A400M : Pour cinq milliards de plus

2 décembre 2009 – 18:22

Récemment, EADS a fait une mise en garde sur l’interprétation « de chiffres sortis de leur contexte » concernant le développement de l’avion de transport militaire européen A400M. Toujours est-il que, selon l’édition du 1er décembre du quotidien économique Les Echos, l’audit du programme réalisé par le cabinet spécialisé PriceWaterhouseCoopers à la demande de l’OCCAR, l’agence d’armement paneuropéenne qui regroupe les sept pays clients du futur appareil, ferait état de surcoûts évalués à près de 5 milliards d’euros.

En clair, c’est la somme qu’il faudra mettre sur la table pour que le projet, lancé en 2003 pour un montant de 20 milliards d’euros correspondant à la commande de 180 appareils, soit mené à son terme. Ces 5 milliards d’euros viennent s’ajouter à la provision de 2,4 milliards pour pallier aux problèmes rencontrés lors du développement de l’avion. Au total, la facture du programme A400M s’éleverait donc à 27,4 milliards.

Actuellement, les pays clients et EADS sont en train de renégocier les termes du contrat initial. C’est donc sur la base de ces 5 milliards d’euros que vont se focaliser les discussions. Et la partie est loin d’être gagnée pour savoir qui prendra en charge une partie de ces surcoûts. L’Allemagne, qui attend 60 appareils, n’a pas l’intention de céder. « La fidélité au contrat n’est pas que de la sémantique » a déclaré, le mois dernier, le ministre allemand de la Défense.

Ces surcoûts, qui correspondent aux retards pris lors du développement de l’A400M, ne sont pas forcément à mettre au débit d’EADS et de sa filiale Airbus. Certes, le groupe européen n’est pas exempt de tout reproche, notamment sur le plan de son organisation, jugée inefficace pour gérer le programme. Mais une des principales difficultés n’est pas venue de l’avionneur mais du motoriste qui doit fournir les turbopropulseurs de l’appareil. Et puis la complexité du cahier des charges de l’avion a condamné Airbus à l’exploit. En d’autres termes, il était irréaliste de concevoir un avion de transport militaire, qui a des contraintes différentes des appareils civils, dans des délais aussi courts.

Aussi, les Etats clients de l’A400M ont eux aussi leur part de responsabilité dans la situation actuelle. En effet, si l’attente de l’A400M est tellement grande, c’est que leur flotte d’avions de transport est à bout de souffle. Sans doute qu’ils auraient dû s’y prendre plus tôt pour remplacer les Hercules et autres Transall, en service pour certains exemplaires depuis les années 1960.

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  1. 4 commentaires à “A400M : Pour cinq milliards de plus”

  2. Bravo les socialistes, merci les dom-tom et encore merci les syndicats marxistes avec vos acquis sociaux.
    Bonjour les déficits et surtout merci pour ce manque de perspertive & d’intelligence.
    Voila le résultat rien que pour l’A400, ne parlons pas du CDG ou du Rafale…
    2 septennats plus une cohabitation et toute la capacité opérationnelle de la défense est obsolète et défaillante pour 10 ans.
    Heureusement il nous reste la parade avec le 14 juillet…
    Je commence à comprendre les réticences des britanniques à s’associer dans nos aventures.

    Par ISNIPPER on déc 3, 2009

  3. Si c’est pour avoir des commentaires aussi idiots que ceux de isnipper, il vaudrait mieux désactiver les commentaires.
    Lamentable…

    Sinon, bon article, qui montre bien que la faute est partagée entre EADS (qui j’espère négociera à l’avenir des engagements raisonnables) et l’OCCAR qui a rédigé le cahier des charges, intenable. Faire un avion entièrement nouveau et avec tant d’innovations en 5 ans et un budget plancher, ce n’est pas envisageable.

