L’enjeu stratégique du plateau du Golan

21 décembre 2009 – 17:47

Depuis mai 2008, la Syrie et Israël ont relancé des négociations de paix avec la Turquie pour médiateur. Interrompues lors de l’opération israélienne « Plomb durci » à Gaza, en décembre de la même année, ces discussions pourraient reprendre avec l’intermédiaire de la France. En effet, le Premier ministre de l’Etat hébreu, Benyamin Netanyahu, a indiqué, le 7 décembre dernier, préférer Paris à Ankara pour poursuivre le dialogue avec Damas.

Seulement, ces négociations butent sur un point : la restitution à la Syrie du plateau du Golan. Ce dernier, conquis avec la Cisjordanie, la bande de Gaza et le Sinaï par Tsahal, lors de la Guerre des Six jours, en 1967, a finalement été annexé par Israël en 1981. Depuis, Damas fait du retrait israélien de ce territoire une condition préalable à tout traité de paix avec son voisin.

« La récupération par la Syrie de sa terre occupée n’est pas négociable, car c’est un droit reconnu par les résolutions de l’ONU » a récemment affirmé le ministre syrien des Affaires étrangères, par voie de communiqué, après le vote par la Knesset d’un projet de loi imposant un référendum préalable à un éventuel retrait du Golan.

Depuis 1967, Israël a restitué le Sinaï à l’Egypte, en 1979, en échange d’un traité de paix. Il faudra attendre 2005 pour que la bande de Gaza soit placée sous un statut d’autonomie interne. Il reste donc le cas de la Cisjordanie et celui du plateau du Golan, qui est devenue une zone démilitarisée, suite à l’Accord sur le dégagement des forces israéliennes et syriennes, lequel est contrôlé depuis 1974 par la Force des Nations unies chargées d’observer le dégagement (FNUOD), dont le mandat a été renouvelé le16 décembre.

Cependant, le plateau du Golan a une particularité capitale pour Israël : c’est un territoire riche en eau. Si l’on en croit certaines estimations, la population israélienne pourrait passer de 5,3 millions à 7 millions d’habitants en 2015. Et dans une région où cette ressource est rare, l’on comprend bien les réticences du gouvernement israélien à céder sur ce point, car rendre cette terre équivaudrait pour l’Etat hébreu à manquer d’eau, le Golan représentant 35% de ses approvisionnements. Aussi, tant qu’aucune solution concernant ce problème ne sera trouvée, les chances de voir un accord de paix signé entre Israël et la Syrie seront minimes, pour ne pas dire inexistantes.

Vidéo : Un cours magistral du général de Gaulle sur la situation au Proche-Orient.

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  1. 2 commentaires à “L’enjeu stratégique du plateau du Golan”

  2. Quelle belle maîtrise du sujet! dans sa réponse il fait un détour historique précis, puis aborde le présent avec la position de la France en cas d’affrontement des deux puissances en cause, et enfin il conclu parle futur géostratégique d’Israël au cas où il lui prendrait l’envie de commencer les hostilités. 42 ans plus tard, Israël supporte le poids de sa faute et sa mise à l’index par les pays arabes. Homme d’Etat d’une extrême intelligence, il accapare son auditoire par des paroles empruntes de mots justes. En plus de ces qualités de Chef d’Etat c’était un visionnaire hors pair. Nous ne sommes pas prêt d’avoir, de nouveau, à la tête de la France un personnage aussi brillant.

    Par Albuhéra on déc 21, 2009

  3. Il y avait là un « morceau de président ». Un homme unique en son genre. De la trempe des Napoléon, Churchill et autres Mustafa Kemal…

    Des hommes qui ont fortement influencé la trajectoire de leur pays.

    Mon général, votre absence nous fait bien défaut.

    Par Rumi on déc 22, 2009

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