Le commandant des Forces armées canadiennes en Afghanistan relevé de ses fonctions

Il y a des années « avec » et des années « sans ». Pour le commandant des forces opérationnelles interarmées canadiennes en Afghanistan (JFT-Afg), le brigadier-général Daniel Ménard, 2010 entrera dans la seconde catégorie.

Promis à prendre le commandement de la Force terrestre du Québec à l’issue de son affectation en Afghanistan, l’officier canadien risque de voir la suite de sa riche carrière compromise à cause de deux affaires.

Ainsi, le 25 mars dernier, et alors qu’il se trouvait, sur la base de Kandahar, en compagnie du général Walt Natynczyk, le chef d’état-major de la défense canadienne, le brigadier-général Ménard a connu un grave problème avec son arme de service. En peinant à y insérer un chargeur, deux rafales sont parties « accidentellement ». Aucune victime n’a été déplorée mais il s’en est fallu de pas grand chose : les balles sont passées entre deux véhicules, manquant des hélicoptères Blackhawk et surtout un groupe de 10 soldats.

L’incident aurait pu ne pas avoir de publicité… tant il est vrai que cela fait désordre. Sauf que l’ancien béret vert et journaliste de guerre Michael Yon, alors intégré aux forces canadiennes, a sorti cette affaire via son compte Twitter, suivi par plus de 11.000 personnes. Ce qui a contraint, en avril dernier, le brigadier-général Ménard à annoncer à la presse qu’il faisait l’objet d’une enquête militaire au sujet de cet incident.

Quoi qu’il en soit, ces coups de feu inopinés ont valu à l’officier une comparution devant la cour martiale, laquelle lui a infligé, le 25 mai, une amende de 3.500 dollars canadiens pour « négligence ».

Mais ce n’est pas cette affaire qui lui aura valu d’être relevé de son commandement en Afghanistan. Cette décision, prise le 29 mai dernier, a été motivée par des allégations selon lesquelles le général Ménard aurait eu une « conduite inappropriée (…) selon les directives de relations personnelles et de fraternisation des Forces canadiennes ». Ce qui, signifie, en clair, que l’officier aurait eu une relation plus que fraternelle avec une de ses subordonnée alors qu’il est marié.

D’où la « perte de confiance » du patron du Commandement de la Force expéditionnaire du Canada (COMFEC) le lieutenant-général Marc Lessard, sur la « capacité » du brigadier-général Ménard à commander.

Les allégations en question ont été une nouvelle fois faites par Michael Yon… « Le secret le moins bien gardé de à la Force opérationnelle de Kandahar, c’est les relations adultères du brigadier-général Ménard avec des soldats féminins sous son commandement à Kandahar Airfield. Il s’agit d’un commandant distrait et égoïste. Il ne devrait pas diriger des troupes qui sacrifient tout » avait-il ainsi écrit.

« Il n’ya aucun doute dans mon esprit, l’impact sur sa carrière serait désastreux, car être le chef, ce n’est pas seulement être mieux payé que les autres et avoir de l’autorité. Il faut aussi donner l’exemple et être d’une éthique sans reproche, surtout quand on impose des conditions de vie austères à ceux qui sont sous nos ordres » a estimé, à propos du brigadier-général Ménard, l’ancien lieutenant-colonel Remi Landry, actuellement chargé de cours à l’Ecole de politique appliquée de l’Université de Sherbrooke, au quotidien « Le Soleil ».

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