Un officier de gendarmerie risque la radiation
16 octobre 2009 – 18:35Pour avoir exprimé publiquement ses critiques sur le rapprochement entre la gendarmerie et la police, le chef d’escadron Jean-Hugues Matelly, 44 ans, risque d’être radié des cadres pour avoir « commis un manquement grave à l’obligation de réserve », imposée par le Statut général des militaires qui s’impose aux gendarmes.
C’est l’instance disciplinaire de la Gendarmerie, le conseil d’enquête, composé d’un général de division, de quatre lieutenants-colonels et d’un commandant, qui a rendu cet avis, le 14 octobre dernier, après avoir été saisi de cette affaire par la Direction générale de la gendarmerie nationale (DGGN).
Etant donné que la sanction proposée concerne un officier supérieur, il revient maintenant au président de la République de signer ou non le décret qui signifierait la fin de la carrière du chef d’escadron Matelly au sein de la Gendarmerie.
Egalement chercheur associé au CNRS, l’officier avait publié, sur le site Rue89, en décembre 2008, un article intitulé « La gendarmerie enterrée, à tort, dans l’indifférence générale ». Il s’était en outre exprimé sur les ondes d’Europe1. En juin dernier, la DGGN avait alors confié son cas au conseil d’enquête pour avoir exprimé « une désapprobation claire vis-à-vis de la politique conduite par le gouvernement » et outrepassé « l’exigence de loyalisme et de neutralité liée à son statut militaire ».
Proche de l’association Gendarmes & Citoyens, le chef d’escadron Matelly n’est pas en odeur de sainteté au sein de sa hiérarchie, qui n’apprécie pas du tout sa liberté de ton. Ayant porté l’affaire devant la Cour européenne des droits de l’homme, cette dernière l’a débouté, le 30 septembre, ayant estimé que l’atteinte à sa liberté d’expression avait un « but légitime qui était de défendre l’ordre dans les forces armées ».
Cela étant, le cas du chef d’escadron Matelly pose un problème. Maintenant que le rapprochement entre les policiers et les gendarmes est entré dans les faits, il se trouve les premiers ont le droit de s’exprimer et de syndiquer, ce qui est refusé aux seconds en raison de leur statut militaire.
Tags: expression, Gendarmerie nationale, Matelly, militaire, sanction, SGM, statut




6 commentaires à “Un officier de gendarmerie risque la radiation”
Si effectivement le dernier paragraphe du sujet pose la question de deux poids, deux mesures, il n’en reste pas moins que dans l’état actuel des choses et même si les deux corporations font le même métier, les gendarmes sont encore sous statut militaire et doivent s’y conformer. Qui plus est lorsqu’on est officier supérieur on doit montrer l’exemple en toutes circonstances. Le règlement de discipline générale est le garant pour le Chef de l’Etat d’avoir à sa botte les Armées avec le petit doigt sur la couture du pantalon. L’inverse cela s’appelle de la rébellion et c’est punissable. Cela dit, il est impensable que le fait d’avoir voulu regrouper deux identités totalement différentes dans l’appréhension des missions de part les qualifications, les traditions, les comportements que la situation ne peut être qu’explosive. Je ne suis pas devin, mais dans un autre sujet, j’avais amorcé ce raisonnement. Les gendarmes ne pourront pas éternellement fermer leur gueule face aux policiers car les rancoeurs mal digérées peuvent faire des étincelles. Il est urgent d’adapter l’un ou l’autre statut ou en refaire un autre commun aux deux corporations si on veut éviter la zizanie. Si demain les policiers se mettent en grève, ce sont les gendarmes qui vont se taper tout le boulot pendant que les autres iront lever le poing place de la Nation, c’est vraiment du grand n’importe quoi, et encore une fois ce sont les militaires qui vont trinquer parce qu’ils sont corvéables à merci. Au fait dans les prisons on y attrape la gale, comme à l’Elysée ?
Par Albuhéra on oct 16, 2009
Nous vivons dans un drôle de monde.
Nos dirigeants auraient-ils perdu la tête ?
En ce moment même dans tous les médias, presse écrite, journaux télévisés, radios, etc….
