Doutes sur le nouvel appel d’offres sur les tankers de l’US Air Force

L’appel d’offres visant à remplacer la flotte d’avions ravitailleurs KC135 de l’US Air Force, maintenant en service depuis plus de cinquante ans, avait été remporté une première fois par Boeing. Seulement, une affaire de conflit d’intérêt avait conduit à relancer le processus de sélection. Et en février 2008, le tandem constitué par EADS et Northorp Grumman remportait les faveurs du Pentagone avec le KC-45, une version américanisée de l’A330 MRTT.

Mais étant donné les 35 milliards de dollars en jeu dans cet appel d’offres, il était hors de question pour Boeing de renoncer aussi facilement. L’avionneur américain déposa donc un recours devant le Government Accountability Office (GAO, l’équivalent de la Cour des comptes) et obtint gain de cause.

Devant l’urgence à remplacer les tankers de l’armée de l’Air américaine, une troisième appel d’offres a été ouvert le 24 septembre dernier. « Nous nous sommes engagés à lancer un processus de sélection intègre et nous ne pouvons pas nous permettre le genre d’échecs, de discours coporatistes et de querelles d’entreprises qui ont freiné cet effort dans passé » affirmait alors Robert Gates, le secrétaire américain à la Défense.

Seulement, pour Paul Meyer, le vice-président de Northrop Grumman et Louis Gallois, le président exécutif d’EADS, Boeing serait avantagé dans cette nouvelle compétition. En effet, les deux dirigeants ont accusé les autorités américaines de lui avoir communiqué des informations relatives au prix du KC-45.

Mais ce troisième appel d’offres a été également remis en cause par Richard Shelby, le sénateur républicain de l’Alabama. « En dépit d’assurances du département de la Défense et de l’US Air Force que cette concurrence serait égalitaire, elle favorise clairement un compétiteur » a estimé le parlementaire dans une lettre envoyée à Robert Gates, le 27 octobre dernier.

« L’appel d’offres porte une attention trop grande au fait que le prix le plus bas doit gagner, sans considération pour les capacités offertes » a-t-il poursuivi dans le même courrier. »Nous ne pouvons pas faire voler nos militaires dans des avions de papier simplement parce que c’est moins cher » a-t-il ajouté. Mais dans cette affaire, l’on pourrait accuser le sénateur Shelby de partialité, étant donné qu’il est originaire d’un Etat où Northrop Grumman et EADS ont l’intention d’investir 600 millions de dollars et créer 1.300 emplois dans le cas où ce serait le KC-45 qui sortirait vainqueur de la compétition.

Aussi, les réserves exprimées par un autre sénateur, le républicain John McCain, candidat malheureux face à Barack Obama lors de la dernière élection présidentielle, sont sans nul doute plus gênantes pour le Pentagone. D’autant plus que l’élu de l’Arizona avait contribué à mettre au jour l’affaire de conflit d’intérêt qui avait conduit à l’annulation du premier appel d’offres attribué à Boeing.

Ainsi, la semaine passée, John McCain a posé des questions relatives à l’évaluation des appareils concurrents et au cahier des charges dans une lettre adressée, là encore, à Robert Gates. Le sénateur se demande notamment si les nouvelles spécifications ne visent pas à favoriser Boeing et surtout comment le secrétaire à la Défense compte garantir un contrôle « indépendant et solide » du processus de sélection.

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