est non sans surprise que Boeing, qui présente son KC-767 face au KC-45 (soit l’A-330 MRTT) d’Airbus, la filiale d’EADS, a annoncé, le 1er février, son intention de présenter une offre « ajustée » à l’US Air Force d’ici une dizaine de jours.

« Des membres de l’équipe de Boeing travaillant sur le programme des ravitailleurs ont rencontré lundi des responsables de l’US Air Force (…) pour discuter de notre évaluation intermédiaire » a ainsi fait savoir William Barksdale, le responsable de ce projet chez Boeing, par un billet posté sur un des blogs du constructeur aéronautique américain. « C’était notre dernière occasion d’avoir la réaction de l’Air Force à notre proposition avant la fin de la compétition » a-t-il ajouté.

« Sur la base des commentaires reçus, nous procédons maintenant aux derniers ajustements à notre proposition, que nous fournirons le 11 février à l’Air Force sous la forme d’une révision de la proposition finale » a-t-il encore annoncé.

Annulé à plusieurs reprises depuis 2003, ce contrat a une dimension politique qu’il faut prendre en compte car il est probable que la bataille continuera une fois qu’il sera attribué. Le groupe américain peut compter sur le soutien des parlementaires démocrates, élus d’Etats où il a implanté ses usines. De son côté, EADS mise sur les républicains.

C’est ainsi qu’un projet de loi démocrate appelant le Pentagone a prendre en compte les subventions reçues par EADS a été repoussé grâce à une objection déposée par le sénateur républicain Jeff Sessions, élu de l’Alabama, où le groupe européen compte développer son usine située à Mobile pour assembler les KC-45 en cas de victoire.

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