Nouvelle saisie d’armes d’origine nord-coréenne

Depuis la résolution 1874 adoptée en juin dernier par le Conseil de sécurité des Nations unies en réponse à l’essai nucléaire souterrain réalisé une vingtaine de jours plus tôt par Pyongyang, le commerce des armes en provenance de la Corée du Nord est interdit.

Bien évidemment, cela prive le régime nord-coréen d’une manne substantielle eu égard à sa situation économique, la vente d’armes lui rapportant, annuellement, une somme estimée à 1 milliard de dollars.

Pour appliquer cette interdiction, les sanctions de l’ONU autorisent les inspections de cargaisons suspectes d’origine nord-coréennes. C’est ainsi que, sur la base d’un renseignement américain, un porte-conteneurs australien, l’ANL Australia, a été intercepté en juillet par les autorités des Emirats arabes unis. L’inspection du navire avait permis de mettre la main sur plusieurs types d’armes classiques, fabriquées en Corée du Nord et dont la destination semblait être l’Iran.

Quelques semaines auparavant, un cargo nord-coréen, le Kang Nam, avait été contraint de retourner vers Nampo, son port d’attache sous la pression du destroyer américain USS McCain. Selon les services de renseignement, le navire avait pour mission de transporter des armes vraisemblablement vers la Birmanie.

Dernière affaire en date, qui illustre bien les méandres du trafic d’armes international : celle de l’avion cargo IL-76, parti de Corée du Nord et repéré par la police thaïlandaise lors d’un escale à Bangkok. L’appareil, immatriculé au nom d’une ancienne compagnie de transport aérien géorgienne, Air West, aurait été loué, selon les autorités de Tbilissi, par une société basée en Ukraine. Notons qu’au passage, ce pays avait été au centre d’une polémique, l’an passé, lors de l’interception par les pirates somaliens d’un cargo chargé de chars d’origine russe, destinés à de mystérieux clients africains (les soupçons portèrent sur le Sud-Soudan).

Sur les cinq membres de l’équipage de l’Ilyouchine, qui ont été arrêtés, quatre sont de nationalité kazakhe et un est originaire de Biélorussie. Officiellement, du moins d’après ce qui était indiqué sur le livre de bord, la cargaison transportée était constituée de matériels de forage pétrolier. En fait, les policiers thaïlandais ont saisi 35 tonnes d’armes, dont des lance-roquettes et des composants de missiles sol-air d’origine nord-coréenne.

Pour leur défense, le personnel navigant de l’avion, qui ont tous un brevet de pilote, ont déclaré ignorer transporter des armes. On les comprend : ils risquent une peine de dix ans de prison pour ce genre de trafic. Toujours est-il que cette affaire est présente quelques mystères.

La destination de ce chargement est pour l’instant inconnue. On peut supposer qu’il était adressé à un pays qui a l’habitude de type de commerce avec la Corée du Nord. On pense bien évidemment à l’Iran, à la Syrie, à la Birmanie mais aussi, et de façon générale, à tous les Etats mis au ban de la communauté internationale.

Enfin, l’on peut également se demander les raisons qui ont conduit l’Ilyouchine à se poser à Bangkok alors qu’il aurait pu faire escale non loin de là, par exemple à un aérodrome birman qui aurait été tout disposé à l’accueillir. La police thaïlandaise serait intervenue sur la foi d’un renseignement transmis par les Etats-Unis. Cette information n’a pas été confirmée par les autorités américaines. L’a-t-il fait par la contrainte? C’est une hypothèse crédible.

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