Nous lisons et nous sommes abreuvés de nouvelles, tantôt scandaleuses, tantôt dramatiques…
Côté dramatique, malheureusement en 48 heures nous apprenons qu’un de nos camarades est tué sur la route et qu’un autre est gravement blessé…
Pour nous faire tenter d’oublier la crise économique on nous parle de la grippe H1N1 de manière exagérée et inquiétante, pendant ce temps le petit peuple ne réfléchit pas à la manière dont il est détourné des choses importantes de la vie de la cité…
Au vu de l’actualité et des évènements du moment, il me semble que le chef d’escadron Jean-Hugues Matelly, (Commandant de Gendarmerie), soit un peu « »oublié »" par certains médias.
Je constate à l’heure actuelle que la maladie de la Gâle, déclarée au palais de l’Elysée, intéresse davantage nos amis journalistes que la défense d’une liberté fondamentale intéressant l’ensemble de notre population.
Je veux parler de la LIBERTE D’EXPRESSION !!!
En effet !!! Quand un Officier Supérieur, du grade de Lieutenant Colonel, peut exprimer ses idées (toutes personnelles) sur l’état d’esprit général des Gendarmes, sur les causes (non professionnelles (sic)) des suicides au sein de la Gendarmerie… (journal Ouest-France édition d’Angers)
Quand certains politiques peuvent écrire et s’exprimer sur leur vie privée et leurs ébats sexuels en Thailande, porter publiquement leur soutien à des personnes mises en cause dans des affaires de moeurs outre atlantique, sans que cela ne soit sanctionné ni par la justice ni par nos gouvernants, ni même controversé par la morale, qui est pourtant à l’origine de notre Code Pénal…
Alors je me dis que nous vivons dans un drôle de monde…
Dans le même temps, Le Commandant Jean-Hugues Matelly, chercheur au CNRS, écrivain, se retrouve face à un conseil d’enquête pour « »avoir failli à son devoir de réserve »" en s’étant exprimé face à une radio ( Europe n°1 ).
Cet homme, intègre et courageux, risque donc de perdre son honneur, son rang d’Officier de Gendarmerie et être mis au ban de la société, pour avoir usé de son droit de Libre Expression auquel on oppose un « »devoir de réserve »" non juridiquement défini…
Si le Commandant MATELLY venait à subir une sanction, nous pourrions alors légitiment conclure que « »dans ce drôle de monde où nous vivons il en coute moins cher d’ouvrir sa braguette que d’ouvrir sa gueule »"…
Est-il nécessaire de rappeler que d’autres militaires ont commis des fautes bien plus graves relevant du Code Pénal ? Mettant en cause l’honneur du corps auquel ils appartiennent et ne se sont vu infliger que des peines légères de principes ?
par exemple : – un Capitaine : 30 jours pour actes et propos racistes…
- un Colonel : zéro jour pour une sombre affaire de paillottes en Corse…
Il est temps que chaque Gendarme actif, chaque Citoyen « »responsable »", cesse de se laisser « »amuser »" et détourner d’une de nos libertés fondamentales : la Liberté d’Expression.
Et ne laisse pas clouer au pilori un homme de vérité et de courage tel que le Commandant Jean-Hugues MATELLY.
Par Ronald Guillaumont on oct 17, 2009
@Ronald Guillaumont : Sur le fond vous avez entièrement raison et je me range à vos côtés. Là ou le bât blesse, c’est que le statut des militaires ne leur permet pas de l’ouvrir n’importe quand, n’importe comment et n’importe où. Et lorsque ils signent en bas à droite, ils savent dès le départ à quoi ils s’engagent.
Ils ne peuvent pas déroger à cela, c’est la règle à suivre.
Ce qui est grave, à mon sens, c’est après l’activité, quand on est chez soi, à la retraite et que de moins en moins on puisse dire ouvertement ce que nous pensons, sans être soit censuré par le responsable du blog, soit éventuellement être inquiété par quelqu’un ou une association quelconque. A part l’atteinte à la dignité humaine, tenir des propos racistes ouvertement, tout le monde sait que cela ne se fait pas. Mais il est de plus en plus difficile d’apporter un sens critique à des actions gouvernementales, et plus générales politiques, sans prendre de risque. Il faut faire très attention aux mots choisis. Au début du 20ème siècle il y avait dans les hémicycles des passes d’armes incroyablement véhémentes. Chez les journalistes de l’époque l’emploi d’un verbiage très colorés sur telle ou telle autorité ne posait aucune ambiguïté et pourtant les moeurs de l’époque étaient soit disant beaucoup moins débridés qu’aujourd’hui. Le cas de cet Officier supérieur, et sans nul doute punissable de part les statuts en vigueurs, mais delà à le révoquer, ce sont des actions extrémistes très condamnables dans un pays des droits de l’homme. Il faut unanimement soutenir cet officier afin que sa punition ne dépasse pas le cadre des arrêts de rigueur,… s’ils existent toujours ?
