Afghanistan : L’Italie enverra environ 1.000 hommes en renfort

3 décembre 2009 – 19:05

Après l’exposé du président Obama concernant la stratégie qu’il entend mener en Afghanistan, le secrétaire à la Défense, Robert Gates, n’a pas tardé à signer les ordres de déploiement de 30.000 hommes supplémentaires qui viendront renforcer le contingent américain déjà présent dans le pays.

« Les premières unités vont probablement partir dans quelques semaines. La très grande majorité des forces américaines sera sur place d’ici à la fin du mois de juillet, la totalité probablement d’ici fin août, début septembre » a précisé Robert Gates à la chaîne de télévision PBS.

Pour atteindre le niveau des renforts demandés (40.000) par le général Stanley McChrystal, le commandant de la Force internationale d’assistance à la sécurité et des troupes américaines déployées en Afghanistan, les Etats-Unis comptent avant tout sur leurs partenaires de l’Otan.

Le secrétaire général de l’Alliance atlantique, Anders Fogh Rasmussen, en a appelé à la solidarité entre alliés pour fournir au moins 5.000 hommes supplémentaires, voire plus. « En ce moment important, l’Otan doit démontrer son unité et sa force une nouvelle fois. Tous les alliés doivent faire davantage » a-t-il déclaré. « Les Américains ont opté pour une approche multilatérale et je crois qu’ils commenceront à mettre en doute cette approche si les autres alliés ne prennent pas leur part du fardeau » a-t-il encore prévenu.

La France et l’Allemagne ont indiqué attendre les résultats de la conférence internationale sur l’Afghanistan, prévue le 28 janvier prochain, avant de se prononcer sur un renforcement éventuels de leur contingents respectifs. Mais Paris, qui jusque là a toujours considéré avoir fait un effort important en envoyant des troupes en Kapisa, sous commandement américain, en 2008, pourrait augmenter sa contribution afin de former l’armée afghane, via le dispositif OMLT (Operational Mentoring Liaison Team). La position française est quasiment la même que celle défendue par la Turquie, dont le contingent de 1750 hommes est stationné dans les environs de Kaboul.

D’autres pays de l’Otan n’ont pas attendu cette échéance pour se prononcer. Avant même l’annonce officielle de la nouvelle stratégie élaborée à Washington,  les Pays-Bas et le Canada avaient fait savoir qu’ils se retireraient militairement en 2010 et en 2011. A contrario, le Royaume-Uni avait déjà annoncé l’envoi de 500 militaires de plus, tout comme la Slovaquie, qui compte, avec 250 hommes.

La Pologne a quant à elle promis de renforcer son contingent de 600 soldats et l’Espagne s’apprête à en faire autant, avec 200 soldats, si le Premier ministre espagnol obtient gain de cause auprès du Parlement.

Pour l’instant, l’effort le plus important en matière de renfort est accompli par l’Italie. En effet, le ministre italien de la Défense, Ignacio La Russa, a indiqué, ce 3 décembre, que son pays compte déployer en Afghanistan environ 1.000 militaires de plus mais ce chiffre n’est pas encore définitif. La décision finale sera prise à l’issue d’une rencontre entre le ministre des Affaires étrangères, Franco Frattini, et son homologue américaine, Hillary Clinton.

L’Italie, qui avait participé à l’opération américaine Iraqi Freedom, compte sur le retrait d’autres troupes, actuellement engagées au Liban et dans les Balkans, pour avoir la marge de manoeuvre nécessaire à l’envoi de ces nouveaux renforts, qui porteraient le contingent italien à 3.795 hommes, soit à un niveau légèrement supérieur à celui déployé par la France.

« Environ 1.000 soldats rentreront du Kosovo en 2010 et nous en récupérerons au moins 200 autres au Liban » a précisé Ignacio La Russa au quotidien Corriere della Sera. « Ce qui compte en fait, ce n’est pas 100 hommes en plus ou en moins mais la nouvelle stratégie » a-t-il poursuivi. « Les Américains pensaient avant qu’il faut sécuriser d’abord une région avant de la reconstruire alors que maintenant ils sont convaincus que les deux choses doivent aller de pair, comme l’ont toujours fait les militaires italiens » a-t-il estimé.

Depuis son engagement en Afghanistan, l’armée italienne a perdu 21 hommes, dont 6 parachutistes en septembre dernier, dans un attentat perpétré à Kaboul.

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  1. 6 commentaires à “Afghanistan : L’Italie enverra environ 1.000 hommes en renfort”

  2. et en france ca gratte le fond des casernes
    et la france veut une europe forte mais meme quand on peut le montrer on ne le fait pas.

