Fusillade de Carcassonne : L’ancien chef de corps du 3ème RPIMa mis en examen

Le 28 juin 2008, une dizaine de personnes avaient été blessées par des tirs lors d’une démonstration d’un Groupe commando parachutiste (GCP) du 3ème Régiment Parachutiste d’Infanterie de Marine. Alors que les armes, munies d’un BTB (bouchon de tir à blanc), auraient dû être chargées avec des cartouches à blanc, un sous-officier, le sergent Vizioz, s’était trompé de chargeur.

L’on s’en souvient, cette affaire avait provoqué la colère du président Sarkozy, qui lâcha le mot « d’amateurs », et la démission du général Bruno Cuche, alors chef d’état-major de l’armée de Terre (CEMAT).

L’enquête de commandement ouverte juste après les faits avait mis en lumière des dysfonctionnements dans la gestion des munitions au sein du 3ème RPIMa, avec notamment la non-restitution des cartouches réelles non utilisées après les exercices.

Depuis, le sergent Vizioz, qui a toujours reconnu sa responsabilité, a été révoqué de l’armée et mis en examen par la justice pour « blessures involontaires ». Ses supérieurs hiérarchiques ont quant à eux été sanctionnés sur le plan militaire, dans l’attente des suites judiciaires de cette affaire.

Après être restée au point mort pendant de longs mois, l’enquête a accéléré après avoir été confiée, au printemps 2009, à un nouveau juge d’instruction. En octobre dernier, le capitaine du GCP auquel appartenait l’auteur des tirs a été mis en examen pour « blessures involontaires par violation manifestement délibérée d’obligation de sécurité ou de prudence ». Il a été par la suite rejoint dans cette procédure par l’officier commandant le second GCP ainsi que par l’armurier et le lieutenant-colonel Lionel Peyre, l’adjoint au chef de corps du 3ème RPIMa au moment des faits.

Enfin, la mise en examen du chef de corps du 3ème RPIMa à l’époque, le colonel Frédéric Merveilleux du Vignaux, était attendue. Et elle a été finalement prononcée le 24 janvier, à l’issue d’une audition qui aura duré trois et heure et demie.

Aux dires de son avocat, Me Alexis Gublin, c’est le colonel du Vignaux lui-même qui a demandé sa mise en examen, « compte tenu de la mise en examen récente de plusieurs de ses subordonnés. « Il considère en effet que la place d’un chef militaire est avec les hommes qui ont servi sous ses ordres et souhaite être à leurs côtés » a-t-il précisé.

Suite à la fusillade de juin 2008, le général commandant la 11ème Brigade parachutiste avait sanctionné le colonel du Vignaux de 30 jours d’arrêt pour la « négligence dont il avait fait preuve dans l’exercice de ses fonctions (…) en ne faisant pas observer les règlements en vigueur, notamment dans le domaine de la gestion, du suivi et du stockage des munitions et en n’effectuant pas les contrôles qui auraient permis la découverte de ce stock illicite ».

L’officier avait alors contesté cette sanction devant le Conseil d’Etat mais ce dernier ne lui avait pas donné raison, considérant « l’appréciation que l’autorité militaire a faite de la gravité des faits » en lui « infligeant (…) un sanction de premier groupe de trente jours d’arrêts n’est pas manifestement dispropotionnée ».

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