Par Albuhéra on oct 17, 2009
la problématique aujourd’hui c’est la fonctionnarisation au sens des 35 heures de l’autorité dans cette sacro sainte république des gueux et des simplets. Unifier la police et la gendarmerie cela a du sens à condition que le modèle choisi soit la gendarmerie et non pas la police car tout le monde sait que nos commissaires sont des bureaucrates et que ceux ci agissent le petit doigt sur la couture dans l’ombre du préfet, qui lui même agit sous la pression de l’élu de la circonscription.
les règles d’engagement de la sécurité publique en la matière sont une vaste rigolade dans les zones de non droit ou dans nos dom-tom.
Ce que révèle ce coup de gueule de ce chef d’escadron légitime à juste & à plus d’un titre, c’est que les autorités de tutelle ne supportent pas d’avouer qu’il y a une disparité fonctionnelle entre les deux corps autant sur les plans de la disponibilité que de l’éfficacité. Ne parlons pas de la présence sur le terrain. En outre il est plus facile pour un magistrat de manipuler un commissaire qu’un colonel … que cela plaise ou non aux directeurs de cabinet du ministère de l’intérieur et de ceux de la défense.
Je rappelerai en mémoire pour exemple sur ce chapitre, l’affaire du Général 4* H.Poncet de la DRM avec MAM et la manière dont nos soldats ont été traités en côte d’ivoire; affligeant, consternant au nom du politiquement correct… l’affaire ne serait toujours pas jugée, au cas ou le général outrepasserait son droit de réserve devant les médias!
J’espère que notre monarque républicain Nicolas pour une fois fera preuve de plus d’audace et de plus de pragmatisme face à ce lynchage médiatique de celui qui ose parler vrai , parler franc.
Par FONTARABIE on oct 17, 2009
Après réflexion ces jours ci avec des partenaires dans le journalisme et la presse, nous lançons une pétition en ligne en faveur du Commandant de gendarmerie, docteur en sociologie, chercheur, Jean-Hugues Matelly, menacé de radiation pour avoir publié ses recherches sur un projet de loi de sécurité intérieure.
* S’informer sur l’affaire Matelly, comprendre pourquoi nous sommes directement concernés
http://osezdevenir.wordpress.com/2009/10/30/petition-de-soutien-a-jean-hugues-matelly/
ou url direct à la pétition http://petitioncontreradiationcdtchercheurmatelly.wordpress.com/
Pétition sans polémique, ni idéologie, ni politique, simplement motivée par un attachement au respect de l’intégrité de l’être humain, des principes de la République et de la démocratie, de l’exercice d’une citoyenneté éclairée, responsable et digne.
Par Isabelle Voidey on oct 30, 2009
UN ESPACE D’EXPRESSION LIBRE
INVITATION à participer au forum “Citoyen durable”
http://citoyen-durable.forumactif.com
Création d’un forum d’expression citoyenne ouvert à tout public
Espace gendarmes, police nationale, police municipale, sapeurs-pompiers, et citoyens
Espace personnels féminins pour ces secteurs, espace femmes citoyennes
Espace pour leurs familles
Espace victimes
Echanges autour de thèmes en relation avec la vie citoyenne, la vie de la “Cité”
Entraide
Forum humour
Relai de la pétition Matelly, et “pétition furtive” pour ceux qui n’osent ou ne peuvent signer
Forum non polémique, modéré. Esprit d’ENTRAIDE et de RESPECT.Expression de la citoyenneté moderne, libre et responsable. Forum libre et indépendant, il n’est rattaché à aucun groupe politique ni syndical, non partisan.
C’est un forum To B Com association.
Par Isabelle Voidey on nov 8, 2009