    Par aeroxavier on déc 3, 2009

  3. Je trouve que cette coalition, dans ses effectifs, est faite de bric et de broc et que malgré le nombre croissant de militaires cela ne fera rien de plus. 100 soldats par ci, 300 par là etc. avec des engagements différents selon les pays, cela ne fait pas très sérieux. Mieux vaudrait deux ou trois armées compétentes payées par un organisme international de solidarité que d’envoyer le fond des casernes de partout et de nulle part. Enfin, c’est mon point de vue.
    La France, compte tenu de sa présence au Tchad, Côte d’Ivoire, Djibouti, la Somalie, le Liban, le Kossovo et bien sûr l’Afghanistan, soit plus de 10000 hommes dispersés à l’extérieur de l’hexagone sans compter les marins sur et sous les océans je ne vois pas comment un contingent de 1500 hommes pourraient renforcer le dispositif actuel en Afghanistan, sans doubler les financements, les matériels, et sans mettre de nouveau à mal l’avenir de notre défense qui aujourd’hui se refait une petite santé. De plus, on parle souvent d’argent à propos des matériels mais peu des soldes. La défense est la seule institution qui ne paie pas encore le 13ème ou le 14ème mois par exemple à ses soldats. Mieux vaut être facteur que sergent ou travailler à la banque de France que d’être officier. Les retraites qui étaient indexées sur l’évolution des points de solde des actifs c’est terminé depuis quelques années et passé d’ailleurs sous silence. Nous sommes les couillons de la Nation sur ce plan là. En fait, les services rendus ne valent pas chers aux yeux de nos politiques à peine un diplôme et ou une médaille à 25 euros. Voilà toute la gratitude que nous pouvons espérer.
    Avant d’envoyer un contingent supplémentaire, pensons à ceux qui y sont déjà en lieu et place des jeunes Afghans qui désertent leur Patrie pour venir chercher l’eldorado en Europe.

    Par Albuhéra on déc 4, 2009

  4. Il va être intéressant de voir comment l’équipe Berlusconi va gérer l’opinion publique dans les mois à venir.
    Après l’attentat de septembre qui a tué 6 soldats italiens, la population avait déjà réagit de manière très négative.

    Plus d’hommes sur le terrain, c’est plus de risques d’avoir des blessés et des morts. Difficile si cela arrivait de ne pas braquer radicalement l’opinion.

    Cordialement,

    Par Romain Mielcarek on déc 4, 2009

  5. Le point de vue :

     » Je trouve que cette coalition, dans ses effectifs, est faite de bric et de broc et que malgré le nombre croissant de militaires cela ne fera rien de plus. 100 soldats par ci, 300 par là etc. avec des engagements différents selon les pays, cela ne fait pas très sérieux. Mieux vaudrait deux ou trois armées compétentes payées par un organisme international de solidarité que d’envoyer le fond des casernes de partout et de nulle part. Enfin, c’est mon point de vue.  »

    La présence de l’UE en Afghanistan :

    Ce point de vue mérite d’être creusé. Qui est en Afghanistan ? Toute l’Europe. Oui, presque toute sauf Malte qui résiste encore et… Bref. Toute l’Union Européenne est ou a été en Afghanistan.

    Nous y menons une action militaire. C’est vrai. Nous y menons une action de formation militaire. Nous y menons des actions dites « civilo-militaire ». Tout cela est vrai.

    Pourquoi rappeller ces deux choses ?

    C’est pour rappeller que quand l’Union Européenne intervient si massivement c’est souvent de façon coordonné (Atalante, Kosovo, Bosnie, Centre-Afrique). Pourquoi ne le faisons nous pas en Afghanistan ? Nous devons disposer d’environ 30 000 hommes qui agissent sans coordination autre que celle américaine. Or, toute nos opérations passés ont montré notre expertise dans certains domaines nécessaires à la contre-insurrection.

    Le test raté de l’ambition politique :

    Pourtant cette guerre aurait du être un test. Nous aurions pu travailler profondément ensemble. Tout ce qui se nomme caveat aurait fait l’objet d’un débat européen. Tout les problèmes logistiques aurait été mutualisés. Tout les problèmes capacitaires auraient pu être posés. Et justement, quand on manque d’hélicoptère là bas, c’est vrai pour cette guerre. Comme c’est vrai pour toutes les autres interventions ! Tout les problèmes qui se présentent à nous là bas résume tout les problèmes de l’action extérieure européenne dans les missions civilo-militaire.

    Pourtant nous avons toujours plus d’outils :

    A l’heure de la Haute-Représentante (qui commande toute la diplomatie européenne), du Président du Conseil, à l’heure de l’émergence de l’Europe de la défense dans les missions civilo-militaires où l’on nous reconnaît une certaine expertise. A cette heure là ! N’est-ce pas un aveu à faire ? Nous même, nous européen, nous n’avons pas tout fait pour mener à bien cette guerre ?

    Ce que je souhaite faire savoir, c’est que Albuhéra vous avez raisons. On va en Afghanistan sans stratégie commune.

    Par Thibault Lam001 on déc 4, 2009

  6. Dans le texte, on agite que les Pays-Bas ont annoncé – même avant l’annonce de la nouvelle stratégie – qu’ils vont se retirer de l’Afghanistan. On evite quand même de dire que c’était prévu de quitter en août 2008 et que le gouvernement en 2007 a prolongé la mission encore avec 2 ans, jusqu’á août 2010. En 2007 il était donc déja clair que les Pays-Bas vont quitter l’Afghanistan en 2010 après 4 ans d’opération en Uruzgan. Est-il si mal de planifier la participation aux opération comme ça?

    Par PvS on déc 8, 2009

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