Un faux agent de la DGSE condamné

23 février 2010 – 23:11

Il n’y a pas à dire, évoquer son appartenance à la DGSE en dialoguant avec des femmes en mal d’amour et de grands frissons peut être rangé dans les techniques de séductions qui marchent. En tout les cas, un certain Bruno Ighil, 42 ans, n’a pas hésité à avoir recours à ce subterfuge pour conquérir le coeur de quelques célibataires en goguette sur des sites Internet de rencontre.

Prétendant détenir le grade de capitaine de corvette et servir au sein d’un commando de marine, Bruno Ighil n’hésitait pas à parler ouvertement de son travail pour la DGSE à des inconnues. Que ces dernières n’aient pas eu la puce à l’oreille devant ces incohérences peut être compréhensible. Tout le monde n’est pas spécialiste des affaires de renseignement et ne peut, par conséquent, déceler la supercherie (eh oui, les forces spéciales ne font pas partie de la DGSE, qui a son propre service « Action »).

En revanche, quand le supposé espion – nom de code « rasoir » – laissait traîner négligemment des courriers « confidentiels » lors de visites de ses conquêtes, culture militaire ou pas, cela aurait pu semer au moins le trouble dans leur esprit… Toujours est-il que selon l’expression, « plus c’est gros, plus ça passe », Bruno Ighil a quand même escroqué, de janvier 2006 à novembre 2007, au moins sept jeunes femmes, en jouant les OSS117 ou en prétendant être pilote de chasse (profession qui impressionne aussi la gent féminine, ce qui explique qu’elle est en vogue chez les mythomanes).

Attentionné et gentil, le faux agent de la DGSE n’avait pas trop de mal à séduire ses proies. Lesquelles devaient payer les additions au restaurant quand il « oubliait » sa carte de crédit; ce qui fait quand même un peu désordre pour un supposé maître espion. Mais l’imposture de Bruno Ighil ne s’arrêtait pas à ce genre d’étourderie. En fait, il a extorqué plusieurs milliers d’euros à ces victimes, lesquelles devaient sans doute penser de bonne foi que la Piscine était un peu chiche sur les frais de mission..

Une fois l’oie plumée, notre faux espion donnait le prétexte d’une opération secrète à l’étranger pour couper les ponts et se mettre en quête d’une autre victime. Finalement, son petit jeu découvert, une plainte avait été déposée en mai 2007. Arrêté en décembre de la même année, il avait reconnu les faits et promis de rembourser au moins 50.000 euros à ses victimes. Peine perdue, et pas faux espion pour rien, il s’envola dans la nature après son audition par la justice. Repris en octobre 2008 alors qu’il s’apprêtait pour l’Egypte, il a profité d’être placé sous contrôle judiciaire pour se faire la malle une nouvelle fois.

Depuis, le tribunal de Bourg-en-Bresse l’a condamné, le 17 février, à 20 mois de prison, dont 8 avec sursis, pour escroquerie.

Share/Save/Bookmark

Tags: , , ,

Faire un commentaire