Morin s’interroge sur la défense antimissile de l’Otan

31 mars 2010 – 20:46

Le 12 mars dernier à Varsovie, et plus récemment encore à Bruxelles, le secrétaire général de l’Otan, Anders Fogh Rasmussen, a plaidé pour la mise en place d’une défense antimissile pour les pays membres de l’Otan, laquelle s’appuierait sur l’architecture du bouclier américain.

De passage à Paris, l’ancien Premier ministre danois a eu l’occasion d’aborder ce sujet avec Hervé Morin, le ministre français de la Défense. Or, et bien que le Livre blanc sur la Défense et la sécurité nationale préconise la mise en place d’un système de détection avancée des tirs de missiles balistiques, ce dernier n’est pas totalement convaincu de l’utilité d’un système antimissile. « Dans l’histoire de l’humanité, le bouclier l’a-t-il remporté sur le glaive » a-t-il ainsi demandé lors du salon aéronautique de Dubaï en 2009.

Ainsi, pour Hervé Morin, développer un bouclier antimissile signifierait un manque de confiance dans la dissuasion nucléaire. En termes plus triviaux, ce serait comme porter une paire de bretelles avec une ceinture.

Aussi, quand Anders Fogh Rasmussen présente la défense antimissile comme étant une « mission » de l’Otan, le ministre français exprime son besoin d’obtenir une « série d’éclaircissements », tels que « le coût » d’un tel programme, « l’analyse de la menace » et le « rôle des Européens, sachant que les propositions américaines parlent de commandement et de contrôle ».

« A quelle menace répond-on, à quels risques et à quels vecteurs » s’est-il encore interrogé lors de la conférence de presse qu’il a donnée en compagnie du secrétaire de l’Otan à l’Hôtel de Brienne, ce 31 mars.

Toujours selon Hervé Morin, la mise en place d’un système antimissile ne doit pas se faire « au détriment de capacités militaires qui font déjà souvent défaut aux Européens » comme « les hélicoptères ou les moyens de transport », ce qui risque d’être le cas étant donné « les contraintes budgétaires » du moment.

Petite concession toutefois : le ministre français a reconnu que « la défense antimissile doit se concevoir plutôt comme un complément de la dissuasion » nucléaire. C’est aussi la position défendue par Anders Fogh Rasmussen.

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  1. 4 commentaires à “Morin s’interroge sur la défense antimissile de l’Otan”

  2. « Ainsi, pour Hervé Morin, développer un bouclier antimissile signifierait un manque de confiance dans la dissuasion nucléaire. En termes plus triviaux, ce serait comme porter une paire de bretelles avec une ceinture. »

    il montre encore une fois son incapacité . Penser ce genre de choses est frappant de médiocrité. Quand un missile est tiré sur un pays, la riposte nucléaire n’est pas forcément évidente, exemple : Israël et Palestine, ou Israël et Irak.

    Après estimer que la défense anti missile peut être riqué en terme de financement militaire c’est possible mais c’est un calcul à faire.

     » le ministre français a reconnu que « la défense antimissile doit se concevoir plutôt comme un complément de la dissuasion » nucléaire. »

    pendant quelques secondes il a eu un éclair de lucidité, fabuleux !

    Par Montjoie! on mar 31, 2010

  3. Oui Cher Montjoie le poste de Ministre de la Défense (comme les autres ministères) est confié non pas sur les capacités de l’individu, car après tout il n’y aurait pas de personnel à ce poste les armées ne s’arrêteraient pas pour autant de mener à bien leurs missions, mais en fonction d’un poste à pourvoir. En revanche, il y a une armada de conseillers en tous genres qui sont censés connaître les dossiers. Or, on peut s’apercevoir que quelques uns sont de véritables billes, issus du sérail 1968 avec tout ce que cela comporte de connaissances tronquées par les grèves à répétition et des diplômes obtenus au rabais. Donc rien d’étonnant aux absurdités dites par un Ministre sous couvert d’experts…Il suffit d’un remaniement ministériel de plus pour voir apparaître Roseline à la Défense, mdr. Sous certains aspects la France est restée dans ses vieilles traditions : »la guerre est une chose trop grave pour la confier à des militaires » disait Clémenceau. Aujourd’hui nos armées comportent dans ses rangs plus de bacheliers et d’ingénieurs que dans bien d’autres institutions, c’est dire que les données ont bien changées, sauf les mentalités des gouvernants.

    Par Albuhéra on avr 1, 2010

  4. Les politiques restent fixés sur la doctrine nucléaire « socle » conçue il y a 50 ans, en perpétuant la particularité française d’avoir toujours une guerre de retard.
    La dissuasion nucléaire ne fonctionne pas pour certains esprits illuminés par la religion. Elle nécessite donc d’être en mesure de répondre à la menace potentielle du missile bricolé porteur d’une bombe bricolée par un pays n’ayant pas déclaré la guerre.
    Les grecs vont recevoir des SM-3 US qui seront basés à terre. Les allemands et les néerlandais devraient mettre des SM-3 sur leurs navires.
    Et nous avons une société (MBDA) qui produit l’Aster 15 et 30 et qui serait en mesure de produire un SM-3 européen.
    Et pendant ce temps là l’ineffable Morin traîne les pieds. En évoquant des problèmes financiers alors qu’il a tout fait pour sauver le programme A400M sans tenir compte des problèmes financiers.
    C’est ridicule, doctrinaire et dangereux.

    Par Gwydyon on avr 1, 2010

  5. @ gwydyon
    la france n’a pas une guerre de retard comme tous les autres pays a l’exception d’un seul , le plus grand, sur qui on se base car seul pays « moderne » a faire encore la guerre , les USA.
    On se sert toujours des USA comme reference, car ils veulent nous l’imposer pour vendre leur armement et ainsi « controler » et « prevoir »le type de guerre auquel ils s’attendent et ainsi mieux les contrer.comme au poker, si on connait les cartes des autres on peut savoir quand miser.

    Et oui en europe on pourrait faire une defense anti missile rapidement et avec moin d’investissement qu’aux USA sauf que personne veut mettre l’argent sur la table.

    Par aeroxavier on avr 1, 2010

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