Drones : Dassault ne veut pas d’EADS

Suite aux accords de coopération en matière de défense signés en novembre 2010 par la France et la Grande-Bretagne, il est question de développer en commun un drone MALE (Moyenne Altitude Longue Endurance) pour entrée en service prévue à l’horizon 2020.

Les groupes Dassault Aviation et BAE Systems comptent soumettre une offre, basée sur le démonstrateur Mantis, qui, après avoir effectué son premier vol en 2009, reste cloué au sol faute de financement.

De son côté, EADS a déjà investi plusieurs dizaines de millions d’euros pour développer le Talarion, destiné initialement à la France et à l’Allemagne. Mais comme Paris regarde vers Londres et que Berlin n’a pas les moyens de se l’offrir, ce drone risque de ne jamais voir le jour.

A moins de faire cause commune avec le duo formé par Dassault et BAE Systems. Comme l’a rappelé le président d’EADS, Louis Gallois, lors de ses voeux à la presse, cela éviterait de ne pas refaire les erreurs du passé avec le Rafale et l’Eurofighter, c’est à dire en produisant deux avions de combat destinés au même segment de marché.

Dans un sens, et alors que les budgets européens de défense se réduisent comme peau de chagrin au nom de la lutte contre les déficits (et aussi, il faut bien le dire, d’une hiérarchisation des priorités) et que le mot « rationalisation » est devenu très à la mode, l’idée de faire cause commune pour concevoir un drone se défend, à condition que le fait qu’il n’y ait qu’une seule offre sur le Vieux Continent ne se traduise pas par un blanc-seing pour faire exploser les coups de développement.

Seulement voilà, chez Dassault, on ne veut pas travailler avec EADS. Pour autant, Louis Gallois persiste à penser que le « Talarion n’est pas mort ». Pour l’instant, l’appel d’offres n’est pas encore lancé. Aussi, le groupe européen chercherait des alliances avec des entreprises britanniques. L’une d’entre elles pourrait être la compagnie Cobham, qui vient d’annoncer la réorganisation de ses implantations en France et qui, selon le Daily Telegraph, aurait l’intention de déposer une offre avec l’américain General Atomics.

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