Entre 300 et 350 gendarmes européens de plus en Haïti

Alors que les Etats-Unis ont déployé 20.000 militaires pour venir en aide à la population haïtienne, durement éprouvée par le séisme qui a détruit une partie de leur pays, les ministres des Affaires étrangères de l’Union européenne se sont mis d’accord, le 25 janvier, pour y envoyer entre de 300 à 350 gendarmes afin de renforcer les effectifs de la Minustah, la force des Nations unies pour Haïti et de surveiller la distribution de l’aide humanitaire.

Cela étant, la mission de ces gendarmes ne s’arrêtera pas là puisque cette mesure vise également à assurer à l’Union européenne une certaine visibilité. « Il s’agit de représenter l’UE en Haïti » a en effet valoir Miguel Angel Moratinos, le ministre espagnol des Affaires étrangères.

Car au-delà de la réponse humanitaire à apporter à ce drame, plusieurs responsables européens ont dit regretté que l’UE soit releguée au second plan alors que son effort financier pour les sinistrés – 430 millions d’euros – est plus important que celui fait par Washington. « Sans entrer dans une compétition grotesque avec les Etats-Unis, l’Europe doit montrer davantage ses couleurs » a ainsi résumé Pierre Lellouche, le secrétaire d’Etat français aux Affaires européennes.

Cela étant, ces renforts seront fournis par la Force de gendarmerie européenne (FEG), qui regroupe les pays la France, l’Italie, l’Espagne, les Pays-Bas, le Portugal et la Roumanie. Pour l’instant, seuls quatre pays ont annoncé une contribution. En effet, Paris compte y affecter 140 gendarmes (une centaine sont déjà en Haïti), pendant que Rome prévoit d’y engager 100 carabiniers. Le reste des effectifs viendra des Pays-Bas (60 hommes) et de l’Espagne.

Par ailleurs, et à l’initiative de la France, un projet de création d’une force humanitaire d’urgence européenne a été soumis aux 27. Si une telle idée a déjà été repoussée à deux reprises (en 2003 et en 2007), il semblerait qu’elle soit désormais acceptée dans son principe. Le haut-représentant de l’UE pour les Affaires étrangères, la britannique Catherine Ashton, durement critiquée pour son inaction dans les jours qui ont suivi la catastrophe en Haïti, devrait en étudier les modalités.

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