Gaffe et nouveau retard pour l’appel d’offres portant sur les avions ravitailleurs de l’US Air Force

Comme l’avait pressenti un dirigeant d’EADS le 16 novembre dernier, l’annonce du vainqueur de l’appel d’offres concernant le futur avion ravitailleur de l’armée de l’Air américaine sera faite non pas avant la fin de cette année comme il avait été prévu mais plutôt au début de la prochaine.

Selon le colonel Les Kodlick, le directeur des relations publiques de l’US Air Force, cité par l’agence Bloomberg le 20 novembre dernier, la raison de ce contre-temps est due à « l’examen de certains aspects du contrat qui prend plus de temps que prévu » et non à une bévue révélée par le magazine américain Defense News.

En effet, pour ce contrat « du siècle », appelé ainsi en raison de son montant (entre 35 et 40 milliards de dollars pour 179 avions), EADS et Boeing s’affrontent en présentant respectivement le KC-45, dérivé de l’A330 MRTT, et le KC-767.

Or, le groupe européen a reçu les appréciations techniques concernant l’offre de son concurrent. Et la même chose s’est produite pour Boeing. Pour le colonel Kodlick, il s’agit d’une « erreur d’écriture » et l’officier a assuré que « les deux candidats se sont immédiatement rendu compte de la confusion et ont averti les responsables de l’US Air Force » en charge du dossier.

Aussi bien Boeing qu’EADS ont indiqué ne pas avoir pris connaissance du contenu des courriers mélangés dont ils étaient les destinataires. « Quand arrive ce genre de renseignements, dont vous savez que ce n’est pas conforme à la procédure étant donné les circonstances, ce que vous faites, c’est que vous remballez tout immédiatement et que vous le renvoyez à celui qui a lancé l’appel d’offres. C’est exactement ce que nous avons fait » a déclaré Sean O’Keefe, le directeur du groupe européen en Amérique du Nord.

Pour l’US Air Force, cette bévue n’aura pas de conséquences sur la procédure en cours étant donné que les deux industriels n’auraient de toute façon pas pu modifier leur offre si jamais ils avaient pris connaissance des appréciations portées sur leur concurrent.

Cela étant, il n’est pas exclu que cette gaffe puisse servir de motif à une nouvelle contestation de la part des deux industriels, laquelle serait susceptible de faire annuler le contrat une fois le vainqueur connu. Pour rappel, cet appel d’offres a déjà été annulé à deux reprises depuis 2003.

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