Boeing s’attend à perdre le marché des avions ravitailleurs de l’US Air Force

C’est sans doute une conséquence de la récente erreur de l’US Air Force. A la fin du mois de novembre, deux personnes qui travaillaient sur l’appel d’offres concernant les futurs avions ravitailleurs de l’armée de l’Air américaine avaient mélangé les courriers destinés aux deux concurrents en lice, à savoir Boeing, avec le KC767, et EADS, qui a soumis le KC-45, dérivé de l’Airbus A330 MRTT.

Après enquête, il s’est avéré que le groupe européen a pris connaissance du courrier destiné au constructeur américain. Pour mettre les deux industriels sur un même pied d’égalité, l’US Air Force a indiqué, par voie de communiqué, avoir « pris des mesures pour s’assurer que chacun des deux ait un accès égal » aux informations concernées. En clair, Boeing a pu prendre connaissance d’une partie des évaluations techniques de l’offre faite par EADS.

Et selon le Seattle Times, qui cite Loren Thompson, un analyste du Lexington Institute spécialisé dans les questions de défense et par ailleurs proche de l’avionneur américain, les informations en cause montreraient que « l’A330 d’Airbus (ndlr, le KC45 pour le marché US) est bien mieux noté en terme d’efficacité opérationnelle que le B767 ». D’où la crainte des dirigeants de Boeing de voir le contrat des avions ravitailleurs, estimé entre 35 et 40 milliards de dollars pour 179 appareils, leur échapper.

En effet, de sources parlementaires, le critère prioritaire pour l’US Air Force serait les performances de l’appareil en opération, à savoir ses capacités en terme de ravitaillement en vol et son rayon d’action. Et qui plus est, une rumeur indiquerait que l’offre soumise par EADS serait moins coûteuse que celle de Boeing.

La décision du vainqueur de cet appel d’offres devrait être connue au début de l’année 2011. Mais l’épisode de l’échange de courriers pourraient remettre en cause une troisième fois. En effet, le directeur de la branche défense de Boeing, Dennis Muilenburg, avait fait récemment évoqué la préoccupation de son groupe au sujet de cette histoire et indique que « toutes les options étaient sur la table ».

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