La Russie choisit officiellement le BPC français

L’annonce était attendue et elle a été faite le 24 décembre : la Russie a choisi le Bâtiment de projection et de commandement (BPC) de type Mistral à l’issue d’un appel d’offres lancé l’automne dernier. Les navires seront construits par le consortium réunissant le groupe français de construction navale DCNS, le chantier STX de Saint-Nazaire et les chantiers navals russes OSK.

Selon le communiqué conjoint publié par l’Elysée, il est prévu, « dans un premier temps la construction en commun de deux navires de ce type, qui devrait être prolongée par la fabrication de deux unités supplémentaires ».

Le texte n’a pas précisé le coût de cette commande. L’on sait que le prix d’un BPC oscille entre 400 et 500 millions d’euros. Un responsable de l’état-major de la marine russe avait récemment indiqué, à l’agence Interfax, qu’un des objectifs du lancement de l’appel d’offres étaient « d’obtenir une réduction maximale du montant du contrat ».

Par ailleurs, la marine russe a exprimé des besoins spécifiques, comme une coque pour briser la glace et des structures renforcées pour permettre l’appontage de ses hélicoptères, plus lourds que ceux utilisés par l’armée française. Quant au niveau des transferts de technologie, qui a été un élément central dans les négociations, le communiqué de l’Elysée n’en fait pas mention.

Cette vente matériel militaire est la première faite par un pays membre de l’Otan à la Russie. Et cela n’est pas sans inquiéter les pays baltes, la Géorgie et les Etats-Unis. Mais pour Paris et Moscou, ce contrat est la « concrétisation » d’une « coopération sans précédent, qui bénéficiera à l’industrie et à l’emploi dans » les « deux pays et qui illustre la volonté de la France et de la Russie de développer des partenariats d’envergure dans tous les domaines, y compris celui de la défense et de la sécurité. »

Quoi qu’il en soit, cette commande est une bonne nouvelle pour les chantiers navals STX de Saint-Nazaire et leurs sous-traitants, qui ont connu une année 2010 compliquée, avec un plan de départs volontaires et des licenciements à la clé. Selon l’Elysée, ce contrat devrait donner 5 millions d’heures de travail pour 1.000 personnes pendant 4 ans.

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