    Par Paxwax on déc 4, 2009

  4. Il faut reconnaître que SNIPPER n’a pas tout à fait tord dans sont analyse politique.
    Cela dit, dans une entreprise dès qu’une nouvelle machine entre dans le bâtiment, elle fait l’objet d’un amortissement à 10 ou 20 ans, peut être moins, peut être plus. Là nous sommes dans l’entreprise Défense Nationale, et les matériels ne sont pas éternels. Il fallait donc prévoir le remplacement des C130 et C160 suffisamment tôt pour que l’avionneur travaille dans de bonnes conditions sur un matériel de pointe. Or, comme vous le dites parfaitement Paxwax, dans votre dernière phrase c’est de la folie de construire en si peu de temps un tel avion.
    C’est pourquoi, dans un autre sujet sur l’A400 je disais que nous risquions acheter une belle merde, car le projet accouche dans la douleur.
    Cette situation, concernant le renouvellement des matériels, est venue du fait que l’Armée française a pris sur ses deniers le paiement des opex des dernières années. Quand on sait le coût que cela représente, c’est sur la ligne des équipements que le fric a été pompé. Le gouvernement actuel a rétabli, dans l’urgence, la situation catastrophique dans laquelle la Défense plongeait inéluctablement et ce malgré la crise. Il faut bien dire que les restructurations ont cette fois-ci bien aidé en la matière ce qui n’avait pas été le cas lors des précédentes mutations. Donc, oui, haro sur les politiques quand c’est nécessaire mais rendons à César ce qui appartient à Jules lorsque cela va dans le bon sens car ce n’est pas fini, et par ailleurs, par rapport à certains pays européens, aujourd’hui, nous sommes plutôt mieux loti.

    Par Albuhéra on déc 4, 2009

  5. Bon article,

    Je pense qu’avant de critiquer il faudrait tenir compte de la conjoncture politique de l’époque des prises de décision, le problème principale pour les armées européennes est l’effondrement du bloc de l’est qui n’as pas été prévisible.
    Nos pays se sont engagés dans des dépenses et des recherches militaires qui visaient à contrer une possible attaque de pacte de Varsovie.
    Hors l’effondrement du bloc de l’est a entraîné un ensemble de crises dispersées demandant des moyens différents tant en matériel qu’en proportion.
    Le problème c’est que comme toute industrie, et peut-être plus que n’importe quelle industrie du fait de son caractère novateur, l’industrie militaire souffre d’une certaine inertie, la conception d’un projet coûte des milliards qui en sont rentabilisé que des années plus tard par les ventes. Les états ont donc du remplir une partie des contrats sur de l’équipement qui n’était plus adapté à leurs besoins sous peine de voir leur idustrie de la défense s’effondrer, l’intérêt d’un char lourd comme le Leclerc en Europe occidentale de nos jours par exemple.
    Quand c’était possible certains projets ont été réorientés, mais surtout il a fallu investir dans des matériels d’un nouveau type tel que l’A400 pour les opex.
    Heureusement certains projet comme le félin qui visaient à contrebalancer en partie la supériorité numérique de l’adversaire s’avèrent parfaitement adapté aux mutations actuelles des besoins de notre défense.
    Faites le compte de l’ensemble des réformes qui ont été mises en oeuvre pour faire coller les moyens aux besoins depuis 1992, comme par exemple la fin de la conscription et vous vous rendrez compte du tour de force réalisé par les politiques européens, en un tant réduit, dans une période de fragilité économique, et sans ennemi aux frontières pouvant justifier le maintient des budets militaires auprès de la population.
    La véritable irresponsabilité c’est celle de ne pas avoir, pour des raisons sociales, restructuré plus tôt les implantations et le format des forces militaires et ce pour des raisons sociales. Par contre réduire le nombre des matériels dans un pays sans ennemi (possible) aux frontières et disposant de l’arme nucléaire cela semble aller de soi.

    Par flamwolf on déc 11, 2009

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