Terrorisme : Alerte aux colis piégés

C’est une information communiquée par les services de renseignement saoudiens à leurs homologues américains et britanniques qui a permis de lancer l’alerte. Ainsi, dans la nuit du 28 au 29 octobre, John Brennan, le conseiller antiterroriste du président Obama, a reçu un appel l’avertissant d’une menace potentielle d’attentats commis par des colis piégés placés à bord d’avions-cargos devant partir du Yémen à destination de Chicago, où ils devaient être remis à des institutions juives.

Un premier paquet suspect, envoyé via FedEx, a été par la suite trouvé dans la soute d’un avion de la compagnie Qatar Airways à Dubaï. Le second, embarqué sur un vol d’UPS, a d’abord transité par Cologne, en Allemagne avant d’être finalement identifié par la police britannique du Leicestershire.

Seulement, dans un premier temps, l’inspection du colis suspect par les policiers anglais n’a rien donné. D’où, sans doute, l’information donnée dans la soirée du 29 octobre par le FBI selon laquelle aucun explosif n’avait été retrouvé dans l’avion d’UPS en escale sur l’aéroport d’East Midlands.

En fait, c’est grâce au premier paquet découvert à Dubaï que la police britannique a examiné avec plus de minutie le colis qu’elle avait en sa possession. Finalement, ce dernier contenait bel et bien de l’explosif, caché dans une cartouche d’encre d’imprimante Hewlett-Packard, reliée à un téléphone portable.

Ainsi, la bombe pouvait être actionnée soit par un simple appel ou un sms, soit par un compte à rebours fonctionnant grâce à l’horloge interne du téléphone. L’explosif utilisé serait du tetranitrate de pentaérythritol (PETN), plus simplement appelé pentrite. Sa particularité est d’être très discret étant donné qu’il ne peut pas être décelé par les rayons X et qu’il est de sucroît inodore. C’est ce type de substance qui avait été retrouvée sur Farouk Abdulmuttalab, ce jeune nigérian arrêté le 25 décembre 2009 pour avoir tenté de faire exploser le vol Amsterdam-Détroit après avoir été endoctriné au Yémen.

Tout semble désigner al-Qaïda dans la péninsule arabique (AQPA) pour être à l’origine de cette nouvelle tentative d’attentat. Un suspect a été clairement désigné, en la personne d’Ibrahim Hassan al-Asiri, l’artificier de cette franchise de l’organisation d’Oussama ben Laden.

Son nom avait déjà été cité dans l’attaque suicide raté du 27 août 2009 contre le prince Mohamed Nayef ben Abdelaziz, le vice-ministre saoudien de l’Intérieur en charge de la lutte antiterroriste. L’auteur de l’attentat avait alors ingéré du PETN sous forme de suppositoire qu’il comptait mettre à feu avec un téléphone portable. Aussi incroyable que cela puisse paraître, ce mode opératioire avait fait l’objet d’une note de la DCRI.

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