La seconde marine militaire du monde sera bientôt chinoise

2 décembre 2009 – 18:33

La marine militaire russe a du souci à se faire : elle est en passe de se faire doubler par les forces navales chinoises. C’est en tout les cas l’estimation qu’a livré Bernard Prézelin, l’auteur du livre « Flottes de combat », au supplément « Demain la mer », publié le 1er décembre par Les Echos.

Ainsi, et même si des interrogations demeurent quant à ses capacités militaires, la Chine a mis les bouchées doubles depuis les années 1990 pour se doter d’une importante force navale. Entre 1995 et 2007, ce sont plus de 40 nouveaux navires qui sont entrés en service au sein de la Marine de l’armée populaire de libération (MAPL), ce qui pourrait faire de cette dernière la seconde au monde, juste derrière l’US Navy.

Ce développement de la marine chinoise est en partie dû… aux Russes. En effet, Pékin s’est procuré auprès de Moscou quatre destroyers lance-missiles de la classe Sovremennyy afin de contrer la VIIe flotte américaine dans le cas d’une intervention dans le dossier taïwanais, ainsi que le porte-avions Varyag et des sous-marins à propulsion classique.

Par la suite, la Chine a développé sa propre industrie navale pour fabriquer des navires complexes, comme des SNLE ou des frégates antiaériennes. Selon Bernard Prézelin, un porte-avions serait même en cours de construction dans un chantier naval situé près de Shangaï.

Ce renforcement de la MAPL vient de la volonté des dirigeants chinois de sécuriser les voies d’approvisionnements en matière premières et de lancer un message à l’égard des pays de la région avec lesquels la Chine a un différend territorial. A cela s’ajoute la mise en place d’un réseau de bases navales, que l’auteur nomme le « collier de perles », ce qui permettra aux marins chinois de prendre appui autour de zones jugées stratégiques.

Face à cette montée en puissance de la marine chinoise, les pays asiatiques ne sont pas en reste. Ainsi, le Japon et la Corée du Sud développent leurs forces navales respectives, avec l’appui des Etats-Unis. L’Inde a également développé ses capacités militaires maritimes, avec la mise en service récente de son premier sous-marin nucléaire lanceur d’engins, l’Arihant.

Quant aux marines occidentales, elles sont susceptibles d’être dépassées par leurs homologues asiatiques. La Royal Navy, qui a, de tout temps, assuré la puissance britannique sur les océans, est devenue la quatrième au niveau mondial, talonnée de près par la marine japonaise. La première de toutes, l’US Navy, a vu le nombre de ses bâtiments fondre de 600 unités dans les années 1980 à 275 actuellement.

Quant à la Marine nationale, elle pourrait être « supplantée » par les forces navales indiennes. Car, même si la modernité des navires est un élément clé, il n’en demeure pas moins que leur nombre est aussi un autre facteur à prendre en considération. Comme l’indique Bernard Prézelin, « avec les frégates de types Horizon et FREMM, les sous-marins de type Barracuda et les bâtiments de projection et de commandement, elle (ndlr: la Marine nationale) est en train de se doter de navires modernes, mais ceux-ci n’auront pas le don d’ubiquité. »

Share/Save/Bookmark

Tags: , , , , ,

  1. 6 commentaires à “La seconde marine militaire du monde sera bientôt chinoise”

  2. Le tonnage est à relativiser. Et plus particulièrement pour notre Marine. Je ne contredis pas le rédacteur de Flotte de Combat. Je souhaite dire simplement que quand le renouvellement battra son plein, la lourdeur des nouveaux navires se fera pleinement sentir. Je le rejoins en ce que la baisse du nombre de plate-formes ne saurait être compenser par un tonnage plus élevé. Par contre, je pense que les  » plate-formes d’appui » de l’action marîtime vont se déplacer des frégates/avisos vers ce qui ressortira du programme BATSIMAR.

    Regardons l’alourdissement de la Royale :

    - Le renouvellement des SNLE classe Le Redoutable par des SNLE-NG classe le Triomphant ont vu un gain de poids : six fois 8000 tonnes contre quatre fois 14 000 tonnes. 4000 tonnes de gain.

    - La création de la classe Rubis (réformé Améthyste) : six sous-marins nucléaire d’attaque de 2600 tonnes. Le tout sera remplacé par six SNA Barracuda de 5100 tonnes. Soit 15 000 tonnes de gain.

