Saint-Aignan : Le gendarme auteur du coup de feu mis en examen

Dans la nuit du 16 au 17 juillet, un gendarme tirait sur une voiture ayant refusé s’arrêter à un barrage à Thésée-la-Romaine, dans le Loir-et-Cher. Le véhicule en question avait auparavant pris la fuite après un premier contrôle au cours duquel un militaire avait été blessé.

Seulement, les tirs du gendarme touchèrent mortellement Luigi Duquenet, un gitan âgé de 22 ans et recherché pour un vol de 20 euros. Le 18 juillet au matin, la gendarmerie de Saint-Aignan avait été attaquée par une cinquantaine de « gens du voyage », de même que plusieurs communes environnantes connurent des scènes de violence.

Ainsi, le parquet de Blois a ouvert deux enquêtes judiciaires : l’une portant sur les circonstances du décès du jeune gitan, l’autre concernant les risques qui ont pesé sur les gendarmes avant les tirs.

Depuis, le conducteur du véhicule en cause, Miguel Duquenet, a été mis en détention pour « tentative d’homicide volontaire », tandis que son frère, Daniel, a été condamné au mois d’août, à 4 mois de prison pour avoir pris part aux dégradations commises à Saint-Aignan. Deux autres personnes ont été également condamnée pour le même motif, à des peines de 10 mois d’emprisonnement, assorités de 4 mois de sursis.

Et, ce 1er octobre, le militaire auteur des tirs a été mis en examen par Xavier Girieu, le juge d’instruction en charge de cette affaire, pour « coups et blessures volontaires ayant entraîné la mort sans intention de la donner ».

Selon son avocat, Me Benoît Chabert, le gendarme est revenu, lors de son audition devant le juge d’instruction, sur les circonstances qui l’ont amené à ouvrir le feu, le soir du 16 juillet.

« Il s’est positionné devant la voiture (ndlr: à bord de laquelle se trouvaient Miguel Duquenet et son cousin Luigi). La voiture ralentit, elle fonce sur lui. Il tire deux fois, la voiture le dépasse » a ainsi expliqué Me Chabert. « Premièrement, il sauve sa vie, il agit en état de légitime défense, deuxièmement, il applique à la lettre l’article L2338-3 du code de la Défense qui donne la possibilité de faire usage d’une arme » dans une telle situation, a-t-il poursuivi. « Toute sa vie, il aura sur la conscience le poids des conséquences de l’exercice de sa mission » a-t-il encore ajouté.

Cela étant, ce gendarme mis en examen peut compter sur soutien de Brice Hortefeux, le ministre de l’Intérieur. « Je tiens à manifester publiquement mon soutien moral et matériel à ce militaire aujourd’hui dans l’épreuve, à sa famille, ainsi qu’à ses 97.000 camarades de la gendarmerie nationale » a-t-il déclaré par voie de communiqué.

« Je prends acte de la mise en examen » du gendarme « qui avait dû faire face (…) à une situation extrêmement dangereuse pour sa vie » a continué Brice Hortefeux. « Il ne faut pas oublier les faits » a-t-il encore affirmé, avant de les rappeler :  » « un jeune homme qui allait retirer de l’argent à un distributeur de billets avait été agressé par deux individus, qui avaient alors foncé sur un premier barrage en renversant un gendarme, avant de forcer un second barrage et de menacer ainsi directement les militaires présents sur les lieux ».

Le ministre a également indiqué que « bien évidemment, le gendarme mis en examen bénéficiera de la protection juridique que l’Etat garantit à ses agents en pareilles circonstances ».

Par ailleurs, le lieutenant-colonel Stéphane Morault, le commandant en second du groupement départemental de gendarmerie du Loir-et-Cher, qui était de permanence au moment des évènements de Saint-Aignan, a été muté au bureau défense et ordre public de la zone de défense à Bordeaux.

L’officier était arrivé à Blois il y a seulement un an. D’où la question de savoir si cette nouvelle affectation n’est pas une conséquence des évènements de juillet dernier, étant donné que, généralement, la durée moyenne avant de changer de poste est de 3 ans. Mais du côté de la gendarmerie, ce départ n’est « ni une promotion, ni une sanction, mais une mutation dans le cadre normal du service ».

A la nouvelle affectation du lieutenant-colonel Morault s’ajoute celle du préfret de Loir-et-Cher, Philippe Galli, qui doit rejoindre l’Ain avec une promotion à la clé. Un hasard?

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