La vente de chars Leclerc d’occasion à la Colombie se complique

Les rapports entre la Colombie et le Venezuela sont tendus depuis quelques temps. Les sujets de frictions concernent notamment la mansuétude de Caracas vis-à-vis des FARC, le mouvement rebelle marxiste colombien ou encore les relations militaires entre Bogota et Washington, qui déplaisent fortement à Hugo Chavez, le président venezuelien, soutenu par les autres chefs d’Etat de la région qui adhérent à son idéologie « altermondialiste ».

Aussi, le risque d’un conflit entre ces deux pays, qui partagent ue frontière commune de 2.000 km, revient de manière récurrente dans l’actualité, sur fond d’accusations d’espionnage de l’une ou l’autre partie. En novembre dernier, par exemple, Hugo Chavez avait demandé à son armée de se préparer à cette éventualité. Ce qui avait été perçu comme « une menace de guerre » par son homologe colombien Alvaro Uribe.

Dans ce contexte, la Colombie cherche à acquérir des chars lourds afin de renforcer ses capacités militaires. Ainsi, la France lui a proposé une quarantaine de chars Leclerc de la première tranche (version S1) livrée intialement à l’armée de Terre et mis sous cocon après leur retrait du service opérationnelle lors de l’arrivée dans les unités de modèles plus modernes.

Seulement voilà, ce marché potentiel intéresse d’autres pays qui ont fait des offres susceptibles de concurrencer celle proposée par la France. Ainsi, les Pays-Bas comptent revendre des chars Leopard 2, de fabrication allemande. En 2006, l’armée néerlandaise en avait 180 encore en service, sur les 445 exemplaires achetés.

L’Italie a également proposé de vendre des chars Ariete de la société IVECO, de même qu’Israël, qui est entré en lice avec le Merkeva et la Corée du Sud, qui compte placer des K-1A1 développé par Hyundai sur la base du M-1 Abrams américain.

Selon la lettre spécialisée TTU, les militaires colombiens vont prochainement évaluer sur le terrain les capacité du Merkeva et du K-1A1. La compétition s’annonce donc serrée et compliquée pour le Leclerc, qui peut être « plombé » par le coût exorbitant de son maintien en condition opérationnel (MCO) : les 254 exemplaires en service en France consomment entre un quart et un tiers du budget alloué à l’entretien de l’ensemble des matériels de l’armée de Terre, lequel s’élève à 558 millions d’euros.

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