    - Passage des PA classe Clemenceau à la « classe » Charles de Gaulle. Si jamais la décision était prise concernant le PA2. En prenant en considération un virtuel sisterships, ce serait un deuxième navire de 40 000 tonnes (peu probable vu la réflexion de la « doctrine). Mais ce serait un gain de 14 400 tonnes. Gain de 3940 (FREMM AA estimé à 6500 tonnes hypothétique).

    - Les 4 frégates AA remplacé par deux frégates Horizons et deux FREM AA. Gain de 3940 tonnes.

    - Le passage des 9 frégates ASM F67 et F70 aux FREMM. Gain de 7990 tonnes.

    - Le passage des 4 TCD + PH aux 4 BPC. Gain de 45 000 tonnes.

    - Changement entre les 4 pétrolier-ravitailleur et le batiment atelier à « 4 grands pétrolier-ravitailleur(-atelier ?) » de 40 000 tonnes. Gain de 78 150 tonnes.

    Compte-tenu d’éventuel erreur de calcul, d’estimation actuel qui ne reflète pas nécessairement les programmes de demain. Et compte tenu que je n’ai pas pris en compte toute les unités. J’en arrive à :

    - 493 700 tonnes de Marine Nationale.

    Il faudra rajouter le remplacement des FLF, le programme BATSIMAR (Avisos ? Floréal ?), (OPV), remplacement CMT, nouvelles Abeille Bourbon…
    La Marine Nationale modèle 2030 tendrait vers les 600 000 tonnes.

    Ne nous y trompons pas, la future colonne vertébrale de la Royale c’est le programme BATSIMAR. Il doit fournir le remplaçant des P400 et autres patrouilleurs de la marine. Il vise 20 bâtiments. Mais il ne tient pas compte du classement des avisos en patrouilleur océanique. Ni du remplacement des Floréals. Par contre, il vise plus gros (P400 vers P1400). Selon la place qu’on leur donnera dans le dispositif marin, selon la cible du programme (20 ou 30 « petits » ou 15 ou 20 Floréal « légère » ?) leurs poids variera.

    Je défends bien sûr le tonnage de notre Royale. Mais en toute honnêteté, c’est la Royal Navy qui me semble dans un état catastrophique. Je ne vais pas m’étaler là-dessus, mais il faut se préparer à un choc. Depuis le 2001 la marine nationale deviens chaque jour un peu plus la première marine d’Europe que ce soit en tonnage ou en capacité opérationnelle.

    Par Thibault Lam001 on déc 2, 2009

  3. Je ne suis pas un marin mais tout m’intéresse. Ma naïveté dans ce domaine m’a poussé à penser que la force de frappe d’un bâtiment de surface et qui plus est d’un sous-marin, surclasse le nombre et bien sur le tonnage des bâtiments. Ce en quoi, dire que telle ou telle marine est plus forte que telle ou telle autre me paraît un peu réducteur si on ne tient pas compte de l’armement qui équipe tel ou tel bateau.
    Si vous avez 20 coquilles de noix armées de lances pierres contre un croiseur armée de 20 missiles, je pense qu’il n’y aura pas photo.
    Je dis des bêtises sans doute, mais je cherche à comprendre l’analyse de Bernard Prézelin.

    PS : (hors sujet)Que pensent les politiques sur le réchauffement climatique et la pollution engendrés par toutes ces armadas sur les océans?

    Par Albuhéra on déc 3, 2009

  4. Le souci est d’avoir les navires déjà en mer là où il faut. Il faut pouvoir patrouiller les mers et ne pas être trop loin des points chaud. Par exemple l’affaire du Ponant à montrer l’intérêt de disposer de navire d’appui qui peuvent acceuillir des hélicoptère et des commandos. Le programme BATSIMAR qui remplacera nos patrouilleurs en sera influencé.

    Tout est affaire de proportion.

    Il faut choisir entre le poids en armement du navire et le nombre de navire dont on estime avoir besoin. Par exemple, le programme FREMM (Frégate Européenne Multi-Mission) a posé le problème de la dialectique entre frégates et patrouilleurs. On a estimé par le livre blanc qu’on avait besoin de moins de frégates. Mais on n’a pas dit combien de patrouilleur on avait besoin. Et pourtant, les patrouilleurs seront demain, encore plus qu’aujourd’hui, les forces marîtimes prépositionnés. C’est 34 navires les patrouilleurs aussi bien en métropole qu’au pacifique, atlantique et mer méditerannée ! Le choix de ce format est fondamentale.

    C’est un peu la même chose entre une frégate anti-aérienne Horizon et une FREDA (FREMM Anti-Aérienne). La première tire plus vers le croiseur (7000 tonnes, 48 missiles voir 64 missiles si besoin était) alors que la seconde est bien une frégate (6000 tonnes, 32 missiles max). On va en avoir deux exemplaires de chaque. Pourtant ce n’est pas le même moodèle. Pour patrouiller en Afrique, un Sagaie et un Leclerc, c’est pas du tout la même stratégie. C’est en somme le nombre contre le blindage.

