Obama souligne l’importance de l’alliance militaire entre les Etats-Unis et le Japon

Héritage de la Seconde Guerre Mondiale et de la défaite nippone, il y a, actuellement, près de 47.000 militaires américains affectés au Japon, principalement sur l’île d’Okinawa, restituée par les Etats-Unis aux autorités japonaises en 1972.

Que l’armée américaine se soit massivement déployée à Okinawa a une explication logique : la situation de l’île est stratégique, compte tenu de sa proximité avec Taïwan, la Chine et la péninsule coréenne. D’ailleurs, les bombardiers américains en décollaient pour effectuer leurs missions au-dessus du Vietnam dans les années 1960.

Seulement, cette présence militaire n’est pas du goût des habitants de l’île. Il y a plusieurs raisons à cela : les nuisances sonores provoquées par les mouvements aériens ainsi que l’insécurité que cette activité générerait, avec le risque d’accident – un hélicoptère s’était écrasé sur le campus d’une université en 2004 – ou encore les débordements de quelques militaires, comme l’illustre l’affaire du viol d’une jeune japonaise, en 1995.

En 2006, Washington et Tokyo sont arrivés à un accord selon lequel il était prévu une redéploiement d’une partie du contingent américain vers Guam et le transfert de la base de Futenma, située à Okinawa, vers une partie isolée de l’île. Cet aspect du projet, confirmé en février 2009 par Hillary Clinton, qui est à la tête de la diplomatie américaine et Taro Aso, l’ancien Premier ministre nippon, est fermement contesté par les habitants d’Okinawa. Près de 20.000 d’entre eux ont manifesté, le 8 novembre, pour faire entendre leur voix avant le déplacement de Barack Obama à Tokyo.

Mais, cet été, le Japon a connu sa première réélle alternative politique depuis 54 ans, avec la victoire du Parti démocrate, de tendance de centre-gauche, aux élections législatives. Et ce mouvement politique n’a jamais faut mystère de ses intentions d’exiger une relation d’égal à d’égal avec les Etats-Unis, notamment sur le plan militaire, afin de s’adapter « aux exigences de l’époque actuelle », pour reprendre les termes employés le mois dernier par le nouveau ministre de la Défense, Toshima Kitazawa.

Le gouvernement japonais a proposé des alternatives pour règler le problème posé par la base de Funtenma, au risque de laisser entrevoir une grande confusion sur ce dossier. Le Premier ministre, Yukio Hatoyama, a ainsi proposé que les militaires américains qui y sont affectés soient redéployés ailleurs dans l’archipel nippon, voire dans un autre pays. Le ministre des Affaires étrangères, Katsuya Okada, a émis l’idée de faire fusionner, en quelque sorte, les bases de Kadena (également située à Okinawa) et celle de Funtenma.

Quoi qu’il en soit, ce sujet sera sans doute abordé lors de la première visite officielle au Japon de Barack Obama. En guise de préambule, le président américain a abordé les relations entre Washington et Tokyo lors d’un entretien diffusé le 10 novembre par la chaîne de télévision japonaise NHK.

« Je pense qu’il est tout à fait normal pour le nouveau gouvernement de vouloir réexaminer la façon de progresser dans un nouvel environnement » a déclaré l’actuel locataire de la Maison blanche. « Je pense qu’une fois ce réexamen terminé, les autorités japonaises parviendront à la conclusion que notre alliance, les décisions sur les bases que nous avons négociées, que tout ceci sert l’intérêt du Japon et se poursuivra » a-t-il poursuivi.

Pour convaincre ses interlocuteurs nippons, Barack Obama pourrait se servir des tensions qui ont agité cette région du globe à l’occasion des récents essais nucléaires et balistiques nord-coréens. En juin dernier, l’US Air Force avait déployé une douzaine d’avions de combat F22 Raptor sur la base de Kadena afin de prévenir toute menace venant de Pyongyang. Quelques semaines plus tôt, l’US Navy avait été mise à contribution pour mobiliser des bâtiments dotés du système AEGIS pour éventuellement intercepter une fusée nord-coréenne qui devait mettre un satellite en orbite.