La société de sécurité française Geos va s’installer en Irak

Selon les statistiques données par les ministères irakiens de la Santé, de la Défense et de l’Intérieur, le nombre de victimes d’actes terroristes a baissé en juin dernier, avec 284 tués, dont 204 civils, 50 policiers et 30 soldats, contre 337 par rapport au mois précédent.

Cela étant, même si la situation sécuritaire du pays tend à s’améliorer, il n’en reste pas moins que le niveau de violence reste important et que, malgré la perte de ses deux chefs en avril dernier, le réseau d’al-Qaïda en Irak est toujours actif en s’en prenant aux chiites, comme cela a été le cas au début du mois de juillet.

Pour autant, et conformément aux engagements pris à la fin de l’année 2008, l’armée américaine continue son retrait. A la fin août, elle devrait compter 50.000 soldats dans le pays, à l’issue d’un effort logistique considéré comme étant le plus important depuis la Seconde Guerre Mondiale.

Officiellement, l’armée américaine devrait cesser ainsi ses opérations de combat, qui consistent à traquer les éléments terroristes et à mener des missions conjointes avec les forces irakiennes. Mais d’après un récent article du New York Times, le contingent américain, même amoindri, continuera à faire le même travail, requalifié en « opérations de stabilisation ». « En pratique, rien ne changera » a ainsi confié au quotidien new yorkais le général Stephen R. Lanza, le porte-parole de l’armée américaine en Irak.

Seulement, le retrait partiel du contingent américain devrait avoir pour conséquence un recours accru aux « contractors », c’est à dire aux sociétés militaires privées (SMP), pour assurer des missions au profit du département d’Etat (ndlr, la diplomatie américaine) qui jusque là étaient dévolues à l’armée. C’est, en tout cas, ce que prévoit une commission du Congrès à Washington, qui s’en est inquiété, le 12 juillet dernier, considérant que employés de ces firmes spécialisées dans la sécurité ne sont pas aussi entraînés et qualifiés que les soldats professionnels pour mener à bien des tâches qui relèvent de l’Etat.

Ainsi, avec ses problèmes sécuritaire, l’Irak est un marché intéressant pour ces SMP et autres entreprises de sécurité. Et c’est la raison pour laquelle la société française Geos a décidé de s’y implanter afin d’offrir une protection aux investisseurs de l’Hexagone qui voudraint faire des affaires dans le pays.

« Les Américains, les Britanniques, les Allemands sont déjà implantés. La France a du retard, mais il est récupérable parce que les Irakiens ne veulent pas mettre tous leurs oeufs dans le même panier » a explique Guillaume Verspieren, le patron de Geos.

Créée en 1997, cette société est déjà implantée en Afrique (Algérie et Mauritanie) ainsi qu’en Amérique du Sud (Brésil, Colombie, Vénézuéla) où elle prend en charge la sécurité des déplacements de cadres d’entreprises françaises dans ces pays.

En 2009, Geos a réalisé un chiffre d’affaires de 41 millions d’euros. Selon ses prévisions, sa présence en Irak devrait lui rapporter entre 6 et 8 millions d’euros de recettes dans les deux ans qui viennent.

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