EADS/Boeing : On n’a sans doute pas fini d’entendre parler de la gaffe de l’US Air Force

Le mois dernier, l’on apprenait que deux responsables de l’US Air Force avait mélangé des courriers destinés à EADS et à Boeing, lesquels contenaient des informations concernant leur offre portant sur le contrat visant à trouver un remplaçant aux avions ravitailleurs KC135, en service depuis les années 1950.

Peu après la révélation de cette information, les deux responsables de cette bévue furent écartés du dossier. Et l’armée de l’Air américaine avait assuré que ni EADS et ni Boeing, qui présentent respectivement le KC45 et le KC767, n’avaient pris connaissance des courriers qui ne leur était pas destinés.

« Quand arrive ce genre de renseignements, dont vous savez que ce n’est pas conforme à la procédure étant donné les circonstances, ce que vous faites, c’est que vous remballez tout immédiatement et que vous le renvoyez à celui qui a lancé l’appel d’offres. C’est exactement ce que nous avons fait » avait alors confirmé Sean O’Keefe, le directeur du groupe européen en Amérique du Nord.

Seulement voilà, d’après des informations du New York Times, les choses ne se sont pas passées ainsi. En effet, EADS a bel et bien ouvert l’enveloppe destinée à son concurrent Boeing. Et cela a été confirmé par un communiqué de l’US Air Force, dont deux responsables « ont analysé les informations auxquelles l’un des deux concurrents a eu accès et pris des mesures pour s’assurer que chacun des deux ait un accès égal à ces informations ».

En fait, c’est en analysant des ordinateurs appartenant aux deux concurrents que l’US Air Force s’est rendu compte qu’EADS avait eu accès aux évaluations techniques concernant le KC767 de Boeing.

Pour tenter d’arranger les choses, l’US Air Force a assuré à Boeing qu’elle lui fournirait les mêmes informations que son concurrent EADS a pu consulter au sujet de son offre.

Cela étant, la portée de cette erreur est à relativiser puisque les dossiers des deux constructeurs ont été remis et qu’ils ne peuvent apporter aucune modification. Cependant, et alors que ce contrat a déjà été dénoncé à deux reprises depuis 2003, Boeing n’exclut pas de déposer une plainte formelle. « L’incident nous préoccupe » a fait savoir Dennis Muilenburg, le directeur de la branche défense du groupe américain. « Vu les questions restées sans réponse, toutes les options sont sur la table » a-t-il ajouté le 1er décembre, lors d’une conférence organisée par le Crédit Suisse.

Attendue avant la fin de cette année, l’annonce du vainqueur de cet appel d’offres, évalué à 35 milliards de dollars pour 179 avions ravitailleurs, a été reporté à début 2011. « Nous nous sommes engagés à lancer un processus de sélection intègre et nous ne pouvons pas nous permettre le genre d’échecs, de discours corporatistes et de querelles d’entreprises qui ont freiné cet effort dans le passé » avait affirmé, en septembre 2009, Robert Gates, le secrétaire américain à la Défense, au sujet de la procédure. Eh bien, c’est manqué.

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