    Et encore, ce n’est pas finit. Les FREMM ont une très grande disponibilité. Bien plus grande que leurs prédécesseurs. Ce qui fait qu’une FREMM fera plus qu’une frégate F67 ou F70. De plus, la réduction du nombre d’homme affecté sur chaque navire est spectaculaire. Une F67 c’était 250 membres environs. Une FREMM c’est 108 ! Avec la nouvelle génération de frégate, les allemands ont même pu se permettre de doubler les équipages sur les F125. Ces dernières restent sur zone, seul l’équipage change.

    Mais là où le rédac’ a raison, c’est que le nombre c’est le nombre. En cas d’accident ou d’incident, c’est des navires qui ne seront pas là. Dernier exemple, même un Charles de Gaulle aux dernières technique nucléaire ne nous permettrait pas de nous soustraire à l’impératif de deux porte-avions. Un équipage doublé n’y changerait rien !

    Par Thibault Lam001 on déc 3, 2009

  5. @Thibault Lam001
    Merci pour ces excellentes précisions qui éclairent ma lanterne. Je comprends effectivement qu’il vaut mieux avoir 2 ou 3 PA qu’un seul et que du point de vue des stratégies le nombre peut avoir son importance. Mais, poussant ma naïveté à l’extrême, dans un combat naval, est ce la puissance de feu qui l’emporte sur le nombre ? un sous-marin ne ferait il pas le ménage à lui seul ?

    Par Albuhéra on déc 3, 2009

  6. Dans un combat naval, l’équilibre entre l’efficacité et le nombre de plate-formes s’inverse.

    L’exemple des Malouines. La marine argentine a été privé de mer à cause d’un seul SNA britannique qui a coulé le croiseur argentin Belgrano. Ils ne se sont plus aventuré en mer après. Le rôle a été le même pour le SNA français qui a privé la marine serbe de toute action lors de la guerre de Yougoslavie.
    Donc un sous-marin de qualité avec un équipage de qualité fait basculer stratégiquement la situation en absence de lutte ASM en face.

    Encore l’exemple des Malouines. Le combat naval ne saurait se passer de l’outil aérien. Les argentins aurait pu avoir une lutte ASM, en absence de domination aérienne et naval, elle se serait faite tailler en pièce.
    Par contre, l’Argentine avait un avantage stratégique et historique. L’Exocet porté par le Super-Etendard. Avec seulement 5 SE et 5 Exocet l’Argentine a faillit faire un « hold-up ». Une frégate ASM (j’ai un doute) et une frégate AA britannique ont été touché. L’une par des bombes classiques, l’autre par un exocet. La frégate AA a été mise hors de combat. Un pays du tiers monde vient de mettre hors de combat l’une des plus puissante frégate AA du monde. Plusieurs jours plus tard, c’est un porte-aéronef qui a faillit y passer. L’argentine n’avait pas la maîtrise des airs ni navale. Mais quelques raids bien senti ont rééquilibrer les rapports.
    Les Malouines, c’est aussi la condamnation sans appel du modèle de porte-aéronef anglais et de l’Harrier. C’est dès 1982 que le modèle du porte-avions conventionnel apparaît comme le seul vrai modèle de projectionde puissance.

    L’exemple des Malouines est un cas d’école : lutte entre l’une des premières marine mondiale et celle du tiers monde.

    Donc, la présence d’un sous-marin c’est un peu la mine ultime. Plus intelligente ce n’est pas possible. Même les américains craignent les sous-marins classiques (voir location Gotlandsuédois, SSK italien). C’est la première pierre d’une dissuasion navale.

    Le sous-marin peut être une plate-forme d’Action Vers la Terre.

    Mais il ne saurait pouvoir lutter contre la menace aérienne.

    Et une fois détecté, il est déjà à moitié coulé.

    C’est la persistance de la lutte « torpilleur/contre-torpilleur ».

    Enfin, le facteur humain. Il fait quoi qu’il arrive la différence. Et lui seul.
    Pour cette dernière règle, je vous invite à voir la victoire historique de Dugay-Trouin.

    Par Thibault Lam001 on déc 3, 2009

  1. 1 Trackback(s)

  2. juil 25, 2010: Manoeuvres conjointes entre les Etats-Unis et la Corée du Sud en mer du Japon | Zone Militaire

Faire un commentaire