Un caporal s’en prend à la Légion étrangère

Le caporal Bruno Lavenant, six ans de service, a été muté au 4e Régiment Etranger (RE) de Castelnaudary en août 2009. Depuis une visite médicale effectuée en 2006, il est dispensé de porter des charges lourdes en raison de graves problèmes au dos.

Seulement voilà, en mars dernier, il lui est ordonné de décharger des camions. Pendant deux semaines, il manipule ainsi , avec deux autres camarades, une dizaine de tonnes de matériel par jour. Jusqu’à ce qu’un accident vienne, le 26 mars : le caporal est terrassé par une violente douleur.

Il lui faudra alors attendre trois jours de plus pour consulter un médecin du régiment, lequel lui signe un arrêt de travail et contacte le capitaine du légionnaire pour obtenir des explications quant à mission qui lui avait été demandée d’accomplir, en dépit de la dispense qui lui avait été accordée.

L’affaire aurait pu en rester là. Mais hospitalisé à Carcassonne depuis le 1er avril, le caporal apprend que le cahier de rapport du régiment mentionne qu’il sera puni pour avoir été absent de son travail. Ce qui fait sortir le légionnaire de sa réserve et le pousse à contacter la presse et à prendre un avocat.

« On nous dit que la Légion, c’est une grande famille, où l’on est solidaire : c’est la super désillusion. Quand quelqu’un est cassé, je sais que la Légion s’en fout. Je reviens du Tchad où j’ai ramené deux copains en morceaux dans des sacs plastiques (*), leurs femmes se démènent encore pour avoir une aide. Moi, je suis maintenant handicapé à 99%. Peut-être que je monte à l’échafaud, mais tant pis, je vais me battre. Il faut que les chefs assument » a-t-il ainsi déclaré au Midi Libre.

Pour le 4e Etranger, les choses sont claires : le caporal aurait dû rendre compte par la voie hiérarchique qu’il a été contraint d’effectuer un travail non conforme à la prescription médicale dont il avait fait l’objet quelques années plus tôt. Or, il ne l’a pas fait. Aussi, pour le capitaine Joffredo, cité également par le Midi Libre, « si quelque chose s’est passé, la hiérarchie (…) prendra des mesures. Notre médecin sait ce qu’il a et son emploi et conforme avec les prescriptions médicales en vigueur. Il n’y a pas de souci là-dessus ».

Cela étant, ce n’est pas l’avis de Me Olivier Trilles, l’avocat du caporal Lavenant, qui trouve « étonnant » que le commandement n’ait pas été au courant de l’état médical de son client. « Je proposerai donc une procédure amiable ou judiciaire, étant donné que les conditions 223-1 du Code pénal sont réunies dans sens où il y une inobservation du règlement en la matière, qui a causé à M. Lavenant une blessure grave, voire une infirmité permanente, ce que les médecins nous indiqueront ultérieurement » a-t-il ainsi déclaré à L’Indépendant.

(*) Zone Militaire n’a pas eu de précisions concernant les faits mentionnés par le caporal Lavenant.

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