Décès d’un ancien des Forces navales françaises libres, compagnon de la Libération

Les compagnons de la Libération ont perdu l’un des leurs. En effet, Elie Touchaleaume s’est éteint à l’âge de 95 ans, ce 5 mars, à Boulogne-Billancourt.

Né le 15 octobre 1914 à Lormes (Nièvre), Elie Touchaleaume s’engage dans la Marine en 1936, après ses études secondaires qu’il a suivies à Saint-Brieuc. Nommé aspirant quelques mois plus tard, il devient enseigne de vaisseau de 1ere classe en 1938.

Au moment de la déclaration de guerre entre la France et l’Allemagne en septembre 1939, il est officier sur le contre-torpilleur Le Terrible. Lors des opérations de Dunkerque et aux évacuations du Havre et de Cherbourg, en juin 1940, il commande le Chasseur 13 puis le Chasseur 41.

Refusant la défaite, le jeune officier de marine quitte la France le 17 juin 1940 pour rallier Portsmouth en Angleterre. Très vite, il se rallie à la France Libre du général de Gaulle. Mais, faute de bâtiments français à armer, il demande à l’amiral Muselier de former un bataillon de fusiliers marins (BFM) pour continuer le combat. Ce qui est accordé.

C’est ainsi qu’avec d’autres marins de la France Libre, Elie Touchaleaume suit une instruction donnée par des légionnaires de la 13e Demi-Brigade de Légion étrangère (DBLE), revenue de l’expédition de Narvik quelques mois plus tôt.

Avec le 1er BFM, Elie Touchaleaume prend part aux opérations de Dakar, du Gabon et de Syrie. Blessé au cours de cette dernière, il ne peut plus servir au sein du bataillon et prend un commandement à la mer.

En décembre 1941, il est nommé commandant du patrouilleur Viking, chargé d’effectuer des missions d’escorte en Méditerranée orientale, avant d’être coulé en avril 1942 par un sous-marin allemand au large de Saïda.

Quelques jours après ce naufrage, Elie Touchaleaume est nommé commandant en second de l’aviso La Moqueuse, qui navigue, comme le Viking, en Méditerranée. Mais un an plus tard, c’est l’Atlantique nord qui attend l’officier. En effet, il prend le commandement de la corvette Lobelia, dont la mission consiste à escorter des convois d’Islande, de Terre-Neuve et d’Halifax. Sous ses ordres, ce bâtiment réussira à couleur un sous-marin allemand.

En septembre 1944, Elie Touchaleaume devient chef du 2e bureau (renseignement) de l’Etat-major de la Marine à Brest. C’est d’ailleurs qui recevra la reddition de l’amiral allemand Ramke lors de la libération de la capitale du Finistère. Après avoir participé au siège de Lorient avec les FFI, il est chargé de réorganiser les services de la marine en Bretagne.

A l’issue d’un cours passage aux services de presse et d’information du ministère de la Marine, Elie Touchaleaume rejoint l’Etat-major du haut-commissaire de France à Saïgon, en octobre 1945. Membre du cabinet du ministre de la Marine en 1947, il quitte ses fonctions un an plus tard avec le grade de capitaine de corvette pour retrouver la vie civile et être employé en Egypte, à la compagnie du Canal de Suez.

Lors de l’affaire de Suez, il est rappelé à l’état-major de l’amiral Barjot, d’août 1956 à février 1957. Cadre de l’industrie pétrolière, il est nommé capitaine de frégate de réserve en 1962.

Avec sa disparition, il ne reste plus que 43 Compagnons de la Libération en vie sur les 1036 hommes et femmes nommés dans cet Ordre créé par le général de Gaulle.

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