Une photo des Français enlevés au Niger diffusée par al-Jazeera

La chaîne d’informations al-Jazeera a diffusé, ce 30 septembre, une photographie montrant les sept employés d’Areva et de Satom, dont 5 Français, enlevés il y a deux semaines à Arlit, au Niger. Leur rapt a été revendiqué par al-Qaïda au Maghreb islamique (AQMI).

Selon al-Jazeera, la photographie était accompagnée d’un enregistrement sonore où quatre otages répondent à des questions au sujet de leur état civil à un interlocuteur s’exprimant en français. La chaîne n’a pas encore diffusé ce document mais il a été mis en ligne sur un site Internet proche de la mouvance islamiste.

L’image diffusée par al-Jazeera montre 7 personnes assises, avec des hommes en armes derrière elles. Le visage d’un des otages a été flouté, ce qui laisse à penser qu’il s’agit celui d’une femme.

« Cette photographie a été authentifiée. Même si nous ne savons pas à quelle date elle a été réalisée, elle constitue un signe encourageant dans la mesure où elle montre tous les otages en vie » a indiqué Bernard Valero, le porte-parole du ministère français des Affaires étrangères.

Pour le moment, Paris attend les revendications des ravisseurs avant de « discuter ». Il faut dire que le gouvernement français n’a pas un large choix d’options pour régler cette affaire.

En effet, les otages seraient détenus dans la région du Timétrine, dans le nord-est du Mali. Et la configuration de cette zone désertique et montagneuse est peu propice à une opération militaire pour les libérer, d’autant plus que le groupe des ravisseurs, affiliés au chef terroriste algérien Abou Zeid, a noué depuis longtemps des relations avec les nomades du coin. En clair, l’effet de surprise risque d’être difficile à obtenir.

Par ailleurs, il est probable que la katiba d’Abou Zeid a pris ses précautions contre une éventuelle opération militaire française. L’on peut penser que les ravisseurs, qui connaissent bien la région, ne se priveront pas de changer souvent de campement, afin de déjouer la surveillance électronique mise en place à partir de Niamey. De plus, les otages n’ont, a priori, pas été séparés, si l’on en juge par la photograhie diffusée par al-Jazeera. Mais rien ne dit que ce sera toujours le cas. Et dans ces conditions, il faudrait alors planifier plusieurs assauts pour les libérer, ce qui compliquerait davantage la donne.

« J’ai bien entendu espoir, mais c’est forcément quelque chose de complexe, difficile, incertain avec en face un groupe de 450 à 500 hommes – puisque c’est à peu près cela le nombre de combattants d’al-Qaïda sur ces zones immenses -, un groupe qui fait la guerre à la totalité de l’Occident » a résumé Hervé Morin, le ministre français de la Défense.

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