Le 1/4 Dauphiné rend les armes

Héritier des escadrilles SPA 37 « Charognards », SPA 81 « Lévriers » et SPA 92 « Lion de Belfort » créées lors la Première Guerre Mondiale, l’histoire du Dauphiné commence en 1933 lorsqu’il est prend l’appellation de groupe de chasse II/3.

En 1940, il prend part aux combats de la Campagne de France avec des Dewoitine 520, qui sont alors parmi les avions les plus performants de la jeune armée de l’Air française. Redéployé en Algérie devant l’avancée allemande, le Dauphiné reprend le combat quelques mois plus tard avec des appareils américains, notamment des P-47 D Thunderbolt.

A la fin du conflit, il prend la dénomination de groupe de chasse I/4 Dauphiné et s’envole avec ses Spitfire récemment perçus vers l’Indochine. Après 16 mois de mission, il s’installe à Friedrichshaffen (Allemagne) et reçoit ses premiers avions à réaction, en l’occurrence des Vampire MK V britanniques. Il est alors rebatisé Escadron de chasse 1/4 Dauphiné.

De 1954 à 1957, il change à nouveau de monture pour le premier avion à réaction de conception française, à savoir le MD450 Ouragan de Dassault. En 1961, le 1/4 Dauphiné quitte l’Allemagne pour s’installer définitivement sur la base aérienne 116 de Luxeuil. Il est alors équipé d’avions américains de type F-84-F.

Jusqu’à présent spécialisé dans les missions d’appui feu et d’assaut, l’escadron prend une nouvelle dimension à la fin des années 1960 en mettant en oeuvre la bombe nucléaire tactique AN52.

Le Dauphiné prend un nouveau tournant en 1988, avec l’arrivée des Mirage 2000 N, associés au missle ASMP (Air Sol Moyenne Portée). Le 1er juillet de cette année-là, il est déclaré apte à prendre l’alerte opérationnelle nucléaire.

Trois ans plus tard, et alors qu’il dépendait auparavant de la Force aérienne tactique (FATAC), il rejoint le Commandement des forces aériennes stratégiques (CFAS). Sa mission est de porter la frappe nucléaire dite « d’ultime avertissement » tout en conservant ses capacités conventionnelles, ce qui l’aménera à participer à plusieurs opérations extérieures, comme par exemple en ex-Yougoslavie au cours des années 1990.

Mais, comme le 1/33 Belfort la semaine dernière, il faut désormais parler du 1/4 Dauphiné au passé. En effet, cet escadron a officiellement été dissous ce 29 juin sur la base aérienne de Luxeuil. Ses pilotes et navigateurs vont être dispersés au sein du 1/91 Gascogne équipé de Rafale F3 et du 2/4 La Fayette, lequel mettra ses activités en sommeil avant de rejoindre la base d’Istres où il succèdera au 3/4 Limousin, appelé à disparaître en 2011. L’armée de l’Air ne comptera donc plus que deux escadrons aux capacités nucléaires.

Quant à base aérienne de Luxeuil, promue au rang de base de défense, elle accueillera les Mirage 2000-5 de l’escadron 1/2 Cigognes, actuellement à Dijon.

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