A400M : Les surcoûts s’élèvent à 550 millions d’euros pour la France

Après de longs mois de discussions, un accord portant sur le financement des plus de 5 milliards d’euros de surcoûts générés par le programme d’avion de transport A400M a enfin été rendu officiel le 5 mars dernier.

Ainsi, et conformément à ce qui était annoncé, les Etats clients de l’appareil ont accepté une hausse de prix de 2 milliards d’euros par rapport au contrat initial (20 milliards pour 180 avions) et complété leur offre avec des avances remboursables gagées sur les ventes à l’exportation de l’A400M pour un montant total de 1,5 milliard d’euros. En outre, ils se sont engagés à accélérer les paiements avant livraison sur la période 2010-2014.

Ces dispositions entre les clients et EADS, la maison-mère d’Airbus Military, qui développe l’A400M, feront l’objet d’un « nouvrau contrat pour le mois de juin, probablement avant » a indiqué le ministre français de la Défense, Hervé Morin, au cours d’une conférence de presse donnée à l’Hôtel de Brienne ce 8 mars.

« L’accord précisant les modifications apportées au contrat va être signé dans les tous prochains jours par l’Occar (ndlr: Organisation Conjointe de Coopération en matière d’Armement) et Airbus Military » a-t-il encore ajouté avant de préciser qu’il faudait « ensuite une période de un ou deux mois pour finaliser l’avenant au contrat ».

Autre information donnée par le ministre : la France a maintenu sa commande de 50 appareils et le premier exemplaire sera livré à l’armée de l’Air au début de l’année 2013 et le dernier, en 2024, ce qui fait un retard de « quatre à cinq ans » sur le calendrier initial.

Les autres pays clients se sont engagés à ne pas réduire leur « commande globale » de « plus de dix avions ». Cela étant, le prix supplémentaire à payer pour Paris sera de 550 millions d’euros, ce qui représente, toujours selon Hervé Morin, « moins de 10% » du coût initial du programme.

Quant à EADS, il lui faudra passer une nouvelle provision de 1,7 milliard d’euros, en plus de celle de 2,4 milliards déjà prévue pour financer le dérapage financier du développement de l’A400M. Du coup, le résultat net au titre de 2009 du groupe européen d’aéronautique et de défense sera négatif.

Cependant, un abandon du programme aurait été sans doute encore plus dommageable pour EADS, qui peut par ailleurs espérer ventre entre 250 et 400 A400M à l’exportation dans les années qui viennent.

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