Le Pakistan demande la fermeture de la frontière afghane

Au cinquième jour de l’opération Rah-e-Nijat (« chemin de délivrance »), qui vise à prendre le contrôle de la région tribale autonome du Sud-Waziristan aux taliban, plusieurs bastions islamistes ont été attaqués par des hélicoptères de combat, notamment à Makeen et Ladha.

Si les insurgés n’ont opposé qu’une résistance relativement faible au début de l’offensive, il semblerait toutefois que les accrochages deviennent plus violents à l’approche des zones montagneuses, plus propices à la guérilla.

Mais les combats les plus importants concernent la ville stratégique de Kotkai puisqu’elle contrôle l’accès au bastion taleb de Sararogha. Si l’armée pakistanaise a assuré, le 19 octobre, avoir pris le contrôle de cette localité, il n’en reste pas moins que des combats continuent de s’y dérouler dans les environs. Ainsi, le même jour, une embuscade tendue par les islamistes a fait 7 tués parmi les militaires (les taliban ont revendiqué 36 victimes).

Cela étant, l’armée pakistanaise a indiqué avoir détruit, toujours à Kotkai, les maisons d’Hakimullah Mehsud, le chef du Tehreek-e-Taliban (TTP), ainsi que celle de Qari Hussain Mehsud, un important dirigeant du mouvement taleb, soupçonné de planifier les attentats kamikazes au Pakistan, qui est devenu, « une zone de guerre », selon les termes qu’il a employés pour revendiquer l’attentat commis hier à l’université d’Islamabad.

Par ailleurs, l’état-major pakistanais a demandé à la Force internationale d’assistance à la sécurité de contrôler la frontière qui sépare l’Afghanistan et le Sud-Waziristan, « afin d’empêcher les mouvements transfrontaliers et de stopper la circulation d’armes ». Par voie de communiqué, le président de la commission conjointe des chefs d’état-major, le général Tariq Majid a même insisté sur la nécessaire « synchronisation des efforts menés de part et d’autre et d’un partage en temps réel des renseignements relatifs aux opérations en cours. »

Seulement, pour l’ISAF, l’adversaire reste toujours le mouvement taleb afghan. Ce dernier a bel et bien trouvé refuge au Pakistan, plus précisément au Nord Waziristan, région qui n’est pas concernée par l’opération en cours. C’est dans cette zone que l’on trouve la plupart des réseaux afghans, dont celui du clan des Haqqani, particulièrement actif dans l’est de l’Afghanistan.

« Les amis de mes amis sont mes amis et les ennemis de mes amis sont mes ennemis » dit la maxime qui, si elle est d’une logique somme tout désarmante, ne s’applique pas au Pakistan. En effet, si les taliban afghans sont les alliés objectifs de leurs homologues pakistanais, Islamabad rechigne à les combattre étant donné qu’ils ont été ses alliés et que, par le passé, tout a été mis en oeuvre pour qu’ils prennent le pouvoir à Kaboul dans les années 1990. Les choses pourraient éventuellement changer si, d’aventure, ses « amis » d’hier entrent à leur tour dans le conflit qui oppose le pouvoir pakistanais au TTP afin de venir en aide à ce dernier.

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